21 Février 2012
Nous reprenons ici, la traduction du Prologue de l'ouvrage "Développement et vitalité de l'Eglise", du Père J. G. Arintero, si utile à méditer dans les conflits qui opposent au sein de l'Eglise, aujourd'hui comme hier, les anciens et les modernes - entre lesquels seule une voie moyenne d'équilibre et de "juste milieu" est sage [cf. article précédent].
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e défaut de don de science fait perdre le vrai sens de la réalité et jusqu’à la capacité même, dans la pratique, d’offrir la vérité sous tous ses aspects. Celui qui ne sait présenter que l’ancien sans rien de nouveau, ou l’inverse, quoi qu’il en pense, n’est pas versé dans les choses de Dieu, car s’il l’était, il tirerait avec sagesse de l’inépuisable trésor de la divine Tradition le nouveau de l’ancien (Matthieu 13, 52). Selon l’ordre des choses, il y a lieu de tirer d’abord le nouveau, qui est ce qui attire le plus, sans omettre ce sans lequel il n’est rien : «Nova et vetera». Il se garderait aussi d’enfermer le vin nouveau - celui des progrès légitimes - dans des outres si vieilles et si usées qu’elles le gâtent ou le gaspillent faute de pouvoir le contenir sans qu’il ne se corrompe (Luc 5, 37). « Le vin nouveau doit être mis dans de nouvelles outres » (Marc 2, 22).
Ainsi, il ne suffit pas qu’une chose soit ou paraisse nouvelle pour qu’on doive la tenir pour mauvaise ou suspecte ; toutes les grandes rénovations, les inventions ou les institutions par lesquelles Dieu est venu au secours de son Eglise, ont commencé comme des nouveautés, et, de fait, elles furent dénoncées comme telles par les paresseux et les pusillanimes (1). Il est donc nécessaire de les examiner et de les éprouver pour en retenir ce qui est bon (1 Thess. 5, 21). Ce bon et ce nouveau dont nous avons tant besoin - au regard des conditions nouvelles de la vie - les coeurs assoiffés de justice les sentent ou les pressentent bien avant les intelligences curieuses et subtiles qui ne veulent rien voir qu’à force de syllogismes ou, ce qui est pire, selon de pauvres visées humaines, toujours si disproportionnées et si éloignées des pensées divines (2).
(à suivre)
(2) Cf. Rom. 8, 5-8 ; 1 Cor. 1, 18-25 ; 2, 6-16 ; 3, 18-20 ; C’est pourquoi la Doctrine de Apôtres dit ceci : « Tout prophète qui parle en esprit, ne le mettez pas à l'épreuve et ne le jugez pas, car tout péché sera remis, mais ce péché-là ne sera pas remis » (Cf. Didaché, XI, 3). Cf. Mt 12, 32 ; Lc 12, 10.