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Les premiers chrétiens : les persécutions (10)

3. Valérien et les finances de l’Empire


pc-copie-1.jpgLa quatrième année du règne de Valérien (257) se produisit une persécution contre les chrétiens aussi dure et cruelle qu’imprévue. Il ne s’agissait cependant pas de religion, mais d’argent. Le conseiller impérial, Marcus Fulvius Macrianus, dit Macrien [l’un des 30 usurpateurs qui prirent la pourpre sous l’Empereur Gallien], poussa Valérien à remédier à la situation précaire de l’Empire par la saisie des biens des chrétiens. Il y eut alors d’illustres martyrs, tels que l’évêque saint Cyprien, le Pape Sixte II, le diacre Laurent. Il ne s’agissait en réalité, sous couvert de motifs idéologiques, que d’un vol, lequel prit fin avec la mort tragique de Valérien. En 259, il fut fait prisonnier par les Perses avec toute son armée et réduit en esclavage, jusqu’à sa mort (1).


Les quarante années de paix qui suivirent favorisèrent le développement interne et externe de l’Eglise. Bien des chrétiens accédèrent aux charges les plus élevées de l’Etat, dont ils se montrèrent les serviteurs compétents et honnêtes.

 

4. Le désastre financier retombe sur Dioclétien


En 271, l’Empereur Aurélien ordonna à ses soldats et aux citoyens romains d’abandonner aux Goths la vaste province de Dacie et ses mines d’or : la défense de ces terres avait déjà coûté trop de sang. Comme il n’y avait plus de provinces à conquérir et à exploiter, toute l’attention se tourna vers le citoyen individuel. S’abattirent sur lui impôts, obligations, prestations de toutes sortes [entretien des aqueducs, des canaux, des égoûts, des chemins, des édifices publics, etc.] de plus en plus lourdes. En rigueur de termes, chacun ne savait plus s’il travaillait pour survivre ou pour payer des impôts.

 

Diocletien.jpgEn 284, après une brillante carrière militaire, Dioclétien [ci-contre], d’origine dalmate, fut acclamé Empereur. A cause du désastre des provinces, les impôts furent désormais dus à la fois “per capita” (par chaque citoyen) et par “jugum”, c’est-une selon une unité agraire qui variait selon la nature du sol et de la culture. La collecte de l’impôt fut confiée à une énorme bureaucratie, très coûteuse pour l’Etat. Rien ne lui échappait. Elle rendait impossible toute soustraction fiscale, punissant de châtiments inhumains tous ceux qui s’y essayaient. Les impôts étaient si lourds qu’ils ôtaient toute envie de travailler. Le remède apporté fut dès lors seulement d’interdire l’abandon du poste de travail, du lopin de terre cultivé, de l’atelier, de l’uniforme militaire. « Commença ainsi - écrit F. Oertel, professeur d’histoire ancienne à l’Université de Bonn - la féroce tentative de l’Etat de pressurer la population jusqu’à la dernière goutte (...). Sous Dioclétien fut réalisé un socialisme intégral d’Etat : terrorisme des fonctionnaires, très forte limitation de l’action individuelle, immixtion étatique progressive, fiscalité pesante ».


(à suivre)

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NOTE

Valerien-copie-2.jpg(1) Ndt.- Voici le récit que fait Lactance de ces circonstances « L'empereur Valérien fut possédé d'une semblable manie [la persécution des chrétiens], et son règne, quoique de peu de durée, coûta beaucoup de sang aux fidèles. Mais Dieu lui fit sentir un châtiment tout nouveau, pour servir de témoignage à la postérité, qu'enfin les méchants reçoivent la peine due à leurs crimes. Ce prince fut pris par les Perses, et non seulement il perdit l'Empire, dont il avait insolemment abusé, mais encore la liberté qu'il avait ôtée aux sujets de l'Empire. Il passa même le reste de sa vie dans une honteuse servitude. Car toutes les fois que Sapor, roi de Perse, voulait monter à cheval ou dans son chariot, il commandait à ce misérable de se courber et mettait le pied sur son dos. Il lui reprochait avec une raillerie amère que son esclavage était une vérité, au lieu que les triomphes que l'on faisait peindre à Rome n'étaient que des fables. Ce prince captif vécut encore quelque temps, afin que le nom romain fût plus longtemps le jouet de ces barbares. Le comble de ses maux fut d'avoir un fils empereur, et de n'avoir point de vengeur; car personne ne se mit en devoir de le délivrer. Au reste, après qu'il eut perdu la vie au milieu de tant d'indignités, ces barbares lui ôtèrent la peau, qu'ils peignirent de rouge, et la suspendirent dans un temple comme un monument de leur victoire, et pour enseigner aux Romains à ne pas prendre trop de confiance en leurs forces. Dieu s'étant vengé si sévèrement de ses sacrilèges ennemis, n'est-ce pas une chose étonnante que quelqu'un ait eu encore l'audace d'insulter à la majesté de ce maître de l'univers ? » (De la mort des persécuteurs, 5).

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