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M. Devedjian et le travail le dimanche

« (...) chez les vrais crétins, le cerveau n'ayant presqu'aucune action comme organe de la pensée, le foyer inférieur prend, avec l'âge, une prédominance remarquable (…) » (CABANIS, Rapports du physique et du moral de l'homme, t. 1, 1808, p. 464).


L’instauration, en France, du dimanche comme jour de repos date de la loi du 13 juillet 1906, peu après la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat. Souvent cité sur ce point, l’historien Robert BECK indiquait, dans un entretien au journal Libération : « A partir de la loi de 1906, le congé du dimanche n'a plus rien de religieux. Une “loi pour la sanctification du dimanche” avait effectivement été promulguée en 1814, mais elle était tombée en désuétude puis définitivement abolie par une loi de 1880. En 1906, on réinvente le dimanche dans une perspective laïque. »

Une perspective laïque.

C’est ainsi, en effet, que cette législation a été vécue depuis plus de cent ans en France, même si, d’évidence, les chrétiens attachent au dimanche un sens que les lois républicaines n’ont ni vocation ni seulement capacité à lui donner.

Or voici que dans la cadre de la remise en cause que l’on sait, où les mensonges relaient les manipulations, pour balayer un repos dominical qui contrarie les logiques mercantilistes partout triomphantes, dût la société tout entière en souffrir, l’indispensable M. Devedjian vient de déclarer au Figaro (3 décembre 2008), pour manifester son opposition au dimanche : si  « les chrétiens honorent le dimanche, les juifs le samedi, les musulmans le vendredi, si les bouddhistes s'y mettent, il ne va pas rester grand chose ! » pour travailler. Puis, pensant sans doute être fin, il ajoute : « Je croyais que nous étions dans une république laïque ». Amusant, non ? Comme disait Coluche, « tant que les politiciens feront rire, je continuerai à faire de la politique ». L’humoriste est manifestement parti trop tôt.

Pour M. Devedjian, le repos du dimanche est une disposition confessionnelle, et il vient de s’aviser qu’une telle règle ne serait pas compatible avec la laïcité. Il parle, d’ailleurs, comme s’il s’agissait de faire obstacle aujourd’hui à l’instauration d’un règle nouvelle qui viendrait contrarier cette dernière. En plus, comme les musulmans honorent le vendredi, évidemment, on ne voit pas pourquoi on conserverait le dimanche comme jour de repos hebdomadaire.... C’est pure logique.

Comme nous avons de la chance d’avoir, pour diriger nos destins, des esprits aussi élevés !

Pour revenir à notre débat, et pour ceux que les profondeurs intellectuelles de M. Devedjian ne suffiraient pas à combler, nous vous invitons à consulter le site Le dimanche, j’y tiens ! du Collectif des amis du dimanche, lequel présente une analyse critique, intelligente cette fois, des enjeux de la réforme envisagée. Ne manquez pas, en passant, de signer la pétition qu’il propose et de la faire connaître ! Plus de 16.000 signatures confirmées ont déjà été enregistrées [cf. le lien en colonne de droite de la page].

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M
<br /> "Si la réglementation n'évolue pas, vous allez avoir des dizaines de milliers de salariés qui vont y perdre", a lancé M. Bertrand, selon lequel "il y a des enseignes qui vont fermer et des étudiants (...) qui vont perdre leur boulot".<br /> C'est ça qu'il appelle créer des emplois.<br /> Je pensais qu'un étudiant (en dehors des vacances) était fait pour étudier.<br /> Faut-il payer des chômeurs à rester chez eux, et obliger les étudiants (ceux qui étudient) à travailler pour payer leurs études.<br /> Le travail des étudiants, ceest des impôts et des charges sociales en moins (trou de la sécurité sociale).<br /> Le dimanche est devenu, notamment dans le commerce, le terrain d'une concurrence de plus en plus vive pour la conquête des parts de marché.<br /> Or cette journée est un enjeu important de la société de demain.<br /> Le repos pris en commun et la trêve de leéconomie sont, non le signe du refus deévoluer dans une société en crise, mais la reconnaissance de la primauté de la personne humaine.<br /> Comme les jours fériés, la spécificité du dimanche, jour chômé en commun, répond, en effet, à des exigences profondes de la vie familiale, culturelle, associative et spirituelle.<br /> L'activité dominicale se justifie seulement quand il s'agit de services aux personnes ne pouvant être différés.<br /> Le libéralisme mal compris, c'est le retour à l'esclavage pourtant aboli en France le 27 avril 1848.<br /> Il est facile de promettre le doublement des salaires le dimanche et un jour de repos supplémentaire (donc payé pour ceux qui travaillent à temps partiel) sans augmenter les prix. Comprenne qui pourra.<br />
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<br /> <br /> Tout à fait d'accord avec vous. On a peine à comprendre les certitudes qui mobilisent les promoteurs du travail le<br /> dimanche. En tout cas, c'est le paroxysme évident, en raison de sa symbolique même, du primat de l'économique sur le politique.<br /> <br /> <br /> <br />
P
Très bonne initiative en effet.
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