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Lettre "Summorum pontificum" : jour J

    C’est aujourd’hui qu’entre officiellement en application la Lettre apostolique Summorum pontificum du 7 juillet 2007. Par ce document, rappelons-le, le pape Benoît XVI a décidé de favoriser l’accès des fidèles qui le désirent à ce qu’on a longtemps appelé la messe de saint Pie V, du nom du pape qui a promulgué cet ancien rite il y a plus de 400 ans (Bulle Quo primum tempore, 14 juillet 1570). Il convient désormais de désigner ce dernier plutôt sous le nom de forme extraordinaire du rite latin, et non pas de messe en latin, comme s’obstinent à l’appeler les journalistes depuis plus de sept lustres, avec une imperméabilité intellectuelle à toute épreuve.

    Cette formule de forme extraordinaire a un triple sens. En premier lieu, elle concède aux traditionnalistes que la forme à laquelle ils sont attachés n’a pas cessé de constituer un rite de l’Eglise latine. En deuxième lieu, elle invite leurs détracteurs à la considérer et à la respecter comme telle. Enfin, en troisième lieu, elle tend à atténuer les oppositions radicales que les opposants du conflit liturgique de ces quarante dernières années ont cru devoir profondément souligner. Le pape a explicitement apporté à ce troisième point le corollaire suivant, dans la lettre qu’il a adressée à l’épiscopat le 7 juillet 2007 : « Evidemment, pour vivre la pleine communion »
, à laquelle tend le nouveau motu proprio, « les prêtres des communautés qui adhèrent à l'usage ancien ne peuvent pas (...), par principe, exclure la célébration selon les nouveaux livres. L'exclusion totale du nouveau rite ne serait pas cohérente avec la reconnaissance de sa valeur et de sa sainteté ».

    Ainsi donc, le message est clair : pacification et effort d’intelligence réciproque autour d’une unique lex credendi et d’une unique lex orandi, quelles que soient les modalités empruntées.

    Il ne s’agit pas en cela de céder à une manie de pluralisme, dans l’air du temps, mais de faire œuvre de vérité, de justice et de paix. Il est vrai que dans les dialectiques entretenues de part et d’autre, le souci de l’unité de l’Eglise, qui constitue pourtant une note structurelle essentielle de cette dernière, et la recherche effective du bien de la charité ne sont pas toujours premiers. Le pape trace à chacun sa voie. L’Eglise n’est pas un conglomérat de partis en luttes, et si d’aventure elle le devient, il est anormal de s’y résigner. L’idéal de l’Eglise est celui d’une communion fraternelle, qui peut et doit réaliser analogiquement ce que le Christ a dit de la maison du Père, laquelle offre à tous un accueil en plusieurs demeures. S’il est vrai que le chrétien est fondamentalement un pèlerin, et qu’il avance à pas de conversions, alors l’accueil des intentions du pape entre dans la démarche de chacun.

    Souhaitons bonne chance à l'application de ce document et beaucoup d'intelligence aimante et de discernement à ceux qui seront engagés, de part et d'autre, dans son application.

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