Jusqu’à des temps récents, la liturgie nous présentait de manière séparée la fête des trois Archanges connus :
La fête de SAINT GABRIEL (גַּבְרִיאֵל) dont le nom signifie « la Force de Dieu », le 24 mars, veille de l’Annonciation faite par lui à Marie qu’Elle concevrait le Fils de Dieu.
La fête de SAINT MICHEL (לאכימ), le 29 septembre. Saint Michel apparut deux fois dans le sud de l’Italie : la première fois, le 8 mai 492, sous le pontificat de Gélase 1°, sur le mont Gargan, aujourd'hui San-Angelo, dans le royaume de Naples. 
Sanctuaire de Saint Michel au Mont Gargan
La seconde fois, le 29 septembre [et c’est cette date qui fut retenue comme fête de Saint Michel]. Cette apparition mérite d’être connue :
Un riche habitant de Siponte avait ses troupeaux sur les flancs du mont Gargano. Un jour, se dérobant à l'œil des bouviers, un taureau disparut. Après bien des recherches, on le retrouva enfin sur la cime la plus escarpée de la montagne, à l'entrée d'une grotte, et les cornes embarrassées dans de fortes lianes.
Furieux contre les obstacles qui le retenaient sur place, l'animal se débattait si violemment que personne ne put l'approcher. Alors on lança vers lui une flèche ; mais, chose étrange, cette flèche se retourna à mi-chemin de sa course, et alla frapper celui qui l'avait tirée. Ce fait extraordinaire remplit d'une telle crainte les bouviers, qu'ils s'éloignèrent immédiatement de la grotte.
Cet évènement émut la ville de Siponte, et l'évêque ordonna des prières publiques. Trois jours après, saint Michel apparut au prélat et lui dit : « Je suis l'archange Michel, un de ceux qui se tiennent sans cesse devant le Seigneur. J'ai choisi ce lieu pour être vénéré sur la terre ; j'en serai le protecteur à jamais. »
L'évêque et les habitants se rendirent processionnellement jusqu'à la grotte du mont Gargano, et prièrent en l'honneur de l'Archange.
A quelque temps de là, Siponte vit ses ennemis dévaster ses campagnes et menacer la ville. La bataille s'engagea, et Siponte paraissait vaincue, quand, tout à coup, une formidable secousse ébranla le mont Gargano ; de son sommet, couvert d'une noire vapeur, jaillirent des éclairs et des foudres qui portèrent la terreur et la mort dans le camp ennemi.
Triomphante par le secours miraculeux de saint Michel, la ville de Siponte se montra reconnaissante à son puissant protecteur. Elle exécuta aussitôt des travaux gigantesques, afin de pouvoir accéder plus facilement sur le mont Gargano, et sur la grotte naturelle qu'elle fit revêtir intérieurement de marbres précieux, elle bâtit une belle église dont la dédicace solennelle eut lieu le 29 septembre 522, par le Pape saint Boniface. Cette église est depuis le rendez-vous de nombreux pèlerinages, et de grands miracles s'y sont opérés par la puissante intercession de saint Michel.
La fête de Saint RAPHAEL (לאפר) était célébrée le 24 octobre et datait du XII° siècle.
En résumé, seuls ces trois Archanges, ont été retenus et vénérés par l’Eglise, et ont des noms très significatif de leur fonction :
Michaël « Qui est comme Dieu » maintient Satan vaincu en enfer.
Gabriel « Dieu s'est montré fort » est le messager divin par excellence.
Raphaël « Dieu guérit » apporte tout spécialement l'aide de Dieu à l'homme
Il faut noter en effet que l’Eglise n’a retenu que ces trois noms, clairement cités, car les autres proviennent de textes apocryphes, comme le Livre d’Hénoch, ou d’autres traditions non révélées.
Elle a même pris une position claire à ce sujet : seuls trois d'entre eux ont révélé leur nom : Michel, Gabriel et Raphaël. Il faut se mettre en garde contre ceux qui prennent la liberté d'en désigner d'autres avec précision, comme l'avait fait un certain Adelbert : en 745, à la demande de Saint Boniface, il fut condamné dans un synode par le Pape Zacharie, pour avoir inventé une prière aux anges Uriel, Raguel, Tubuel, Inéas, Tubuas, Saloac, Simiel, considérés par cette assemblée comme des démons.
Plus tard, en 789, le Concile d'Aix-la-Chapelle confirmera la décision du Concile de Rome en interdisant de fabriquer des noms d'anges en dehors de Michel, Gabriel et Raphaël.
Mgr Jacques MASSON