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L'Eglise et la lutte contre le Sida : contre les idées reçues

 
images2-copie-1.jpeg(Sigle du réseau jésuites africains contre le sida)
    Le 28 novembre 2007, en la salle Paul VI du Vatican et devant quelque 8.000 visiteurs du monde entier, le pape  Benoît XVI a lancé un appel à s’opposer au mépris dont sont victimes les malades du sida et demander un effort supplémentaire pour le traitement des malades, en particulier les enfants.

« La Journée mondiale contre le sida sera célébrée le 1er décembre prochain, a rappelé le pape en italien. Je suis spirituellement proche de ceux qui souffrent de cette terrible maladie et de leurs familles, en particulier celles qui sont frappées par la perte d’un conjoint. Je les assure tous de ma prière » a-t-il affirmé, avant d'ajouter immédiatement : « Je désire en outre exhorter toutes les personnes de bonne volonté à multiplier les efforts pour arrêter la diffusion du virus HIV, à combattre le mépris qui frappe souvent ceux qui en sont affectés, et à prendre soin des malades spécialement lorsqu’ils sont encore enfants ».

Chaque année, pour le 1er décembre, le cardinal Javier Lozano Barragan, président du Conseil pontifical pour la pastorale de la santé publie un message disponible en plusieurs langues sur la page internet de ce dicastère, sur le portail du Vatican (cf. ICI). Dans son intervention à l’ONU, à New York le vendredi 2 juin 2006, le cardinal Barragan indiquait en effet que Benoît XVI « éprouve une profonde préoccupation face à l'extension de la pandémie et assure de la continuité et de l'approfondissement du travail que l'Eglise catholique accomplit pour freiner cette catastrophe ».

    Cette journée est l'occasion de remettre en cause quelques idées reçues - ici encore - l'Eglise étant accusée par les idéologues du "politiquement correct" d'être,
a minima, indifférente à ce fléau et à ses victimes. Certes, on a pu constater que les membres des associations  "officielles" de lutte contre le sida, ayant pignon sur caméra, sont le plus souvent plus préoccupées de promouvoir le communautarisme homosexuel et les revendications de ses militants que de la lutte concrète contre la maladie. Leur accrimonie face à l'Eglise, quel qu'en soit le prétexte, tient du combat de lobby plus que de la raison.

Or, s'il en était encore besoin, les chiffres du Conseil pontifical pour la pastorale de la santé démontrent encore le mal fondé des attaques portées contre l'Eglise en la matière, qui indiquent que plus d’un quart des structures soignant les malades du sida dans le monde sont des structures catholiques.

Le cardinal
Barragan avait révélé à l'ONU que « depuis le début de la pandémie du sida, l'Eglise catholique l'a combattue aux niveaux médical, social et spirituel : 26,7% des centres présents dans le monde pour soigner les malades du HIV/SIDA appartiennent à l'Eglise catholique », indiquant que leur travail « porte sur la formation des professionnels de la santé, la prévention, les soins, l'assistance et l'accompagnement des malades, ainsi que de leurs familles ».

Le cardinal Barragan rendait hommage à des Congrégations et Associations internationales catholiques engagées dans la lutte contre le sida aux côtés du personnel local, laïc et religieux : l'Oeuvre Saint-Vincent, la Caritas internationale, la Communauté de Sant'Egidio, les Camilliens, les « Juanitos », les Jésuites, les religieuses de Mère Teresa, l'Hôpital « Bambino Gesù » du Saint-Siège et les pharmaciens catholiques.

« L'action du Saint-Siège et de l'Eglise catholique ne se renferme jamais sur elle-même, mais est orientée en vue de promouvoir et de renforcer le sentiment indispensable d'adhésion et de responsabilité que chaque pays doit fortement développer à chaque phase de la réponse à la pandémie », insistait le cardinal Barragan.

Il soulignait en outre l’effort de « formation » non seulement de professionnels de la santé, mais aussi des prêtres, des religieux et religieuses, et des malades eux-mêmes et leurs familles et des jeunes.

L’Eglise insiste également, rappelait-il, sur la prévention grâce à la formation et à « l'éducation à des comportements visant à éviter la pandémie », en particulier par l’éducation en famille, à la fois « indispensable et efficace », mais également grâce à « des documents, des conférences et des échanges d'expériences et de méthodes pratiques ».

« Nous combattons, insistait le cardinal Barragan, la stigmatisation, nous facilitons le diagnostic, le "counselling" et la réconciliation. Nous fournissons les antirétroviraux, les médicaments pour éviter la transmission verticale de la mère à l'enfant et la contamination par le sang ». « Nous évitons que des contagions aient lieu, nous nous occupons des orphelins et des veuves, des détenus, nous aidons à la réinsertion sociale de ces malades et nous collaborons avec les gouvernements et les autres institutions qui s'occupent de la pandémie, aussi bien au niveau oecuménique que civil ».

Enfin, le cardinal Barragan évoquait la fondation « Le Bon Samaritain » voulue par le pape Jean-Paul II pour s'occuper des malades les plus démunis, et à présent de manière particulière des malades du sida.

Le cardinal Barragan citait encore des chiffres de l’engagement de l’Eglise : « Jusqu'à présent, nous avons fourni des antirétroviraux à 18 pays: 13 d'Afrique, 3 d'Amérique et 2 d'Asie. Dans ces pays, nous avons distribué l'argent reçu des catholiques de 19 pays, tant de l'Afrique elle-même, que d'Amérique, d'Asie et d'Europe ». Un exemple de cet engagement de l’Eglise auprès des enfants malades du sida est l’orphelinat de « Pattaya », fondé par un prêtre Rédemptoriste en Thaïlande. Les enfants y sont soignés de façon à vaincre les multiples pathologies, notamment la tuberculose, que la déficience immunitaire provoque, et à suivre leur scolarité le mieux possible (cf. ICI). Voir aussi, par exemple, le réseau jésuites africains contre le sida (ICI).

    Pendant que certains, sous couvert de lutte contre le sida, agressent des prêtres à Paris, tentent d'imposer une dictature de la pensée ou courrent les médias et les cocktails pour revendiquer le "mariage" homosexuel, d'autres luttent concrètement en engageant toute leur vie contre ce fléau et secourent, non une idéologie égoïste, mais des êtres humains, tous, sans discrimination.

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