11 Janvier 2007
L'Osservatore Romano, dans son édition quotidienne du 11 janvier 2007, relève qu'avec le décès, hier, d'un motard, la célèbre course en est à son 54ème mort, parmi lesquels huit enfants et deux femmes. Le journal du Vatican se livre à une critique très sévère de cette « course cruelle de l'irresponsabilité », en parlant de « sillage de sang » s’allongeant d’année en année. Il fustige également la violence que constitue ce type d’exportation d’un modèle « occidental » dans des milieux humains et des écosystèmes qui lui sont étrangers, et « l’attitude cynique » et irresponsable qui porte à les traverser en y abandonnant notamment des épaves de véhicules accidentés.
On touche ici du doigt un autre de ces paradoxes de nos sociétés, qui en sont riches, et qui les conduisent à se bercer de trémolos sur l’écologie ad intra, et à la mépriser quand elle concerne d’autres peuples. Que ne sacrifierait-on pas, d'ailleurs, pour se griser et "s'éclater" ? Imaginons cependant un seul instant ce qu’il en serait si une telle course avait lieu chez nous, à grand renfort de pubs et de sponsors, lançant motos, voitures et camions, plein pots, à travers prairies et villages, écrasant ici une vieille dame, là un bambin, avec, ici et là, quelques débris de camion explosés... Mazette, qu'est-ce qu'on s'amuserait!