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"Jésus est descendu aux Enfers" (2)

L‘ANNONCE : LE SONGE DE JACOB

Le songe du Patriarche Jacob est plus que symbolique : il est une annonce claire de l’intervention de Dieu, quand les temps seront accomplis. Il voit le Ciel et la terre reliés par une longue échelle sur laquelle montent et descendent les Anges de Dieu ; et, à son réveil, il prend conscience que ce lieu est redoutable et sacré : c’est la Maison de Dieu et la Porte du Ciel :

Genèse, chapitre 28°
10.    Jacob quitta Bersabée et partit pour Harân.
11.     Il arriva d'aventure en un certain lieu et il y passa la nuit, car le soleil s'était couché. Il prit une des pierres du lieu, la mit sous sa tête et dormit en ce lieu.
12.     Il eut un songe : Voilà qu'une échelle était dressée sur la terre et que son sommet atteignait le ciel, et des Anges de Dieu y montaient et descendaient !
13.     Voilà que Yahvé se tenait devant lui et dit : Je suis Yahvé, le Dieu d'Abraham ton ancêtre et le Dieu d'Isaac. La terre sur laquelle tu es couché, je la donne à toi et à ta descendance.

16.     Jacob s'éveilla de son sommeil et dit : En vérité, Yahvé est en ce lieu et je ne le savais pas !
17.     Il eut peur et dit : Que ce lieu est redoutable ! Ce n'est rien de moins qu'une maison de Dieu et la porte du ciel !

Ce que les hommes cherchaient à obtenir, en construisant des tours élevées, Dieu le réalisera, plus tard. Dieu, dans ce songe, annonce, de manière mystérieuse alors, que le Ciel et la terre seront un jour reliés… et que le désir de l’homme se réalisera, non par ses mérites, mais par l’intervention miséricordieuse de Dieu !


LA REALISATION EN JESUS : DECLARATION A NATHANAEL

L’épisode se situe après le Baptême de Jésus par Jean Baptiste : Jean et André ont suivi Jésus, quand Jean Baptiste, le voyant passer s’écria : « Voici l’Agneau de Dieu » (Jean, 1, 36 b). André va chercher Pierre et le présente à Jésus. Jésus rencontre Philippe et lui dis « suis-moi ». Philippe rencontre Nathanaël, lui annonce que Jésus est le Messie annoncé par les prophètes. Et il le conduit auprès de Jésus. L’épisode mérite d’être lu en entier, car c’est le début de l’Eglise, les premiers disciples, mais aussi et surtout la dernière phrase de Jésus à Nathanaël est révélatrice : le songe de Jacob est réalise dans et par le Fils de l’Homme !

Jean chapitre 1°
45.     Philippe rencontre Nathanaèl et lui dit : « Celui dont Moïse a écrit dans la Loi, ainsi que les prophètes, nous l'avons trouvé : Jésus, le fils de Joseph, de Nazareth. »
46.     Nathanaèl lui dit : « De Nazareth, peut-il sortir quelque chose de bon ? » Philippe lui dit : « Viens et vois. »
47.     Jésus vit Nathanaèl venir vers lui et il dit de lui : « Voici vraiment un Israélite sans détour. »
48.     Nathanaèl lui dit : « D'où me connais-tu ? » Jésus lui répondit : « Avant que Philippe t'appelât, quand tu étais sous le figuier, je t'ai vu. »
49.    Nathanaèl reprit : « Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d'Israël. »
50.     Jésus lui répondit : « Parce que je t'ai dit : «Je t'ai vu sous le figuier», tu crois ! Tu verras mieux encore. »
51.     Et il lui dit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, vous verrez le ciel ouvert et les Anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l'homme. »

« Monter et descendre au-dessus du Fils de l’Homme » : Jésus, vrai homme, et vrai Dieu, est du Ciel et de la terre. Il peut ainsi relier l’une à l’autre, et rétablir l’ordre premier. Il fait le lien, il est le « pont » dirais-je, qui relie le Ciel et la terre : il est le Pontife ! Par sa mort, il prend sur lui tous les péchés du monde pour les pardonner, et par sa Résurrection il va vaincre la mort et le Démon. En tant qu’homme, il descend au « séjour des morts » au « shéol », «aux Enfers », mais il y annonce la Bonne Nouvelle de leur prochaine libération à tous ceux qui l’attendaient, à commencer par Adam et Eve.

Et, le jour de sa Résurrection, les portes des « Enfers » s’ouvrent en grand : la malédiction qui reposait sur l’homme par l’envie du Diable, est vaincue.

 Comme le déclare la Liturgie du jour de l’Ascension, reprenant les Psaumes 47 et 68 ! dans le chant de l’Alleluia :

« Ascendit Deus in jubilatione et Dominus in voce tubae », « Au milieu des cris de joie le Seigneur est monté au Ciel ! le Seigneur est monté au son de la trompette »
« captivam duxit captivitatem », « Tu as emmené captive la captivité elle-même ».

Et de même l’hymne des Deuxièmes Vêpres (3° strophe) :
    « Perrumpis infernum chaos,
       Vinctis catenas detrahit ;
       Victor triumpho nobili
       Ad dexteram Patris sedes »

    « Vous forcez et ouvrez le gouffre des enfers
       Vous ôtez les chaînes des captifs
       Et, couronné après ce noble triomphe,
       Vous siégez à la Droite du Père ».

La réalité dépasse l’espérance. La nature humaine, en Jésus, est introduite dans la Très Sante Trinité. Dieu avait merveilleusement la nature humaine, et il l’a recrée de manière plus admirable encore (cf. la prière au moment où le prêtre verse le vin et l’eau dans le calice, à l’Offertoire de la Messe Tridentine) :
Deus, qui humanae substantiae dignitatem mirabiliter condidisti, et mirabilius reformasti : da nobis per hujus aquae et vini mysterium, ejus divinitatis esse consortes, qui humanitatis nostrae fieri dignatus est particeps, Jesus Christus, Filius tuus, Dominus noster

C’est pour quoi la Liturgie de la Vigile Pascale, dans le chant de l’Exultet n’hésite pas à déclarer, à propos de la faute de nos premiers parents :
O FELIX CULPA,
QUAE TALEM AC TANTUM MERUIT
HABERE SALVATOREM!

O, bienheureuse faute
Qui nous a valu
Un tel et si grand Rédempteur !

Le soir de Pâques, le Seigneur né déclare-t-il pas aux Disciples d’Emmaüs, en leur expliquant tout ce qui le concernait dans les Saintes Ecriture : « Ne fallait-il pas que le Christ endurât ces souffrances pour entrer dans sa gloire ? » (Luc 24, 26).

Et pour nous y faire entrer nous aussi :  « A  tous ceux qui l’on reçu, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu… Oui, de sa plénitude nous avons tous reçu et grâce pour grâce » nous dit Sant Jean dans le Prologue de son Evangile (Jean 1, 12.16).
(à suivre)
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