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Eglise et recherche : le droit d'exiger l'éthique (même du téléthon)

   Sur le site internet du journal Le Monde, on peut lire la dépêche AFP suivante:

"Le Vatican a estimé lundi que la découverte par des chercheurs américains d'une source de cellules souches dans le liquide amniotique ouvrait des voies de recherche "éthiquement admissibles", au contraire des recherches sur l'embryon qu'il condamne.

Le cardinal Javier Lozano Barragan, président du conseil pontifical pour la Santé, s'est réjoui de ce "pas en avant très significatif et éthiquement admissible" constitué par cette découverte "qui ne porte pas atteinte à la vie", dans un entretien au quotidien italien La Stampa.

"L'Eglise n'est pas obscurantiste, elle est toujours prête à accueillir les vrais progrès scientifiques, c'est-à-dire ceux qui ne menacent ni ne manipulent la vie", a déclaré le cardinal Barragan.

Des chercheurs américains ont annoncé avoir identifié une source de cellules souches dans le liquide amniotique, qui entoure le foetus, à partir desquelles ils ont réussi à créer divers cellules et tissus spécialisés (cellules nerveuses, de foie, d'os...). Leur étude a été publiée par la revue américaine Nature Biotechnology.

"C'est une découverte d'une grande importance", a estimé le représentant du Vatican. "L'embryon ne doit pas être traité comme un simple matériel d'expérimentation, ou comme un objet de manipulations dans le cadre d'une ingénierie génétique qui ne respecterait pas la vie en tant que telle", a-t-il souligné. En revanche, "nous disons oui à l'ingénierie génétique dés lors qu'elle respecte la vie", a-t-il ajouté."
   
       O
n ne peut que se réjouir de ce constat journalistique.

    D'une part, il en résulte que ceux qui accusent l'Eglise d'être opposée à la recherche et au progrès scientifique se trompent. Simplement, elle pose des exigences morales et éthiques, ce qui est indispensable au regard de ce que l'histoire nous enseigne quant à l'inhumanité des méthodes auxquelles l'homme peut parfois accepter de recourir.

    D'autre part, cela prouve que l'Eglise a raison d'être exigeante envers la recherche, car d'autres voies d'expérimentation peuvent être menées, qui sont respectueuses de ce qui nous est le plus essentiel, la vie. Même si elles sont peut-être plus longues ou plus compliquées - ce qui n'est d'ailleurs pas avéré - elles existent.

    Par analogie, on a expliqué pendant longtemps que les expérimentations animales pour les produits cosmétiques (et donc non-indispensables à la subsistance) étaient nécessaires. Elles n'en étaient pas moins choquantes, mais en réalité moins coûteuses. Et l'on a aujourd'hui réussi à les supprimer, sans que toutes les personnes qui se crèment ne soient affectées de démangeaison ou de furoncles.

    Cela veut dire qu'on peut refuser que la recherche soit effectuée à tout prix et selon toute modalité: la fin ne justifie pas les moyens. La difficulté serait d'ailleurs celle de la limite tolérée: si l'on autorise à ne pas respecter la vie à l'un de ses stades, il est évident qu'il n'existe plus de norme objective à ne pas la violer à un autre stade, au gré des moeurs ou des modes.

    Cela signifie également que l'on est en droit de s'interroger sur le caractère éthique de certaines des expérimentations, par exemple, financées par le téléthon sans être immédiatement accusé de vouloir nuire à une oeuvre de générosité participant activement à soigner des enfants ou au progrès scientifique : là encore, la fin (des plus louables) ne justifie pas les moyens.

    Il en va de la liberté d'expression et de conscience, que le politiquement ou médiatiquement correct n'a aucun droit de faire taire, pour n'avoir d'autres préoccupation que de faire continuer le spectacle sans que les spectateurs ne puissent s'interroger sur des questions éthiques pourtant fondamentales. Il en va bien plus encore de l'ordre naturel et du devenir même de l'homme, que l'atténuation de ces principes peut livrer à tous les arbitraires et tous les totalitarismes, comme l'histoire récente, une fois de plus, devrait nous l'avoir enseigné.
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F
Claude,Pour prendre un exemple, on sait que dans certains pays d’Amérique du sud, on sauve des gens en leur greffant des organes pris sur des enfants des rues. Cela soigne des gens (riches), mais cela est moralement inacceptable. Or, d’autres solutions d'organisation existent comme c’est le cas en Europe. Donc, on peut attirer l’attention sur l’immoralité de la première pratique et demander de procéder différemment, même si elle soigne des gens.Je pense que c'est pareil pour la recherche : si deux possibilités existent pour soigner, il faut recommander la moins néfaste. Et ce n'est pas s'opposer à la santé des gens. Cordialement.
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M
Monsieur Claude,<br /> Je me permets d'apporter une précision quand vous dites que l'Eglise dit travailler au nom de la solidarité : non seulement elle dit, mais je dois dire qu'elle le fait. Car il faut voir le travail considérable fait dans chaque Eglise (au moins à Paris et dans les villes que je connais) pour aider, nourir, vêtir et assister les plus démunis au quotidien. Et ce sont des bénévoles qui aident et sans publicité. Merci.
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C
Désolé, mais c'est n'importe quoi. Le téléthon, justement, apporte de la solidarité et si l'Eglise comme elle le dit, est là pour travailler à la solidarité, alors on ne comprend pas son message. La science évolue, vous le dites vous même, et tout le monde en profite. Pourquoi la morale s'opposerait à la sante des gens ?
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L
Claude,<br /> <br /> Merci de votre commentaire.<br /> <br /> Ce que nous voulons dire est que quand plusieurs méthodes existent pour soigner de la même manière des individus, ou obtenir les mêmes résultats scientifiques, l'Eglise (comme tout individu) est fondée à demander que soit choisie celle qui est la moins dangereuse et la plus respectueuse de la vie (même à l’état d’embryon).<br /> <br /> Tel est le cas, en l'espèce et il nous semble donc légitime d'attirer l'attention sur l'immoralité et les dangers de certaines méthodes et de demander qu'il soit procédé différemment. <br /> <br /> Espérant avoir clarifié le sens de notre texte, nous vous souhaitons nos meilleurs voeux.
F
C'est vrai. Mais comme on sait qu'en France la grande majorité des donateurs sont des catholiques, le téléthon a du avoir peur qu'on évoque même ce sujet et a réagi assez mal. Or,  l'Eglise n'a pas appelé au boycott du téléthon, mais simplement à faire attention. ELle a posé une  question particulièrement importante pour tout humain, croyant ou pas et il est dommage que la réponse ait été le mépris, la tentative de discrédit ou l'accusation.Et les catholiques peuvent être généreux, même en réflichissant ou en indiquant des lignes à ne pas franchir pour ceux qui sollicitent leur argent, comme on l'a vu pour le téléthon. Mais ce n'et pas aux scientifiques de décider de ce qui peut se faire ou pas en recherche, pas plus qu'aux organisateurs du téléthon et ils n'ont pas à interdire le débat sur ces questions importantes (même au nom de leur business).Cordialement.
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