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Principes chrétiens pour la vie de l'entreprise (I) : la valeur du travail

     Parler de la vie économique impose également d'aborder la question de la vie de l'entreprise, qui, c'est une évidence, est à la fois au coeur de l'activité économique et déterminante de la vie de ceux qui y travaillent.

    La doctrine catholique ne peut bien sûr pas être indifférente à ce sujet, pour lequel elle propose des guides et principes d'action, dont certains feront l'objet ici d'un bref résumé. Or, leur source est inévitablement, outre une certaine conception de l'homme, une conception particulière du travail lui-même. A ce sujet, s'"il n'appartient pas à l'Eglise d'analyser scientifiquement les conséquences possibles de tels changements sur la vie de la société humaine", "l'Eglise estime de son devoir de rappeler toujours la dignité et les droits des travailleurs, de stigmatiser les conditions dans lesquelles ils sont violés, et de contribuer pour sa part à orienter ces changements vers un authentique progrès de l'homme et de la société" (Jean-Paul II, Encycl. Laborem exercens).

I- Le travail. Sur ce point, on se reportera utilement à l'encyclique 
Laborem exercens du Pape Jean-Paul II.

(1) La définition de la notion de travail est déterminante.

"C'est par le travail que l'homme doit se procurer le pain quotidien et contribuer au progrès continuel des sciences et de la technique, et surtout à l'élévation constante, culturelle et morale, de la société dans laquelle il vit en communauté avec ses frères. Le mot «travail» désigne tout travail accompli par l'homme, quelles que soient les caractéristiques et les circonstances de ce travail, autrement dit toute activité humaine qui peut et qui doit être reconnue comme travail parmi la richesse des activités dont l'homme est capable et auxquelles il est prédisposé par sa nature même, en vertu de son caractère humain. Fait à l'image, à la ressemblance de Dieu lui-même dans l'univers visible et établi dans celui-ci pour dominer la terre, l'homme est donc dès le commencement appelé au travail. Le travail est l'une des caractéristiques qui distinguent l'homme du reste des créatures dont l'activité, liée à la subsistance, ne peut être appelée travail; seul l'homme est capable de travail, seul l'homme l'accomplit et par le fait même remplit de son travail son existence sur la terre. Ainsi, le travail porte la marque particulière de l'homme et de l'humanité, la marque d'une personne qui agit dans une communauté de personnes; et cette marque détermine sa qualification intérieure, elle constitue en un certain sens sa nature même" (Jean-Paul II, Laborem exercens, introduction).

"L'enseignement de l'Eglise a toujours exprimé la conviction ferme et profonde que le travail humain ne concerne pas seulement l'économie, mais implique aussi et avant tout des valeurs personnelles. Le système économique lui-même et le processus de production trouvent leur avantage à ce que ces valeurs personnelles soient pleinement respectées" (Jean-Paul II, Laborem exercens, 15.).

Le travail, qui a une acceptation objective et une acception subjective, doit être compris dans sa dimension spécifique de condition de la dignité de l'homme.

"Le travail au sens objectif constitue l'aspect contingent de l'activité de l'homme, qui varie sans cesse dans ses modalités avec l'évolution des conditions techniques, culturelles, sociales et politiques. Dans le sens subjectif, il se présente, au contraire, comme sa dimension stable, car il ne dépend pas de ce que l'homme réalise concrètement ni du genre d'activité qu'il exerce, mais seulement et exclusivement de sa dignité d'être personnel. La distinction est décisive, aussi bien pour comprendre quel est le fondement ultime de la valeur et de la dignité du travail, qu'en fonction du problème d'organisation des systèmes économiques et sociaux respectueuse des droits de l'homme" (Compendium, n° 270).

"Le travail est une expression essentielle de la personne, il est «actus personae». Toute forme de matérialisme et d'économisme qui tenterait de réduire le travailleur à un simple instrument de production, à une simple force-travail, à une valeur exclusivement matérielle, finirait par dénaturer irrémédiablement l'essence du travail, en le privant de sa finalité la plus noble et la plus profondément humaine. La personne est la mesure de la dignité du travail : Il n'y a en effet aucun doute que le travail humain a une valeur éthique qui, sans moyen terme, reste directement liée au fait que celui qui l'exécute est une personne" (Compendium, n° 271).

Entre ces deux acceptions, la dimension subjective du travail doit être privilégiée, car elle est à la mesure de celui qui l'accomplit, l'homme, sans réduire l'activité  à un mécanisme technique :

"Si cette conscience vient à manquer ou si l'on ne veut pas reconnaître cette vérité, le travail perd sa signification la plus vraie et la plus profonde: dans ce cas, hélas fréquent et diffus, le travail et même les techniques utilisées deviennent plus importants que l'homme lui-même et, d'alliés, se transforment en ennemis de sa dignité" (Compendium, n° 271).

Il faut ainsi toujours garder à l'esprit que l'homme est l'acteur autant que la finalité du travail qu'il accomplit.

"Non seulement le travail humain procède de la personne, mais il lui est aussi essentiellement ordonné et finalisé. Indépendamment de son contenu objectif, le travail doit être orienté vers le sujet qui l'accomplit, car le but du travail, de n'importe quel travail, demeure toujours l'homme. Même si on ne peut pas ignorer l'importance de la dimension objective du travail sous l'angle de sa qualité, cette dimension doit être subordonnée à la réalisation de l'homme, et donc à la dimension subjective, grâce à laquelle il est possible d'affirmer que le travail est pour l'homme et non l'homme pour le travail et que le but du travail, de tout travail exécuté par l'homme — fût-ce le plus humble service, le travail le plus monotone selon l'échelle commune d'évaluation, voire le plus marginalisant — reste toujours l'homme lui-même" (Compendium, n° 272).

Si le travail présente une dimension personnelle d'accomplissement individuel, il comporte évidemment un enjeu social :

"Le travail d'un homme, en effet, s'imbrique naturellement dans celui d'autres hommes. Plus que jamais aujourd'hui, travailler, c'est travailler avec les autres et travailler pour les autres : c'est faire quelque chose pour quelqu'un. Les fruits du travail aussi offrent l'occasion d'échanges, de relations et de rencontres. Par conséquent, le travail ne peut pas être évalué de façon juste si l'on ne tient pas compte de sa nature sociale :  À moins, en effet, que la société ne soit constituée en un corps bien organisé, que l'ordre social et juridique ne protège l'exercice du travail, que les différentes professions, si étroitement solidaires, ne s'accordent et ne se complètent mutuellement, à moins surtout que l'intelligence, le capital et le travail ne s'unissent et ne se fondent en quelque sorte en un principe unique d'action, l'activité humaine est vouée à la stérilité. Il devient dès lors impossible d'estimer ce travail à sa juste valeur et de lui attribuer une exacte rémunération, si l'on néglige de prendre en considération son aspect à la fois individuel et social" (Compendium, n° 273).

(2) Le travail est une obligation, un devoir de l'homme, d'une part, parce qu'il se réalise ainsi personnellement pleinement et, d'autre part, parce qu'il lui permet d'assumer ses obligations dans la vie de sa famille et de la société.

"L'homme doit travailler aussi bien parce que le Créateur le lui a ordonné que pour répondre aux exigences d'entretien et de développement de son humanité même. Le travail se présente comme une obligation morale par rapport au prochain, qui est en premier lieu la propre famille, mais aussi la société à laquelle on appartient, la nation dont on est fils ou fille, la famille humaine tout entière, dont on est membre: nous sommes les héritiers du travail de générations et, en même temps, artisans de l'avenir de tous les hommes qui vivront après nous" (Compendium, n° 274).

C'est pourquoi chacun doit s'attacher à travailler, quel que soit son activité, en utilisant ses talents et compétences, et l'Etat doit faire en sorte que chacun puisse trouver et exercer un emploi. Le travail est un bien et l'ardeur à l'exercer est une vertu pour l'homme, pourvu que  sa dignité soit respectée dans les conditions et l'exercice de ce travail.

(A suivre)
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P
Une petite compilation des affiches électorales de ces 30 dernières années, ça vous dis? Alors venez faire un tour par ici.
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M
Bonjour Franck!<br /> Merci de ton passage sur mon Blog. Le tien également est très bien fait! Bravo pour ton remarquable travail. Je mets de ce pas un lien dans ma liste des "sites recommandés".
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