23 Mai 2007
Chacun connaît M. Christian Vanneste, député, dont nous avons ici même salué la liberté d’expression et le courage. On sait qu’il a été condamné le 25 janvier dernier, pour « propos homophobes », parce qu’il s’était autorisé à penser et à dire – inouï – que l’homosexualité était « inférieure à l’hétérosexualité ». On sait aussi que Mme Bachelot, aujourd’hui ministre de la santé, avait demandé de ce chef son éviction de l’UMP, comme l’avait également fait M. Donnedieu de Vabres, d’immortelle mémoire, et M. Jean-Luc Romero, conseiller régional UMP et soutien malheureux de M. Bayrou. Mme Pécresse, aujourd’hui ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, s’était opposée à sa réinvestiture à l’UMP en se flattant de ce que la loi qui l’a sanctionné ait été le fait de la même UMP. « O Gloire ! c'est ici que ta puissante voix doit nommer par un juste choix le premier des maîtres du monde (…) ».
Or voici que cet homme, ce délinquant, ce personnage dangereux et immoral, que dis-je, cet ennemi du genre humain, a été reçu à Matignon avec d’autres parlementaires, dans un palais de
Il va ainsi de soi que pour être humaniste, en ce bon pays de France, il faut avoir la haine de M. Vanneste, et communier à l’opinion lobbyesque de ses détracteurs selon laquelle l’homosexualité est en tous points égale, en droit, en normalité, en utilité sociale et en dignité à l’hétérosexualité. « Une gifle magistrale ». Diable, diable. Ce « magistrale » donne bien à réfléchir. Il se peut, en effet, que cette réception courtoise constitue une bonne leçon de maître délivrée à l'intolérance même.