12 Juin 2007
Il est bon, de temps en temps, de prendre du recul et de méditer notre actualité politique à la lumière de la réflexion des sages.
Les débats politiques sont nourris de cette incantation, “démocratie ! démocratie !”, aussi sonore que creuse, qui s’accommode tant du mépris des peuples, de l’expression de leur volonté et surtout de leur bien. Une incantation, en son ordre, aussi pathétique et vaine, que le “Seigneur ! Seigneur !” de l’Evangile dans le sien. Parole, parole…
La démocratie n’a d’avenir qu’autant qu’elle a une histoire, comme un arbre n’a d’avenir que par ses racines. N’en déplaise à M. Chirac et aux siens, et à tous ceux qui communient avec lui dans les mêmes incultures ou les mêmes amnésies, ces racines sont chrétiennes et il ne peut être fait ni pensé qu’il en soit autrement.
C’est le sens de cette réflexion de Robert SCHUMAN (1886-1963), le "père de l'Europe", que nous citons ici, telle qu’il l’a exprimée dans son ouvrage intitulé "Pour l'Europe". Cette réflexion, parce qu'elle touche à l'essence des choses, ne laisse pas d'être actuelle : et quant au contenu des projets législatifs immoraux que nous avons déjà analysés, et quant aux risques que lui font courir les têtes folles qui se proposent de les conduire à terme.
« L’Europe, c’est la mise en œuvre d’une démocratie généralisée dans le sens chrétien du mot (…). La démocratie doit son existence au christianisme. Elle est née le jour où l’homme a été appelé à réaliser dans sa vie temporelle la dignité de la personne humaine, dans sa liberté individuelle, dans le respect des droits de chacun et par la pratique de l’amour fraternel à l’égard de tous. Jamais avant le Christ, pareilles idées n’avaient été formulées. La démocratie est ainsi liée au christianisme, doctrinalement et chronologiquement. Elle a pris corps avec lui, par étapes, à travers de longs tâtonnements, parfois au prix d’erreurs et de rechutes dans la barbarie »
« (…) Le christianisme a enseigné l’égalité de nature de tous les hommes ; enfants d’un même Dieu, rachetés par le même Christ, sans distinction de race, de couleur, de classe et de profession. Il a fait reconnaître la dignité au travail et l’obligation pour tous de s’y soumettre. Il a reconnu la primauté des valeurs intérieures qui seules ennoblissent l’homme. La loi universelle de l’amour et de la charité a fait de tout homme notre prochain, et sur elle reposent depuis lors les relations sociales dans le monde chrétien. Tout cet enseignement et les conséquences pratiquent qui en découlent ont bouleversé le monde ».