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Appel des évêques américains : la responsabilité des chrétiens dans leur vie de citoyen (III)

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QUI, DANS L’EGLISE, DEVRAIT PARTICIPER A LA VIE POLITIQUE ?

 
13. Dans la Tradition catholique, la citoyenneté responsable est une vertu, et la participation à la vie politique une obligation morale. Cette obligation est ancrée dans notre engagement baptismal de suivre Jésus-Christ et de porter un témoignage chrétien en tout ce que nous faisons. Comme le Catéchisme de l'Église catholique nous le rappelle, « Il est nécessaire que tous participent, chacun selon la place qu’il occupe et le rôle qu’il joue, à promouvoir le bien commun. Ce devoir est inhérent à la dignité de la personne humaine. (…)  Les citoyens doivent autant que possible prendre une part active à la vie publique » (nn. 1913-1915).

14. Malheureusement, la politique dans notre pays peut souvent se réduire à des conflits d'intérêts puissants, des attaques partisanes, des manifestations bruyantes et du battage médiatique. L'Eglise appelle à un autre type d'engagement politique : un engagement qui soit façonné par les convictions morales de consciences bien formées et qui soit concentré sur la dignité de chaque être humain, la poursuite du bien commun, et la protection des personnes faibles et vulnérables. L'appel catholique à l’exercice d’une citoyenneté conforme à la foi affirme l'importance de la participation politique et insiste sur le fait que le service public est une vocation honorable. En tant que catholiques, nous devons davantage être guidés par nos convictions morales que par notre attachement à un parti politique ou à un groupe d'intérêts. Lorsque cela est nécessaire, notre participation devrait contribuer à transformer le parti auquel nous appartenons ; nous ne devrions pas laisser le parti nous transformer de telle sorte que nous en venions à négliger ou à nier des vérités morales fondamentales. Nous sommes appelés à apporter ensemble nos principes et nos choix politiques, nos valeurs et nos votes pour aider à bâtir un monde meilleur.

15. Le clergé et les laïcs ont des rôles complémentaires dans la vie publique. Nous, évêques, avons la responsabilité principale d’assurer l'enseignement moral et social de l’Eglise. Avec les prêtres et les diacres, assistés par les dirigeants religieux et laïcs de l'Eglise, nous avons à enseigner les principes moraux fondamentaux pour aider les catholiques à former correctement leur conscience, pour donner des indications sur les dimensions morales des décisions publiques, et pour encourager les fidèles à mener à bien leurs responsabilités dans la vie politique. Pour s'acquitter de ces responsabilités, les dirigeants de l’Eglise doivent éviter de cautionner ou d’opposer les candidats et de dire aux gens comment voter. Ainsi que l'a déclaré le Pape Benoît XVI dans “Deus caritas est”, l’Eglise « veut servir la formation des consciences dans le domaine politique et contribuer à faire grandir la perception des véritables exigences de la justice et, en même temps, la disponibilité d’agir en fonction d’elles, même si cela est en opposition avec des situations d’intérêt personnel. (…) L’Église ne peut ni ne doit prendre en main la bataille politique pour édifier une société la plus juste possible. Elle ne peut ni ne doit se mettre à la place de l’État. Mais elle ne peut ni ne doit non plus rester à l’écart dans la lutte pour la justice » (n° 28).

16. Comme le Saint-Père l’a également enseigné dans “Deus caritas est”, « le devoir immédiat d’agir pour un ordre juste dans la société est au contraire le propre des fidèles laïques » (n° 29). Ce devoir est plus important que jamais dans l'environnement politique actuel, où les catholiques peuvent se sentir politiquement écartés, en constatant qu'aucun parti et que trop peu de candidats partagent pleinement l’attachement total de l’Eglise à la défense la vie et de la dignité de chaque être humain, de la conception à la mort naturelle. Pourtant, ce n'est pas le moment de se démobiliser ou de se décourager ;  bien au contraire, c’est le moment de renouveler son engagement. Formant leur conscience en accord avec l'enseignement catholique, les catholiques laïcs, hommes et femmes, peuvent s'impliquer activement : dans leur travail, au sein des partis politiques, en communiquant leurs préoccupations et leurs positions à leurs élus, en se joignant à la mission sociale diocésaine ou à des associations de défense, en participant à des conférences catholiques, à des organisations communautaires, ou à d'autres efforts encore pour appliquer l'enseignement moral authentique dans le domaine public. Même ceux qui ne peuvent pas voter ont le droit de se faire entendre sur les questions qui affectent leur vie et le bien commun.

(à suivre)
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