11 Septembre 2007
Invité cet été au Congrès célébrant le 125ème anniversaire des Knights of Colombus (cf.) – dont le regretté cardinal Edouard GAGNON (1918-2007) était membre, le cardinal T. BERTONE, Secrétaire d’Etat, a donné une conférence sur le thème de "la foi en action", c'est-à-dire sur l'engagement du chrétien consécutif, dans la vie sociale, à son acquiescement donné à la personne du Christ. Nous donnons ici quelques extraits de ce discours, propre à stimuler nos engagements.
Quelle est l'essence de cet acquiescement, et comment le vivre comme laïc ? s'est-il interrogé. Cet acquiescement, ce "Oui" donné au Christ « est tout simplement le "Oui" de la foi. C'est notre pleine acceptation, sans réserve, de Jésus comme Seigneur et notre engagement à le suivre comme maître et enseignant. En effet, le mot "oui" n’a de sens que dans le contexte d’un dialogue entre deux personnes : celle qui le prononce et celle qui l’accepte. Dans le cas de la foi, la personne à qui nous adressons ce "Oui" n'est autre que le Fils de Dieu, l'Oint, le Verbe éternel fait chair. Le Pape Benoît XVI a souligné le besoin urgent pour chacun d'entre nous de rencontrer Jésus ; bien plus, il a montré et continue de montrer – tant par ses paroles que par sa vie – que l’accomplissement véritable, la joie et la paix durable ne peuvent être trouvés qu’en disant "Oui" au plan divin du salut tel qu’il a été révélé dans la personne de Jésus-Christ. Ce n’est que dans la communication intime avec le Fils incarné de Dieu que nous découvrons la grâce de “mettre notre foi en action” ».
L’apostolat, souligne le cardinal Bertone, ne peut trouver sa profondeur et sa persévérance que dans cet enracinement.
« (…) C'est précisément le message adressé par le pape Benoît XVI dans sa lettre encyclique Deus Caritas est. Comme on lui demandait pourquoi il avait consacré sa première encyclique au thème de l'amour, il répondit qu'il avait souhaité manifester l'humanité de la foi. Ce n’est qu’en vivant la vie de la foi – c'est-à-dire en s’immergeant profondément dans l'amour et la miséricorde de Dieu tels qu’ils sont révélés en Jésus-Christ – que nous sommes rendus capables d’aimer notre prochain comme nous-mêmes et de lui pardonner. Nul ne connaît mieux que les laïcs de l’Eglise les obstacles, les défis et les tentations de découragement auxquels se heurte la vie de la foi dans un monde de plus en plus complexe et contradictoire. Dans leur vie de famille, leur lieu de travail ou dans la vie publique, les laïcs sont continuellement exposés à la tentation de compromettre leur “oui” à Dieu en diluant les valeurs de l’Evangile ou en apposant des limites ou des conditions à l’amour du prochain ».
« (…) Le Saint-Père a souligné, lors de sa visite pastorale au Brésil, les défis uniques lancés par le monde contemporain à la vocation des laïcs. En relevant que l'Amérique est un « continent de chrétiens baptisés », il a affirmé qu’il « était temps de combler l'absence notable - dans la sphère politique, dans le monde des médias et dans les universités - de voix et d’initiatives de chefs catholiques aux personnalités fortes et à l’engagement généreux, qui soient cohérents dans leurs convictions éthiques et religieuses ». Le pape a insisté fortement sur la nécessité pour les chrétiens actifs dans ces milieux sociaux et culturels de sauvegarder les valeurs éthiques. Par-dessus tout, a-t-il dit, « là où Dieu est absent - Dieu avec le visage humain de Jésus-Christ – ces valeurs ne se manifestent pas dans toute leur force, et ne suscitent pas de consensus autour d’elles. Je ne veux pas dire que les non-croyants ne peuvent pas vivre une moralité élevée et exemplaire ; je dis seulement qu'une société dans laquelle Dieu est absent ne trouvera pas le consensus nécessaire sur des valeurs morales ni la force de vivre selon le modèle de ces valeurs, même lorsqu'elles sont en conflit avec des intérêts privés ». En bref, être catholique dans le monde actuel réclame du courage ; pas davantage, cependant, que lorsque Jésus a appelé ses premiers disciples en Galilée ».
Le cardinal Bertone a également mis l’accent sur un aspect essentiel de l’apostolat des laïcs, à savoir la nécessité de tirer “dans le même sens” dans l’Eglise et avec l’Eglise, de travailler dans l’unité et la charité. Cet appel prend un tour particulièrement digne d’intérêt au moment où le pape Benoît XVI appelle, dans l’Eglise universelle – et en particulier dans notre pays – les fidèles à mettre un terme à leurs querelles liturgiques. Mais ce qui vaut à grande échelle vaut aussi à petite, pour chaque diocèse, chaque communauté paroissiale :
« (…) Notre témoignage intégral et persuasif à la vérité de l'Évangile dépend profondément de la capacité des évêques, des prêtres, des diacres, des religieux et des laïcs à travailler ensemble pour la diffusion de Royaume de Dieu en reconnaissant le rôle distinctif de chaque vocation dans le Corps du Christ (…) ».
Il faut chercher à « faciliter la coopération efficace entre vous, vos Évêques, vos pasteurs, les membres du personnel paroissial et les communautés sociales dans lesquelles vous vivez et travaillez. Si votre communauté locale souffre des blessures de la division, qu’elles soient profondes ou non, prenez le temps d'approfondir votre cohésion, car lorsque celle-ci fait défaut dans une famille paroissiale ou une église locale, la capacité de témoigner du Christ dans une société élargie en est affaiblie ».