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L'histoire du petit pain qui ne voulait pas être mangé...

Nous devons à la gentillesse de Françoise DUBOST de pouvoir publier ici cette petite histoire destinée aux enfants et, pourquoi pas, à leurs parents. Après tout, il n'y a pas d'âge pour s'édifier. Voilà de quoi vous détendre un peu, après les articles un peu austères que nous avons publiés sur la politique, pour entrer le coeur plus léger dans cette Semaine sainte.

Françoise DUBOST publie ces histoires sur le site des dominicains de la province de Toulouse, Domuni [Ici], dans une rubrique appelée "Minithéo". Celle-ci regroupe des textes destinés notamment aux catéchistes, que nous vous invitons chaleureusement à découvrir, en particulier une série intitulée "L'Evangile des animaux" [Ici].

Mais laissons-lui la parole, non sans l'avoir à nouveau amicalement remerciée !

_______________

Il était une fois un très joli petit pain.


petitpain.gifLe boulanger qui l’avait fait était très heureux de l’avoir façonné. Après avoir moulu très finement sa farine, enfourné sa tournée, il s’était aperçu qu’il lui restait un tout petit peu de farine. Il l’avait prise, l’avait malaxée délicatement et en avait fait un petit pain magnifique qu’il avait tenu précieusement dans le creux de sa main, avant de l’enfourner à son tour.

Au bout de quelques minutes seulement, pressé de voir ce que devenait ce petit pain, il entrouvrit le four, prit sa spatule, la glissa doucement dessous et le sortit aussitôt. Quel ne fût pas son émerveillement de voir ce petit pain, tout doré, beau, moelleux, qui sentait si bon que le magasin s’emplit aussitôt d’une bonne odeur de pain chaud.

Il le sortit et le déposa doucement sur le comptoir pour le laisser refroidir. Puis, lorsqu’il fut froid, le boulanger le plaça dans sa vitrine afin d’attirer le chaland. Il était sûr qu’un si joli petit pain ferait venir du monde.

Hélas, c’était sans compter sur le caractère de ce petit pain !

En effet, le boulanger ne se doutait pas de ce qui allait arriver. Son petit pain si beau, si blond, si doré, si odorant, si attirant, n’était pas comme les autres. Il savait qu’il était joli, il avait envie de plaire, d’attirer, mais il refusait délibérément de se laisser manger. Il aimait qu’on le regarde, qu’on l’admire, mais dès qu’il pressentait que la main de la boulangère allait le prendre pour le mettre dans le sac, il se glissait tout à coup sous les autres pains, et disparaissait mystérieusement jusqu’à la fin de la vente. Puis subrepticement il revenait à la surface. Et cela recommençait à chaque vente. Il prenait un air fier, faisait briller son velouté doré, attirait les mains des enfants vers lui, mais dès que la vendeuse s’emparait de la pince pour le prendre délicatement, pfft, il disparaissait.

La boulangère était chaque fois obligée d’en mettre un autre dans le paquet.

Que se passait-il donc ?


Le pain ne voulait pas être mangé. Il avait peur d’avoir mal, de partir dans l’univers curieux des intestins des enfants, il avait tout simplement peur de l’inconnu. Il avait peur de mourir. Il préférait rester avec son boulanger.

Cela dura toute la journée, il était toujours aussi frais. Mais vers le soir, il sentit qu’il commençait à rapetisser. Sa mie devenait de plus en plus sèche. Il commença à être un peu triste car en le voyant, un petit garçon venait de dire : « Non pas celui-là, l’autre à côté s’il vous plaît ». Le petit pain devint honteux, triste, il était le dernier qui restait de la fournée du matin. Il était seul et n’avait pas d’ami. Les nouveaux petits pains fraîchement cuits, le laissaient de côté.

A la fin de la journée le pain sentit une drôle de sensation, comme s’il se recroquevillait sur lui-même. Il continuait à perdre son éclat.

Puisqu’il n’avait pas voulu être mangé, il restait tout seul. Pire, les nouveaux petits pains, désireux d’être vendus, le poussaient peu à peu, si bien qu’à un moment il tomba du comptoir. La boulangère occupée à la vente ne s’aperçut de rien.


Le soir, elle rangea son étalage et prépara la place pour la fournée du lendemain.


Deux jours après, alors qu’elle rangeait son magasin, elle aperçut quelque chose par terre, qu’elle alla dénicher avec son balai. Quelle ne fut pas sa surprise de voir le beau petit pain, tout racorni, avec quelques tâches d’ombre, et un fin duvet qui commençait à pousser.

Hochant la tête, elle le prit et le mit à la poubelle. Dans la soirée, un enfant mal habillé souleva le couvercle de la poubelle et aperçut cette boule brunâtre et dure, la prît mais la rejeta. Ce pain n’avait vraiment pas belle allure, il était dur et moisi…

petitpain21.gifLe pain désolé, s’aperçut de sa bêtise. Il était rejeté même par les plus pauvres. Il comprit alors qu’il avait raté sa vie. Il n’était bon qu’à être jeté à la poubelle. Il n’aurait servi à rien. Il allait mourir tout seul.


Alors il se prît à rêver : il se voyait dans la main du boulanger, comme avant-hier, brillant, magnifique, il voulait tout recommencer ; on le posait dans la vitrine, il se mettait en avant pour qu’on le voie, qu’on le prenne, il partait dans la poche en papier qui devenait toute chaude à son contact. Il se retrouvait dans la main d’une ravissante petite fille qui le regardait, le sentait, le mettait contre ses lèvres, et puis tout doucement le portait à sa bouche. Le petit pain, heureux, se laissait manger. Il était tellement bon, que la petite fille le mangeait doucement, gentiment, en le caressant avant chaque bouchée, et chaque fois qu’elle le mangeait, non seulement il n’avait pas peur, mais il était heureux de donner sa force, son éclat, sa douceur.

Il comprenait tout d’un coup que c’est en se donnant que l’on est heureux.

Françoise DUBOST
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G
ce n'est pas dit si c'était un petit pain au chocolat? et pourtant. lalalala. tous les matins il achetait son petit pain au chocolat lalalala et la boulangère lui souriait il ne la regardait pas lalalala
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C
Oui, bien joli... mais sans rémission pour le pauvre petit machin !
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