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« Monseigneur Lefebvre ? On le poussera au schisme ! » (6)

LE « TOURNANT » DE 1972 

 

En effet, dans le courant du mois d’octobre 1972, je reçois une lettre de Mgr François Fretellière, Evêque Auxiliaire de Bordeaux, et Président de la Commission pour les Vocations de la Conférence Episcopale. Il m’écrivait ceci (retranscrit d’après l’original, archives personnelles) :

Lettre de Mgr Fretellière à Monsieur l’Abbé Masson

Mgr François FRETELLIERE Bordeaux le 30 septembre 1972

Evêque Auxiliaire de Bordeaux

24, Boulevard Pierre I er

33 BORDEAUX

CODE POSTAL 33000

 

Monsieur l’Abbé MASSON

Supérieur du Séminaire ECONE

1908  RIDDES ( Suisse)

 

Mon Père,

 

Vous savez sans doute que nous devons à Lourdes discuter des problèmes des Séminaires. Je m’attends à ce qu’on me demande une information sur le Séminaire d’Ecône : ses effectifs, ses orientations.


Je ne voudrais pas être indiscret, mais dans le mesure où vous seriez susceptible de me donner quelques indications, je vous en serais reconnaissant.


Voyez dans cette lettre simplement le désir d’avoir une information de première main. J’aime mieux aller directement aux sources, et vous dire loyalement le but de ma demande.


Veuillez agréer, mon Père, l’expression de mon respect.

 

Mgr. F. FRETELLIERE


Je montre aussitôt la lettre à Mgr Lefebvre qui l’accueille avec joie et grande espérance, et me demande de préparer une réponse en donnant les informations demandées, et d’informer Mgr Fretellière qu’il se rendra en personne à Lourdes, en tant que membre « consultatif » (comme ancien Archevêque-Evêque de Tulle) pour répondre personnellement aux questions que pourraient lui poser ses Confrères, et leur donner toutes les précisions désirées. Je fis lire ma réponse à Mgr Lefebvre qui me donna son accord.


Voici ma réponse à Son Excellence Mgr Fretellière (retranscrit d’après copie papier carbone, archives personnelles)

 


Réponse de Monsieur l’Abbé Masson à Monseigneur Fretellière

Séminaire International Saint Pier X 7 octobre 1972

1908 Ecône-Riddes

Valais-Suisse

  Monsieur l’Abbé Jacques Masson

Directeur du Séminaire

Monseigneur F. Fretellière

Bordeaux

 

Monseigneur,

 

Je réponds sans tarder à votre lettre du 30 septembre dernier. Je comprends très bien le sens de votre démarche, qui est le désir d’avoir une information de première main sur notre Séminaire. Il est vrai que l’on colporte facilement un certain nombre d’informations qui peuvent être soit inexactes, ou manquer de précision. Je vous dirai tout simplement, pour commencer, que je suis simplement Directeur du Séminaire Saint Pie X, dont le Supérieur est Monseigneur Lefebvre. Néanmoins, je vous donnerai quelques renseignements succincts, laissant toutefois le soin à Monseigneur Lefebvre lui-même de vous donner un complément d’information. Son intention est d’être présent à la Conférence Episcopale à Lourdes ; vous pourrez alors lui demander tous les renseignements que vous jugerez utiles.


Pour bien situer notre Œuvre , je vous donne un bref aperçu de ses origines. En 1969, Monseigneur Lefebvre, encouragé par l’Evêque de Fribourg, et sollicité par un groupe de neuf séminaristes, créa un foyer d’étudiants pour l’Université de Fribourg. Au cours de cette année, se précisa chez Monseigneur et les étudiants, l’idée d’une Fraternité à l’image des Missions Etrangère ; et, en même temps apparut la nécessité d’une Année de Formation Spirituelle comme préparation à l’entrée dans cette Fraternité.


En 1970 sont donc fondées, et la Fraternité érigée canoniquement, et l’Année de Spiritualité fixée dans le Diocèse de Sion, avec les encouragements de Monseigneur Adam. En 1971, devant le nombre des demandes d’entrée dans la Fraternité, la maison de formation spirituelle dans le Valais, devient le Séminaire International Saint Pie X, sur les conseils aussi de Son Eminence le Cardinal Journet, et l’autorisation de Monseigneur Adam. A Fribourg, demeureront ceux qui poursuivent les licences. La Fraternité Sacerdotale Saint Pie X étant internationale, le Séminaire Saint Pie X l’est aussi. Les Congrégations Romaines ont été tenues au courant de la fondation de la Fraternité ; et le Cardinal Wright, Préfet pour la Congrégation du Clergé nous a fortement encouragés et approuvés. Monseigneur Lefebvre a prévenu personnellement Mgr Garronne de la fondation du Séminaire de la Fraternité. Et Monseigneur Adam, Président de la Conférence Episcopale Suisse, Délégué au Synode a tenu à voir personnellement le Cardinal Garronne, pour lui dire ce qu’il pensait du Séminaire. Le Cardinal l’a chargé des veiller sur la marche et le développement de la Maison. Monseigneur Adam a fait régulièrement les visites canoniques, et envoyé les rapports nécessaires à la Congrégation des Séminaires.


Les effectifs : Il y a 30 anciens, dont 4 prêtres, et 26 séminaristes ; 6 se trouvent à Fribourg, 24 à Ecône ; 33 nouveaux pour cette année. Les proportions se répartissent de la sorte : 75% de Français, 25% de non-Français.


Orientations : Les orientations du Séminaire sont celles de l’Eglise et de la « Ratio Fundamentalis ». Le Séminaire est précédé d’une année de formation spirituelle permettant de former à la spiritualité, l’Ecriture Sainte et la Liturgie ; temps également de réflexion et d’approfondissement de la vocation ; temps enfin de probation avant l’entrée dans la Fraternité. Pendant les cinq années d’études, et suivant les demandes de Rome, nous nous efforçons de donner une solide formation doctrinale thomiste. Formation à la piété surtout, par le Saint Sacrifice de la Messe et la Liturgie, par le chant grégorien. Formation pastorale également par un grand zèle missionnaire pour le salut des âmes (les membres de la Fraternité n’étant pas attachés à un ministère particulier, pourront être appelés à des ministères divers), par l’esprit de prière, par l’esprit de Foi, par l’amour de la Sainte Eglise et du Saint-Père ; par les Exercices Spirituels ; par des « exercices pratiques » au cours des vacances, et dans la paroisse de Riddes, et dans des paroisses en France ou à l’étranger pour les non-Français, des camps, des colonies de vacances, etc.


Voilà, très brièvement, Monseigneur, quelques renseignements, brefs, mais qui pourront vous donner une idée au moins de l’historique de la fondation, des effectifs, et en général des orientations de notre Séminaire. Monseigneur Lefebvre pourra compléter sur tous les points que vous pourrez éventuellement lui demander de compléter , à Lourdes.


Dans l’espoir d’avoir répondu, même brièvement, à ce que vous attendiez de moi, je vous prie de croire, Monseigneur, en mes sentiments les plus respectueux et en mes prières à vos intentions.


Abbé Jacques Masson, directeur


La réaction de l’Episcopat français ne tarda pas, par une lettre du Cardinal François Marty, Archevêque de Paris, et Président de la Conférence Episcopale adressée à Monseigneur Lefebvre. Monseigneur Lefebvre m’a montré immédiatement cette lettre « injuste et ignoble », me dit-il, car le Cardinal déclarait à Monseigneur Lefebvre que « sa visite était inopportune et impossible » !


Cardinal F. Marty

« Inopportune et impossible ». Le premier terme, « inopportune », manifestait, pour Monseigneur Lefebvre, l’attitude résolument hostile des Evêques de France, leur refus de nouer tout dialogue avec lui, le rejet total de son œuvre considérée a priori comme une « condamnation de leur orientation pastorale », et en tout premier le rejet de sa propre personne.


Ce dernier point ne l’étonnait pas du tout, car cette attitude n’était pas nouvelle. Monseigneur Lefebvre me rappela alors ce qu’il m’avait déjà raconté, l’opposition de l’Assemblée des Cardinaux et Archevêques de France, à son nomination à un Archevêché, à son départ de l’Archevêché de Dakar. Et il me montra la copie d’une lettre, que lui avait donnée une personnalité amie, de haut rang, dont je tairai le nom par discrétion : cette lettre, adressée au Gouvernement Français, émanait de l’Assemblée des Cardinaux et Archevêques qui demandait au Gouvernement de tout faire auprès du Vatican pour empêcher que Monseigneur Lefebvre soit nommé Archevêque en France : car il était un personnage dangereux, non seulement par ses positions intégristes, mais surtout par ses positions politiques d’extrême-droite et colonialiste. Je n’ai pas de copie de cette lettre, mais je l’ai lue ! Il fut nommé à l’Evêché de Tulle.

 

Le deuxième terme, « impossible » était un prétexte : Monseigneur Lefebvre n’étant pas Evêque résidentiel, ne pouvait certes pas participer activement aux débats. Monseigneur Lefebvre me dit : « Ils sont de mauvaise foi, car s’il est vrai que seuls les Evêques résidentiels peuvent participer à l’Assemblée à titre délibératif, il est vrai également que les anciens Evêques et Archevêques, peuvent eux aussi y assister, à titre consultatif, si on leur demande leur avis sur une ou plusieurs questions. Et c’est à ce titre que je voulais aller à Lourdes, pour répondre aux questions éventuelles sur notre Séminaire ».

 

« Mais ils disent que ma présence est inopportune et impossible, alors qu’il y a des « auditeurs » invités, d’autres Confessions chrétiennes non-catholiques, et même des laïcs. Ils montrent ainsi leur mauvaise foi, leur acharnement aveugle, et, tout prêchant l’oecuménisme, et en parlant de l’Unité de l’Eglise, ils refusent de parler avec un Evêque Catholique ! Ils montrent bien ce qu’ils sont, et ils feront tout pour déclarer que nous ne sommes plus Catholiques ».

 

Et Monseigneur Lefebvre de conclure : « L’Assemblée des Cardinaux et Archevêques de France a changé de structure et est devenue la Conférence Episcopale de France. Mais Leur opposition farouche à mon égard n’a pas changé ! Je crois que nous ne pouvons rien attendre d’eux : ils feront tout pour nous détruire ». Et il en fut ainsi.

 

Monseigneur Lefebvre écrivit alors la lettre suivante à tous les Evêques de France, résidentiels et non résidentiels, qui devaient participer à l’Assemblée à Lourdes de la Conférence Episcopale Française :


Lettre de Monseigneur Marcel Lefebvre à tous les Evêques de l’Assemblée de Lourdes

Voici le texte de la transcription de la lettre manuscrite, donc écrite et signée de la main même de Monseigneur Lefebvre, et dont je possède l’original (archives personnelles) ; cette Lettre fut envoyée à tous les Cardinaux, Archevêques et Evêques de France, en photocopie. L’original n’a pas été envoyé, ce pourquoi il est dans mes archives. C’est un texte INEDIT que « Hermas » présente à ses lecteurs au nom de la Vérité dans la Charité.

 

Fraternité Sacerdotale Saint Pie X + Ecône le 16 octobre 1972

50 Route de la Vignettaz

1700 FRIBOURG

Tél. 037 / 24 51 91

 

Cher Monseigneur,

 

Son Excellence Monseigneur L’Auxiliaire de Bordeaux nous a demandé des informations au sujet de notre Œuvre et du Séminaire d’Ecône en Valais, afin de présenter à ce sujet un rapport à la Conférence Episcopale qui doit commencer ses sessions le 23 octobre.


Nous lui avons répondu en lui donnant quelques informations, et en l’avertissant que je serai présent à ces sessions, persuadé que j’étais membre de droit de l’Assemblée avec voix consultative comme ancien Archevêque-Evêque de Tulle, ce qui est désormais mon titre officiel donné par le Saint-Siège.


J’ai prévenu le Secrétariat de la Rue du Bac, et ai écrit à Son Eminence le Cardinal Archevêque de Paris pour lui faire part de mon intention qui était de pouvoir dialoguer et éclaircir des malentendus ou de fausses informations. Cela me semblait plus normal et plus fraternel. Je n’avais aucune arrière pensée.


Or, vous trouverez ci-joint la réponse à ma lettre de Son Eminence : ma présence serait ni opportune ni possible !...


Je n’insiste pas, mais, sachant que des informations tendancieuses et même un rapport calomnieux vous ont été communiqués, pour prévenir tout jugement injuste et non fondé de votre part, je tiens à vous faire savoir que ma Fondation est tout à fait canonique, vous pouvez en juger par la Lettre encourageante du Cardinal Wright, et peut-être aussi par le fait que le Saint-Père m’a envoyé par sa Nonciature de Rome une Lettre de Bénédiction, il y a 8 semaines, à l’occasion de mon 25ème anniversaire d’épiscopat.


Son Excellence Monseigneur l’Evêque de Sion a envoyé une lettre au Saint-Siège, très favorable ; les témoignages pourraient-ils avoir lieu si mon Œuvre n’était pas régulière et canonique ?, si, comme on s’est plu à le dire mensongèrement, mon Séminaire était un séminaire marginal et sauvage. Quelle est la Société qui n’a pas sa Maison de Formation de ses sujets ? Or, la Société que j’ai fondée est à l’image de la Société des Missions Etrangères, mais destinée à tous les ministères sacerdotaux et en tous lieux où nous serons appelés par les Ordinaires des lieux. Le but est pleinement conforme au voeu exprimé par le Concile.


La formation et l’orientation spirituelle et doctrinale est conforme à la « Ratio Fundamentalis » de la S.C. pour l’Education Chrétienne.


Quant à l’adaptation pastorale, il suffit de constater avec quel empressement nos séminaristes sont demandés pour la direction de colonies de vacances, soit en Suisse, soit en France. Les familles manifestent chaleureusement leur confiance et leur satisfaction. Les fidèles ont un grand désir de trouver des hommes de Dieu qui montrent leur foi et la mettent en pratique.


J’ose espérer, cher Monseigneur, que votre appréciation de notre Œuvre de la Fraternité Sacerdotale Internationale Saint Pie X ne se laissera pas influencer par des propos calomnieux, mais sera semblable à celle de notre Evêque Monseigneur Adam et de Son Eminence le Cardinal Wright.


Regrettant de ne pouvoir vous rencontrer à Lourdes, je vous prie de croire à mon respectueux et fraternel dévouement en N.S. et N.D.

 

+ Marcel Lefebvre

Ancien Archevêque-Evêque de Tulle


DOCUMENTS JOINTS EN ANNEXE aux Evêques


+ ÉVÉCHÉ + DE LAUSANNE GENEVE ET + FRIBOURG +

 

DÉCRET D'ÉRECTION DE LA «FRATERNITÉ SACERDOTALE INTERNATIONALE SAINT PIE X»

 

Etant donné les encouragements exprimés par le Concile Vatican II, dans le décret "Optatum totius", concernant les Séminaires internationaux et la répartition du clergé;

 

Etant donné la nécessité urgente de la formation de prêtres zélés et généreux conformément aux directives du décret suscité;

 

Constatant que les statuts de la Fraternité Sacerdotale correspondent bien à ces buts:

 

Nous, François Charrière, Evêque de Lausanne, Genève et Fribourg, le Saint Nom de Dieu invoqué, et toutes prescriptions canoniques observées, décrétons ce qui suit:

 

Nous implorons les Bénédictions divines sur cette Fraternité Sacerdotale afin qu'elle atteigne son but principal qui est la formation de saints Prêtres.

 

Fait à Fribourg, en notre Evêché le 1er novembre 1970 en la fête de la Toussaint.

 

+ François Charrière, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg

 

 

SACRA CONGREGATIO PRO CHIERICIS Romae, die 18 februarii 1971

Prot. N. 133515/1.

 

(in respcnso hic numerus referatur)

 

Exc. Me Domine,

 

Magno cum gaudio litteras tuas recepi, quibus Excelientia Tua notitias et statuta Operæ vulgo dictæ : "Fraternité Sacerdotale" mihi nota fecit.

Ut Excellentia tua exponit, Associatio, cura ejusdem Excellentiæ tuæ ab Episcopo Friburgensi D.no Francisco Charrière adprobata die 1 novembris 1970, iam fines evasit nationis Helveticæ, et plurimi Ordinarii ex diversis orbis partibus, ipsam laudant et adprobant. Hæc omnia et speciatim sapientes normæ, qulbus Opera informatur et regitur, bene sperare faciunt de eadem associatione.

Ex parte igitur huius Sacræ Congregationis, quod attinet, "Fraternitas Sacerdotalis" multum conferre poterit ad finem adipiscendum Consilii, in hoc S. Dicastero constituti, pro Cleri in mundo distributione.

Omni quo par est obsequio me profiteor

 

Excellentiæ Tuæ Rev.mæ

addictissimum in Domino

 

J. Card. Wright Praef.

 

Exc.mo ac Rev.mo Domino

D.no Marcello LEFEBVRE,

Archiepiscopo tit. de Synnada in Phrygia

 

Via Casalmonferrato, n. 33, ROMAE


(La photocopie de ces documents, et de la deuxième Lettre d’approbation et d’encouragement du Cardinal Wright à Mgr Lefebvre se trouvent dans mes archives)

 

 

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V
Schism is dangerous. Try to avoid this type of situations in your society. It will happen how much you tried to avoid it. The only solution for this issue is to find the one who is promoting this and block the person from this.
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S

Cher Monsieur Gabarra,
je vous remercie pour votre reponse et votre franchise. Je crois sincerement que nous devons rechercher le bien de l'Eglise et je suis sur que cela est votre intention. Votre blog est bien la
preuve de cette intention.
J'espère que monseigneur Masson, va continuer ce travail inportant pour la verité et la charité. Je suis entierement d'accord concernant votre analyse au sujet de Mgr lefebvre.
Avec l'assurance de ma prière et de ma sympathie.


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Merci à vous, pour votre bienveillance. Vient nécessairement un moment où il faut se résoudre à "laisser les morts enterrer les morts" et à ne chercher que ce qui
peut permettre le développement d'un cadre plus respirable. Cela n'enlève à personne le bien qu'il  a fait. Aujourd'hui, entre les positions des uns et celles des autres, seule nous paraît
inadmissible, inexcusable, celle qui consiste à se voiler la face et à se résigner de cette situation qui sépare les catholiques.

A partir de là, il faut tout mettre à plat, dans un bilan aussi juste que possible, même si ce que l'on dit ou découvre bouscule un peu. Si des évêques ont menti, on peut et l'on doit le dire. Si
Mgr Lefebvre prétend n'avoir jamais signé le décret sur la liberté religieuse alors que nous savons pertinemment qu'il l'a fait, il faut le dire également, même si l'image de sa "grande lutte"
contre la liberté religieuse en prend un coup.

Cordialement PG



G

Particulièrement intéressant et courageux ce témoignage de première main!

Il corrobore en tous points ce que Mgr Lefebvre et son entourage  a toujours dit, mais il est heureux qu'une personnalité aussi éminente que Mgr Masson les corrobore en les appuyant de sources
inédites.

Bien sûr, dans le fond, rien de nouveau comme le dit l'Archange ci-dessus, mais tant de gens de bonne foi ignore la vérité si habilement dissimulée!

Je remarque cependant que ce témoignage arrive au moment où les discussions vont s'ouvrir entre la FSSPX et Rome. Je ne pense pas que cela soit pure coïncidence.

Un petit regret toutefois, je note que l'accent est partout mis sur la liturgie, mais que le grand combat de Mgr Lefebvre sur la Liberté religieuse est en grande part sinon complètement, laissé de
côté... A moins que j'ai lu trop vite!
Cela est-il un prémisse des futurs colloques?

J'ai hâte de lire comment et pourquoi Mgr Masson s'est finalement désolidarisé de l'oeuvre de Mgr Lefebvre.

Excellent et palpitant feuilleton par ailleurs!


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S


Je remercie la personne qui a repondu à mon commentaire, les choses sont plus claires ainsi, je comprends mieux vos motivations et je pense que vous êtes honnête dans votre demarche. La situation
de la FSSPX ets bien triste et il est inportant de connaitre ces faits.
je vous prie de croire à ma sincére sympathies.
j'apprecie votre sens de l'humour



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Cher Monsieur,

Comme l'a fait observer un autre lecteur, la connaissance précise de ces faits est de nature à éclairer ce qui s'est vraiment passé, non pas pour le seul plaisir de connaître, ni pour pouvoir
alimenter son argumentaire "pro domo" afin de trouver des raisons supplémentaires de se dire : "J'ai raison !", mais pour pouvoir aider à la résolution de tout cela.

Ces événements, où tant de passions ont pesé, doivent être regardés d'abord, primordialement, non comme nos petites affaires, mais comme celle de l'Eglise, qui est blessée. Les passions des uns,
mais aussi celles des autres, ont brouillé cette blessure. Sur quel noeud s'est-elle installée ? Le savoir, le montrer, c'est aider à le dénouer. C'est cela que nous recherchons. Bien de
traditionalistes d'aujourd'hui - je parle de ceux qui le sont en meilleure connaissance de cause que les autres, parce qu'ils ont vécu ces événements - n'auraient pas eu de problème pour adopter
le nouveau rite si son établissement n'avait pas été accompagné des révolutions et des subversions dont il a été l'objet, j'en ai reçu maintes fois la confidence, même de "durs". De même, dans
l'ensemble, pour le Concile lui-même, dans son contenu. Mgr Lefebvre ne mentait pas quand il disait lui-même qu'en réalisant ce qu'il faisait à Ecône il entendait respecter ce que ce dernier
demandait.

Quand on constate cela, on observe aussi que les choses auraient pu être autrement qu'elles ne l'ont été, même si l'intérêt de ce constat est relatif dès lors que depuis lors bien des dégâts
irréversibles ont été accumulés. C'est donc très important de mettre bien en lumière le fait que l'épiscopat lui-même, en quelque manière, a fait obstacle au Concile et à des conditions de sa
réception telles que la crise aurait pu être épargnée à l'Eglise. C'est important, également, de montrer que Mgr Lefebvre, quant à lui, s'est fait piéger et qu'il est allé ensuite délibérément
dans le mur vers lequel il avait été dirigé.

Tout cela appartient à l'histoire. Préciser les causes et les circonstances, définir tout cela de près, c'est éclairer les voies par lesquelles les choses pourraient être dénouées, pour retrouver
dans le catholicisme une base commune, qui était certainement possible il y a quarante ans, mais que les combats d'alors ont fait voler en éclat. Notre souci, le vôtre, celui de nos enfants,
c'est ce qui doit se construire maintenant.

Pierre Gabarra




L

Merci Monseigneur pour ce témoignage et ces documents. C'est important en effet pour comprendre comment les choses ont exactement commencé. Je ne suis pas d'accord avec... saint Michel (si je puis
me permettre !!!). Bien sûr on sait que l'épiscopat français était hostile à Mgr L mais pourquoi ça on ne le sait pas bien ni comment un cran a été passé dans cette hostilité qui a provoqué, avec
le temps, ce qui nous connaissons aujourd'hui. C'est très important de le comprendre parce qu'en mettant la lumière là-dessus on peut aider à résoudre les problèmes d'aujourd'hui. Merci encore.
Priez pour nous.


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