L'Histoire officielle nous a inculqué que le savoir grec antique - philosophie, médecine, mathématique, astronomie -, après avoir tout à fait disparu d'Europe, avait trouvé refuge dans le monde musulman, qui l'avait traduit en arabe, accueilli et prolongé, avant de le transmettre finalement à l'Occident, permettant ainsi sa renaissance, puis l'expansion soudaine de la culture européenne.
Or, selon Sylvain Gouguenheim, qui ne parait pas être un idéologue fascisant et est tout de même professeur d'histoire médiévale à l'Ecole normale supérieure de Lyon, cette vulgate n'est qu'un tissu d'erreurs, de vérités déformées, de données partielles ou partiales, comme il l'explique dans un ouvrage, qui vient de paraître "Aristote au Mont Saint Michel. Les Racines grecques de l'Europe Chrétienne" (Sylvain Gouguenheim. Seuil, "L'Univers historique", 282 p., 21 €).
On lira avec intérêt l'article que lui consacre le site Le Monde.fr (ICI) - avec lequel nous ne sommes pourtant pas toujours en phase - et dont la conclusion est rédigée en ces termes :
"Somme toute, contrairement à ce qu'on répète crescendo depuis les années 1960, la culture européenne, dans son histoire et son développement, ne devrait pas grand-chose à l'islam. En tout cas rien d'essentiel. Précis, argumenté, ce livre qui remet l'histoire à l'heure est aussi fort courageux". C'est dire.