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La famille de Marie, Vierge et Mère (I)

On parle beaucoup de la Sainte Vierge dans l’Eglise, beaucoup plus que dans les Evangiles et le Nouveau Testament. La liturgie lui consacre de nombreuses fêtes, et deux mois dans l’année : le Mois de Marie (mai), le Mois du Rosaire (octobre). Et tous les Papes recommandent la récitation personnelle du chapelet tous les jours, personnellement ou en famille, comme étant une prière puissante.


Réciter le chapelet, seul, est une source de grâces et de bénédictions, de sanctification et de réparation des dégâts causés par le péché. Le réciter en famille, notamment le dimanche, Jour du Seigneur, fait gagner l’Indulgence Plénière, c’est-à-dire l’Indulgence accordée par exemple lors des Jubilés tous les 25 ans, ou en certaines occasions, comme les Bénédictions « urbi et Orbi » à Noël et à Pâques.


De plus le chapelet est divisé en quatre formes de mystères : joyeux, douloureux et glorieux, et les mystères de la lumière ajoutés par le Pape Jean-Paul II, que l’on peut alterner selon les jours de la semaine… ou même réciter en entier en un seul jour. On peut aussi réciter le chapelet en le répartissant dizaine par dizaine, tout au long de la journée. Ce qui fait que, en quatre jours, on peut passer en revue toute la vie de Jésus, tous les Evangiles.


Pourquoi cette grande dévotion que les Protestants nous reprochent et n’acceptent pas ?


Il est vrai que le Nouveau testament parle peu de la Sainte Vierge. Mais ce qu’il en dit est tellement riche que l’on peut en déduire beaucoup de choses, sur Marie d’abord, sur son rôle dans la l’Incarnation et dans la Rédemption, et dans son rôle de Mère des hommes. Et que personne n’ait de scrupules : prier Marie, ce n’est pas oublier Dieu : le Chapelet commence par le Notre Père et finit par l’acclamation trinitaire « gloire au Père…. ». Le « Je vous salue » nous rappelle l’Incarnation, la Visitation, donc des paroles de l’Ange et des paroles inspirées par le Saint-Esprit, et il nous parle de Jésus. Marie conduit à Jésus de la manière la plus certaine. Quelqu’un a dit, je ne me souviens plus qui : « on peut se sauver sans prier Marie et sans dire le chapelet ; mais ceux qui prient Marie et récitent le chapelet se sauvent sans qu’on puisse en douter ».


La famille de Marie

 

On connaît peu sur la famille de Marie, c’est vrai, mais suffisamment pour nous permettre de comprendre un certain nombre de choses. Ces données nous sont fournies par la tradition qui s’est transmise au cours des premières générations puis des premiers siècles.

 

Le Père de Marie s’appelait Joachim, et sa Mère Anne, cousins éloignés, comme nous allons le voir, de la famille de David. Marie, contrairement à ce que l’on peut penser avait une sœur aînée : « Au pied de la Croix se tenaient sa Mère, la soeur de sa Mère Marie femme de Cléophas, et Marie de Magdala » (nous dit Saint Jean)

 

Cette Marie, d’après ce que l’on peut déduire d’une étude généalogique dont je vous épargne les détails, avait au moins quinze ans de plus que la Sainte Vierge. Elle avait été mariée une première fois avec Alphée, un Lévite, ( un prêtre juif, descendant de la tribu de Lévi, un des douze fils de Jacob, dont un descendant, Aaron était l’ancêtre des Grands-prêtres qui pouvaient entrer dans le Temple de Jérusalem, là où se trouvait l’Arche d’Alliance, comme Zacharie, par exemple le père de Jean Baptiste).

 

De son mariage avec Alphée, Marie avait eu deux enfants, Jacques et José (ou Joset), donc cousins du Christ. Alphée étant mort relativement jeune, Marie s’était remariée avec un certain Cléophas, frère de Saint Joseph, dont elle avait eu deux autres enfants, Simon et Jude.

           

Ce Cléophas est certainement un des deux disciples d’Emmaüs, qui reconnaissent Jésus à la fraction du pain, le soir de Pâques, après que Jésus, qu’ils n’avaient pas reconnu, leur a expliqué tout ce qui parlait de Lui dans les Ecritures.

           

Jacques (dit le Mineur, pour le distinguer de Jacques le Majeur, frère aîné de Jean l’évangéliste) et José, Simon et Jude sont donc les cousins de Jésus ; ces deux derniers toutefois d’une manière spéciale, aux yeux de la loi, puisque Jésus n’est pas engendré par Joseph. Mais ils sont ses cousins par légitime mariage de Joseph avec la Vierge Marie qui a pris Jésus comme son fils, ce qu’il était aux yeux des gens.

 

En parlant d’eux, la Bible dit « ses frères ». Ce qui surprend souvent et donne des arguments spécieux notamment aux Témoins de Jéhovah. Il faut savoir que, en hébreu, il n’y a qu’une parole pour indiquer oncle, neveu, cousin et frère : « ah » (prononcé à l’allemande ach). Jésus n’a donc point de frères et de sœurs, mais des cousins et des cousines. On a la même chose en italien actuellement : pour dire neveu ou petit-fils, il n’y a qu’un seul mot « nipote » (que l’on traduirait plutôt spontanément par « neveu », ou encore « figli » pour indiquer les enfants (garçons et filles), ou les garçons.

 

Après la naissance de la première Marie, Anne et Joachim n’ont pu avoir d’autres enfants, Anne étant frappée de stérilité. Jusqu’au jour où elle conçut en son sein celle qui allait s’appeler elle aussi Marie et qui deviendra la Sainte Vierge.

           

La tradition raconte que, pour remercier le Seigneur de sa grossesse, Anne avait consacré son enfant à venir, garçon ou fille, au Seigneur. Et la petite Marie fut élevée en ce sens. A l’âge de trois ou quatre ans, elle fut conduite au Temple pour être élevée et se former à une vie religieuse : elle embrassa ses parents, puis monta les escaliers du Temple en haut desquels se trouvaient le Grand-Prêtre qui l’attendait, sans se retourner pour saluer de nouveau ses parents. Elle y recevra toute sa formation religieuse, y apprendra à lire et à écrire et à connaître la Bible par cœur. Elle y fera aussi vœu de chasteté perpétuelle en se consacrant corps et âme à Dieu.

           

Avant l’âge de 12 ans, avant qu’elle n’ait eu ce qu’ont à cet âge les jeunes filles, elle dut quitter le Temple et rentrer chez ses parents. La coutume était de marier les filles vers l’âge de 15 ans ; et, comme Marie était fille héritière, n’ayant pas eu de frère, la loi voulait que, pour que l’héritage de ses parents ne passât point dans une autre tribu, elle épousât un de ses plus proches parents. Le choix tomba sur Joseph, un de ses cousins issus de germain, trois générations d’un côté, deux générations de l’autre pour arriver à un ancêtre commun. Et ainsi Joseph n’est pas le vieillard que l’on imagine. Il était plus âgé que Marie d’une demi-génération. Ce qui fait que Marie, étant née, selon les calculs les plus stricts vers l’an 20-21 avant l’ère chrétienne, et ayant alors 15 ans environ, Joseph n’avait pas plus de 30 ans, de 28 à 30 ans. De la sorte, la loi était respectée, et l’héritage restait dans la maison de David, dans le clan de la Maison de David auquel appartenaient Marie et Joseph.

           

Mais Joseph accepta Marie comme fiancée, en sachant très bien qu’elle s’était consacrée à Dieu, et qu’il devait respecter sa virginité. D’où sa surprise quand il découvrit que Marie était enceinte… Nous verrons cela plus tard car c’est très important. Mais il faut comprendre Joseph…

 

(à suivre)

 

Mgr Jacques MASSON

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