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"Régimes spéciaux" (sic) : le mépris des prébendiers

Les mœurs sociales françaises sont telles, à l’heure actuelle, qu’il n’est pas (encore) possible de penser une rentrée sans que cette pensée contienne l’idée de “grèves”. Cela fait partie des engluements de notre système et de celui de cette partie de la population qui l’impose rituellement aux autres.

Le rappel de la constitutionalité du droit de grève n’est pas ici utile, pour être assez rappelée. Au reste, ce n’est pas le droit qui est en cause, mais la légitimité de son recours. Au regard du simple sens commun, il est clair qu’il n’existe jamais de droit absolu et que tout droit trouve sa limite dans l’abus qui peut en être fait.


L’Eglise, on le sait, reconnaît la légitimité du droit de grève. Elle l’analyse comme une sorte de droit de légitime défense, qui trouve à s’exercer lorsque « toutes les autres modalités de dépassement d’un conflit se sont révélées inefficaces ». Dans cette mesure, ce droit doit s’exercer en « vue d'un bénéfice proportionné ». Comme tous les droits dont l’exercice à une incidence publique, il est borné par le bien de la cité. Dès lors la grève devient « moralement inacceptable lorsqu'elle s'accompagne de violences ou encore si on lui assigne des objectifs non directement liés aux conditions de travail ou contraires au bien commun » (Compendium de doctrine sociale, n. 304).


Le gouvernement se propose de réformer ce qu’il est convenu, par euphémisme, d’appeler les « régimes spéciaux ». Les habituels prébendiers des deniers publics grognent pour défendre leurs “droits acquis”, lesquels sont financés par une immense majorité de Français qui ne peuvent, eux, y prétendre.


Loin de choquer ces bonnes âmes, cette circonstance leur paraît elle-même normale. Et pour défendre cette profitable inégalité, lesdits prébendiers n’hésitent pas à menacer de paralyser les transports en cette période de coupe du monde (ça devient une manie…) de rugby. Eloquente menace. En un temps où le sport et les jeux du cirque occupent une telle place dans les préoccupations ludiques et financières de nos contemporains - c'est ainsi, il était difficile d’exprimer avec plus de mépris des autres l’attachement à ses privilèges. Quant au sens du bien commun, c'est encore une autre affaire.

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