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Sur le motu proprio : réponse aux commentaires

    Nous remercions nos lecteurs pour l'intérêt qu'ils ont bien voulu porter à l'article relatif au motu proprio. Les réactions exprimées manifestent bien la complexité et les ambiguïtés du sujet.

Il y est beaucoup question du FC. Disons-le tout de suite : notre propos n'était pas d'en faire le procès. C'était un exemple, rien de plus, pour lequel nous avons été clairs : le meilleur y voisine avec le pire. Nous prenons acte, d'ailleurs, de la mise en garde, signalée par un commentaire, du directeur du FC pour mettre un terme à ce dernier.

Ce "pire" est symptomatique d'un désordre objectif. Celui-ci, qu'on l'admette ou non, joue un grand rôle dans les débats actuels, tout autant que le progressisme. En quoi consiste-t-il ? Nous l'avons dit : volontarisme forcené, idéologie, fanatisme, libre-examen, ignorance. Ceux qui habillent tout cela en héroïsme et sainteté ne font que confirmer le diagnostic.

Ce pire est souvent associé à l'image que donnent les traditionalistes d'eux-mêmes auprès des autres. A tort ? Pour certains, il est évident que l'image est fausse, comme certains commentaires le soulignent, parce qu'avec le temps ils ont évolué, se sont apaisés et ouvert, et qu'ils donnent l'exemple de vertus manifestes. Pour d'autres, elle est malheureusement juste. Invoquer ce que tous ont subi permet de comprendre les positions des plus radicaux, voire de comprendre que sans les violences subies de la part d'un fanatisme progressiste destructeur, ce radicalisme n'existerait pas. Cela ne justifie cependant pas l'intégrisme qui constitue le fond psychologique d'un grand nombre.

Il en résulte, pour les évêques, une image brouillée, incertaine, qui demande à être clarifiée, et qui explique aussi des réactions de défiance ou d'hostilité. Sans méconnaître que certains puissent eux-mêmes être, en certains cas, affectés d'une sorte de haine du passé qui rend difficile tout effort de réconciliation.

    Certains des commentaires prétendent que la critique de notre article n'a porté que sur les seuls traditionalistes. Un peu moins de passion dans la lecture suffirait pourtant à convaincre du contraire. Là aussi, nous avons été clairs : certains évêques en prennent à leur aise à l'égard du motu proprio de Benoît XVI comme ils l'ont fait à l'égard de celui de Jean-Paul II. Ne pas parvenir à voir ce que nous avons écrit confirme l'état d'esprit que nous décrivons.

Dans l'ensemble, le mouvement traditionaliste s'est caractérisé par son rejet du concile et de la nouvelle messe. Aujourd'hui, sur la question de la messe, une avancée décisive a été faite par le pape. On nous dit : "Laissons faire le pape". Mais le pape a parlé, a agi, et clairement. Il ouvre à chacun la possibilité d'accéder à ce qui est désormais appelé la forme extraordinaire du rite latin, principalement dans le cadre naturel de la catholicité qu'est la paroisse. En même temps, il a rappelé qu'il allait de soi que cette possibilité offerte supposait une acceptation de la forme ordinaire. Rappelons ses propres termes :

"Evidemment, pour vivre la pleine communion, les prêtres des communautés qui adhèrent à l'usage ancien ne peuvent pas (...), par principe, exclure la célébration selon les nouveaux livres. L'exclusion totale du nouveau rite ne serait pas cohérente avec la reconnaissance de sa valeur et de sa sainteté".

C'est le pape qui parle, et qui indique cette réserve comme une "évidence". Ce n'est pas nous qui assignons, comme il nous est reproché, des "conditions" à ce qu'il propose. Et cette réserve va très loin - du point de vue traditionaliste - puisqu'elle indique explicitement que le prêtre traditionaliste qui entend bénéficier de ces dispositions ne peut pas exclure de célébrer lui-même la messe selon l'ordo de Paul VI. Que chacun y réfléchisse.

    Qu'on puisse lire notre article en n'y voyant qu'une critique exclusivement dirigée contre les traditionalistes, passe encore. Qu'on puisse en revanche se dire attentif à la volonté du pape, et un fidèle serviteur, critiquer les évêques pour leur mauvais accueil et faire totalement l'impasse sur cette réserve capitale et explicite, comme si elle n'existait pas, pour ne voir que la faculté de célébrer librement l'ancienne forme liturgique, c'est une toute autre affaire. Le moins qu'on puisse en dire est que cela ne procède pas d'une lecture objective et d'une approche loyale de la question. Quand, de surcroît, des fidèles ou des prêtres se réclament du motu proprio pour exiger de pouvoir bénéficier de ses dispositions tout en se réservant de mettre toujours en cause  la "valeur et la sainteté" [l'expression, rappelons-le, est du pape lui-même] de la nouvelle forme liturgique, ou de condamner des prêtres traditionalistes qui célèbrent désormais selon cette forme, voilà qui est insupportable.

Nous l'avons écrit : le pape, par ce texte, veut aider à la réconcialiation de l'Eglise, il l'a écrit explicitement. Personne n'est obligé d'entrer dans ce projet. Ceux qui veulent le faire, qu'ils le fassent selon son intention, pas selon l'étroitesse de leurs vues ou selon les intérêts de leurs chapelles ou de leurs clientèles.

Il est totalement inopérant, sur ce point, de rappeler que les traditionalistes ont eu à souffrir de beaucoup d'injustices, et qu'ils en souffrent encore - ce qui est parfaitement exact. Il s'agit ici d'honnêteté intellectuelle, de loyauté tant à l'égard du motu proprio, de l'intention manifestée de son auteur et de l'Eglise même.

Comme l'un des commentaires le souligne à raison, on ne sortira pas de cette crise si tout le monde n'y met pas du sien. Cela suppose des sacrifices, des remises en cause, des réflexions, beaucoup de prière, éventuellement du courage pour les prêtres, par rapport à des fidèles qui ne poussent pas nécessairement dans le sens de l'unité. Ceux qui biaisent, qui trichent, qui manipulent ces textes ou s'aveuglent sur leur sens, d'un côté ou de l'autre, contribuent objectivement à ce que cette crise se poursuive durablement.

Aucun argument ne permet de le justifier.
 
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B
on se demande comment on peut interpréter le texte du Pape que vous citez ? Ca parait en effet clair : on accepterait de célébrer selon le nouveau rite comme on celébre l'ancien ou non ? C'est tout. "Que votre oui soit oui, que votre non soit non. Le reste est du démon". C'est bien le cas de le dire ! Et ce sont les mêmes qui se disent les meilleurs défenseurs de la foi, de l'Eglise, etc....
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L
Pour les lecteurs d'Hermas, je pense pouvoir dire que notre Père Abbé a devancé  en cela le Saint Père et ce au prix de très  grandes souffrances dues à leur fidélité au Magistère de l'Eglise. Un des seuls endroits où les deux rituels sont communs meme si la forme extraordinaire est choisie par la communauté. Fontgombault a toujours depuis de nombreuses années eu cette ligne de conduite. Fidélité à Rome quoiqu'il advienne.Ceux qui ne connaissent pas peuvent y aller dire le rituel de leur choix. Il n'y a pas beaucoup d'endroit où cela est possible. Des moines disent toujours le rite ordinaire. Mon ancien père maitre est mort avec le rite ordinaire de l'Eglise. Il y a toujours été attaché. Aujourd'hui, on boude Fontgombault. On boude les moines, beaucoup. Pourquoi? le père Abbé concélèbre, ... se rend à des invitations des éveques comme à Bourges à des manifestations de la catholicité. Les moines qui arrivent au moins les derniers, viennent des paroisses, du prytannée militaire. Dans les hotes? La plupart découvre la messe traditionelle.  Oui on s'y sent dans l'Eglise. Dernièrement, des pretres de paroisse, la communauté saint Martin, des pretres de Pologne.C'est cette diversité que je n'ai jamais je crois trouvé ailleurs moi qui m'enthousiasme et je leur rend hommage et dit merci au Père Abbé de ce témoignage de fidélité, de stabilité, que m'ont donné les moines.
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L
Ouf! ... enfin des gens qui osent dire les choses comme elles sont dans la réalité. Merci monsieur l'abbé.Il y a plein de pretres à penser comme vous. J'en rencontre souvent à l'abbaye..et on en parle et beaucoup vont dans notre sens. Oui disons pas mal. Mais à Fontgombault c'est la coexistance pacifique de deux rites et dans l'Unité. Voilà son trésor. Merci c'est réconfortant. Enfin. .. quel soulagement. prières.
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U
En tant que prêtre diocésain (et ce depuis mon ordination, je ne suis pas un "transfuge" d'une fraternité), et célébrant avec l'accord de mon évêque la forme extraordinaire tous les jours pour une grande agglomération de province, je vous donne l'interprétation du "par principe" faite par un évêque qui n'était pas du tout favorable au Motu Proprio, et qui je pense n'a pas changé de position:Selon l'évêque: il n'est pas sain de demander à un prêtre d'être biformiste de manière ordinaire, en effet, la célébration de la forme extraordinaire va avec celle du bréviaire qui y est associé, c'est l'unité de la vie spirituelle et liturgique du prêtre qui est ici en cause. Le "par principe" selon lui n'inclut que la concélébration avec l'évêque à la messe chrismale, aux ordinations et à la visite pastorale, ainsi que la célébration exceptionnelle de la forme ordinaire un dimanche s'il faut remplacer au pied levé un confrère malade et qu'il n'a pas été possible de trouver d'autre remplaçant et ce afin d'éviter de laisser des fidèles qui n'auraient pas pu être prévenus à l'avance sans messe.De la part d'un pasteur qu'on ne peut pas soupçonner d'être favorable à la forme extraordinaire, je trouve cette position extrêmement juste et mesurée.Il ne demande rien d'autre aux instituts ED qui aimeraient bien s'implanter mais qui refusent la concélébration à la messe chrismale même si leurs prêtres parfois présents ce jour là viennent y communier sous les deux espèces.La simple question que je poserais aux prêtres comme le P. de Blignières est la suivante: si Benoît XVI leur demandait de concélébrer avec lui, le feraient-ils?
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T
Lisez l'article du Père de Blignières dans Sedes Sapientae, vous comprendrez comment un prêtre peut ne pas célébrer selon la forme ordinaire tout en ne la refusant pas "par principe". Tout est dans ce "par principe".En acceptant l'ordination de prêtres par un cardinal sacré selon la forme ordinaire, les prêtres de l'IBP ne refusent pas "par principe" la forme ordinaire. Mais sa célébration n'est pas une obligation, ni une condition.Il suffit de reconnaître la catholicité et la validité de la forme ordinaire pour ne pas la refuser par principe. Il n'empêche que l'on est en droit de critiquer cette forme, tant dans son contenu que dans ses traductions, ses abus, son temporal, etc...Sinon, le Pape n'aurait pas écrit "par principe" dans son Motu Proprio...Signalons, soit dit en passant, que la fausse rétractation du Cal Ottaviani, n'a eu pour but que d'éviter de répondre sur le fond au Bref Examen Critique. Réponse de fond que les dits traditionalistes attendent toujours...Pour être "en communion", il n'est pas exigé de célébrer selon la même forme que le Pape : cela ne s'est jamais vu dans l'Eglise latine (pensez aux Lyonnais, Mozarabes, Dominicains, Ambrosiens, Maronites, etc.).
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L
Cher Monsieur, merci pour votre intervention. Nous serions très intéressés à lire l'article que vous évoquez. Auriez-vous la possibilité, si vous l'avez, de nous l'envoyer en pièce jointe (hermas10@yahoo.fr) ?Si les arguments qui y sont avancés sont ceux que vous présentez, nous ne voyons pas qu'ils répondent à l'objection soulevée ou aux propos du pape. "Il suffit - dites-vous - de reconnaître la catholicité et la validité de la forme ordinaire pour ne pas la refuser par principe". Non, ce n'est pas ce que dit explicitement le pape.Ce dernier ne parle pas d'une adhésion intellectuelle, ABSTRAITE, au principe selon lequel le rite "de Paul VI" serait catholique ou même seulement respectable. Il parle de l'impossibilité d'exclure le principe DE LA CELEBRATION elle-même (voyez le texte), par le prêtre concerné. En d'autres termes, et très concrètement : le P. de Blignières, que vous évoquez, accepte-t-il de célébrer selon la forme ordinaire si la chose lui est proposée, ou l'exclut-il par principe ? C'est là, et là seulement qu'est la question. Tout le reste n'est qu'arrangements dialectiques.Hermas