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N'oublions pas le Sud-Soudan et ses chrétiens

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    Les accords de paix ayant mis fin à l'interminable conflit du Sud Soudan (et incidemment permis au gouvernement central de se consacrer pleinement au Darfour !) avaient légitimement suscité de grands espoirs.

L'Eglise, pour être toujours présente au contact des populations tire ici encore la sonnette d'alarme par la voix d'un missionnaire dont l'anonymat est nécessaire (source Fides et Zenit.org).

« Tandis que les yeux de la communauté internationale sont fixés sur le Darfour, on a oublié le Sud Soudan, croyant qu’avec les accords de paix de 2005 c’était désormais le paradis sur terre! On ne se rend pas compte que la paix doit être construite jour après jour », a déclaré à Fides, ce missionnaire du Sud Soudan - qui reste anonyme pour des raisons de sécurité -, au lendemain de la décision des ex-rebelles du Mouvement de libération du peuple soudanais (SPLM) de se retirer du gouvernement d’union nationale, né après les accords de 2005.

Le 11 octobre, les représentants du Sud Soudan ont en effet annoncé avoir retiré leurs ministres du gouvernement pour protester contre les « violations du traité de paix ».

Les représentants du SPLA accusent le gouvernement central d’avoir violé l’accord de 2005 pour ne pas avoir partagé les profits des ventes de pétrole, pour ne pas avoir retiré les troupes du Sud, et pour avoir remilitarisé les zones de frontière entre le Nord et le Sud, qui sont encore l’objet de disputes entre Khartoum et les dirigeants du Sud. « Ce sont justement ces zones, où sont concentrée la plus grande partie des richesses de pétrole soudanais, qui sont le vrai nœud du litige », affirme le missionnaire.

« J’ai été à Turalei, une des zones disputées entre le Sud et le Nord, et j’ai vu une patrouille du SPLA en croiser une autre de l’armée régulière. J’ai remarqué les regards pleins de hargne qu’ils se sont échangés. Il ne s’est rien passé, mais qui peut dire ce qui se passera à l’avenir ? »

« Une autre chose qui m’a frappée », continue le missionnaire : « c’est le fait que les soldats du Sud étaient parfaitement équipés avec de nouvelles armes et de nouveaux uniformes. Cela ne doit pourtant pas étonner car la plus grande partie des entrées de l’administration provisoire du Sud est destinée au renforcement de l’armée, qui seulement en théorie s’est intégrée dans les forces armées régulières, comme prévu par les accords de 2005. En réalité c’est encore une formation autonome ».

« Paradoxalement le réarmement du Sud a été rendu possible par les activités humanitaires accomplies par l’Eglise, par les organisations non gouvernementales et par les Nations Unies. L’administration sudiste n’a pas construit d’écoles et d’hôpitaux pour la population civile, comme par exemple le fait l’Eglise. Bien que 48% des bénéfices de la vente du pétrole doivent être administrés par le Sud, comme fixé par les accords de 2005, le gouvernement du Sud n’a pas investi pour le bien-être de la population, mais pour renforcer l’armée. La communauté internationale se contente de regarder et ne fait rien pour arrêter ce processus qui risque de provoquer une autre tragédie » affirme le missionnaire.

« Il existe en outre des situations comme celle des monts Nuba, une autre des zones disputées, où l’Eglise de fait supplée en tout au manque de l’Etat. En effet, en attendant de décider si les monts Nuba appartiennent au Nord ou au Sud, ni l’administration de Khartoum, ni celle du Sud ne sont présentes. La population est livrée à elle-même. L’Eglise exerce une œuvre de suppléance qui au fond ne relève pas de sa compétence, construisant des écoles et des hôpitaux », conclut le missionnaire.


N'oublions pas les chrétiens du Sud Soudan, ni les missionnaires et les organisations qui manifestent concrètement la préoccupation de l'Eglise pour ses populations martyres. 
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