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"Les mots, toujours les mots..."

Nous avons eu ici souvent à souligner les subversions dont le langage est l'objet. Certes, il s'agit de signes conventionnels. Mais ceux-ci, en principe, sont gouvernés par la réalité des choses. La subversion les soustrait à cette attraction et, pourrait-on dire, à ce service de la réalité, pour les gouverner selon les impératifs idéologiques du jour.

Evidemment, cela ne s'applique pas dans tous les domaines. Une table, même pour l'idéologue, reste une table, comme aussi le saucisson et le lapin de garenne. Mais il est des mots auxquels on a fait déserter le champ de leur signification propre pour en faire des instruments de contrainte, voire de violence sociale. Le premier qui vienne à l'esprit est celui de racisme, dont bien malin serait celui qui pourrait aujourd'hui lui donner une signification adéquate.

L'actualité fourmille d'occasions de l'employer à temps et à contre-temps. Ainsi, récemment, les plus distraits par leurs vacances auront appris qu'un haut fonctionnaire, préfet de son état, M. Paul Girot de Langlade aurait tenu des propos racistes auprès d'agents de la société SECURITAS alors que, le 11 et 12 août dernier, il lui était demandé de vider ses poches au passage d'un portique de sécurité à l'aéroport d'Orly-Ouest.

La première information que nous ayons est celle-là : aurait. M. de Langlade aurait tenu de tels propos. Cela s'appelle une proposition dubitative, une supposition, mais c'est assez pour provoquer des sanctions, à l'encontre des principes les plus élémentaires du droit : le préfet a été aussitôt suspendu de sa fonction de coordinateur local pour la Réunion par le ministère de l'intérieur. C'est, dit en passant, l'une des caractéristiques du péché de racisme que le seul soupçon de tiers suffit à en constituer l'acte. Bien entendu, une enquête a été ouverte, en l'occurrence par le parquet de Créteil, non moins que pour "injures publiques à caractère racial".

C'est là qu'il faut, tout de même, s'intéresser au contenu même de ces injures. M. de Langlade aurait - nous n'en sommes toujours qu'à ce stade - tenu les propos suivants : "On se croirait en Afrique ici", "de toutes façons, il n'y a que des noirs ici". M. de Langlade affirme qu'il ne les a pas tenus, ce qui est un encouragement, bien entendu, idéologie aidant, à penser tout à fait le contraire.

Mais après tout, et pourquoi pas, l'a-t-il dit, ne l'a-t-il pas dit. Il est tout de même assez singulier de constater que si l'on relève aujourd'hui dans un groupe qu'il n'y a que des personnes de couleur noire, on est raciste ! Il n'y a pas de liberté pour ce constat-là. Parisiens qui rentrez parfois tard en la capitale par la gare du Nord ou la gare de Lyon, ne vous avisez jamais de dire ce que vous voyez sur les quais du RER dans les entrailles duquel vous descendez. Ne vous avisez pas même de le penser. N'oubliez pas que nous vivons dans le meilleur des mondes.
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Complément au 27 août 2009 (Le Monde) :

"Je suis victime d'une cabale et je tiens à la dénoncer. Je ne suis pas raciste, je l'affirme haut et fort", assure le préfet déchu dans le quotidien. "Cette 'affaire', qui n'était à l'origine qu'un banal incident, a été orchestrée par l'actuel ministre de l'intérieur (M. Hortefeux, qui a suspendu illico le préfet), probablement pour faire oublier son passage au ministère de l'intégration où il a mené une politique plus sévère que dans le passé, et pour se refaire à bon compte une virginité de parfait antiraciste", poursuit-il avant d'ajouter qu''il existe des preuves.

Le préfet qui s''étonne de la rapidité avec laquelle les témoins ont été 'entendus' estime que les plaintes ont été 'téléguidées'. Il revient sur le déroulement de l'affaire à l'aéroport d'Orly et explique que "la scène a été filmée par les caméras" et que le film conforte sa version des faits. "J'ai été blessé par ce lynchage médiatique. (...) Me traiter de raciste est une insulte pour moi et ma famille. Je veux être réhabilité et je vais me battre pour ça", conclut-il.

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Oui, on vit dans une société malade. On n'y peut rien si spontabnement on se dit qu'on se croirait en Afrique parfois dans des lieux publics parce qu'on y est le seul blanc. A qui la faute ? Ils n'ont qu'à y aller les dénonciateurs de toute sorte. Ils feront quoi ? Ils diront qu'il y a rien de spécial ? Que tout le monde est blanc ? Qu'on ne voit pas de différences ? Mais on veut rendre les gens dingues ou quoi ? Et un African qui va dans son village et qui n'y voit que des blancs, qu'est-ce qu'il dira ? Ce sera mal s'il dit qu'il n'a que des blancs ? Il faut arrêter le délire ! Mais comment l'arrêter quand on est devenu dingue ?
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