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Le Motu proprio : applications et ambiguïtés

benoit-xvi.jpg     La France est décidément une drôle de contrée. En certains pays d’Europe, la lettre apostolique du pape Benoît XVI n’était pas plutôt publiée que les épiscopats locaux, sans calcul ni retard, en faisaient application, allant jusqu’à devancer les desiderata des fidèles. Puisque l’ordo du Bx Jean XXIII et celui de Paul VI constituent un unique rite latin, en deux formes appelées à se nourrir l’une l’autre, pourquoi ne pas les appliquer ensemble ? C’est la volonté manifestée par le pape, successeur de Pierre, et c’est ce que la raison commande, tant au regard des divisions existant dans l’Eglise que des carences que les plus objectifs s’accordent à constater dans les deux formes liturgiques, à des degrés certes divers. Que faut-il de plus ? Eh bien non, chez nous, cela ne suffit pas.

Cela ne suffit pas parce que, chez nous, rien ne doit être pareil qu’ailleurs. Un évêque français expliquait que notre contexte est spécial, à cause de notre propre histoire. Bien sûr. Mais si nous ne nous trompons pas, tout conflit s’exprime en histoire, et en histoires. Où que ce soit. Le propre d’un document comme celui que le pape a promulgué est d’en surmonter les logiques insidieuses, les raidissements, les fermetures irrationnelles. C’est à l’intelligence et au cœur qu’il s’adresse, à la bonne volonté et à la volonté bonne, c'est-à-dire orientée, voire traînée, si nécessaire, par la charité, et au-delà des contentieux. Est-ce toujours le cas ? A l’évidence, loin s’en faut puisqu’on observe ici ou là des réactions pastorales qui tendent à interpréter le document pontifical comme s’il ne s’agissait que d’un calque du Motu proprio de 1988 – entendez par là le Motu proprio tel que les pasteurs en question l’ont alors souvent interprété pour le vider de sa substance. Le pape Benoît XVI a beau rappeler qu’ainsi ont été manquées des occasions manifestes de réconciliation, rien n’y fait. A qui ne veut pas se résoudre à aimer, rien ne le presse, pas plus pour le présent que par le passé. Cela aussi fait partie de l’histoire, et d’une histoire douloureuse pour beaucoup. Une histoire malheureuse et, pourquoi ne pas le dire : une histoire souvent évangéliquement honteuse.

    Mais il faut être juste. Pour l’être il faut d’abord reconnaître ce fait : bien des pasteurs, qui se sont montrés initialement très hostiles au projet du pape, s’y sont finalement rangés. Parfois, sans doute, parce qu’ils pensaient, rassurés, que cela ne changerait rien à la situation acquise. Ils ne prenaient donc aucun risque à accepter un texte qui trouverait sa place en leur bibliothèque, où il pourrait gentiment vieillir à côté du Motu proprio de feu le pape Jean-Paul II… Parfois, aussi, par vertu, au sens où ils ont choisi loyalement, contre leur inclination première, d’entrer dans l’intention pacificatrice du Saint-Père. A ceux-là, qu’anime un esprit d’apôtre du Christ, va notre profonde gratitude.

Etre juste, c’est aussi reconnaître que la tâche n’est pas aisée. Bien sûr, sur le papier, tout est simple. Il suffit de s’en rapporter au paragraphe 5 de la lettre apostolique. Vous disposez d’un « groupe stable » pour assister à la messe selon la forme extraordinaire ? Très bien, vous l’aurez ! Cependant, la pratique est plus complexe. L’histoire, puisqu’elle est invoquée, apporte sa leçon de choses. Et elle n’est pas forcément rassurante. Bien des groupes traditionalistes, on le sait, ne se sont séparés de Mgr Lefebvre, en 1988, que pour cette seule raison : non pas parce qu’il a eu tort, mais parce qu’il a été trop loin. Partir avec lui à l’aventure, en rupture déclarée avec le pape, sacrer des évêques, c’était trop. Mais sur le fond, bien des traditionalistes d’alors n’ont pas bougé d’un iota dans leurs positions intellectuelles. Il suffit de parcourir les pages du symptomatique Forum catholique, par exemple, dont on s’étonne autant du titre que des précautions qu’il prend pour le justifier, pour s’en convaincre. Près de 20 ans plus tard, on y rencontre les mêmes ingrédients : volontarisme forcené, libre-examen élevé au rang de discipline olympique, injures et hérésies, zèle haineux, on rencontre de tout – au milieu, il est vrai, de saines et réconfortantes exceptions – dans un pot commun de critiques systématiques et d’inintelligences obstinées mettant librement en cause la réforme liturgique, la hiérarchie et le concile.

Dans l’entretien de Mgr Ricard, que nous avons rapporté il y a peu, celui-ci déclarait : « Par santé spirituelle, je ne consulte jamais les sites intégristes. Leur violence me ferait douter qu’une réconciliation soit possible… ». En vérité, pour parler ainsi, il paraît au moins nécessaire de les avoir consultés une fois. L’expérience est alors instructive, et le doute évoqué malheureusement justifié. Il est toujours difficile de s’exprimer sur ce sujet parce qu’il y a bien sûr de nombreux traditionalistes loyaux, ce que les évêques savent bien eux-mêmes, qui ne vivent plus dans les étroites catégories mentales de leurs aînés. Il y a aussi beaucoup de gens, qui, sans être traditionalistes, souhaitent accéder aux richesses de la forme liturgique extraordinaire. Mais il y aussi beaucoup d’hypocrisies, de doubles langages, volontaires ou non, parce que les esprits sont profondément déformés. Ce n’est pas sans dommage que l’on se laisse convaincre, dès l’enfance, que l’on est dépositaire exclusif de la vérité ecclésiale – de la fameuse Eglise de toujours – et d’une Tradition dont on se réserve de définir soi-même les contours.

    Le pape, en promulguant la lettre apostolique que nous évoquons, a pris soin de souligner fortement qu’il allait de soi qu’on ne pouvait prétendre à l’usage de l’ordo du Bx Jean XXIII si l’on ne reconnaissait pas aussi la sainteté de celui de Paul VI. Comment pourrait-il rationnellement en être autrement si l’on admet que les deux ordos sont deux formes d’un unique rite latin ? Admettre l’ordo du Bx Jean XXIII comme rite extraordinaire, pour en bénéficier comme tel, c’est nécessairement reconnaître la pleine valeur du rite ordinaire comme tel. Personne n'est obligé d'admettre cette articulation des deux rites, ni les qualifications qui en découlent, qu'il est permis de juger volontaristes à certains égards. Mais si on les admet, alors il faut en tirer les conséquences rationnelles et théologiques.

D’aucuns se sont jetés, clercs ou laïcs, sur la lettre apostolique qui leur ouvre cet usage, en vantant la gloire d’un pape si généreux et si clairvoyant, si bien de chez eux en somme. Cependant, dans le même temps, ils ignorent superbement l’exigence énoncée par ce même pape au sujet de la forme ordinaire du rite, comme ils n’entendent rien savoir du concile, cause toujours supposée de tous les maux. Ils vont réclamer leur droit à, en bons modernes, sans se sentir liés par rien, sans concevoir seulement la duplicité de leur langage et de leur comportement. Ils continuent de diffuser le fameux Bref examen critique des cardinaux Ottaviani et Bacci (1), qui présentait la messe “de Paul VI” comme éloignée dans l’ensemble comme dans le détail de la théologie catholique de la messe, et certains prêtres pourtant gagnés de papolâtrie rejettent toute éventualité de jamais la célébrer, en s’abritant derrière des arguties à quatre sous, parce que cette célébration constituerait à leurs yeux une faute morale. On a beau avoir l’esprit large, où est l’honnêté intellectuelle en tout cela, et l’élémentaire loyauté naturelle qu’un évêque est parfaitement en droit d’attendre soit de clercs, soit de fidèles qui se présentent à lui ?

Très récemment, l’évêque d’Amiens, Mgr Jean-Luc Bouilleret, a opposé une fin de non-recevoir à des traditionalistes de la Fraternité Saint-Pie X, qui réclamaient l’application de la Lettre apostolique du pape Benoît XVI à leur profit, en leur rappelant que ce document « était destiné aux fidèles catholiques en communion avec le Saint Siège »
. On peut juger cette réaction très sévère et inadéquate, parce que le document à appliquer vise à provoquer une unité qui, par hypothèse, n’existe pas, et que cette réaction la rend impossible. De fait, cette réaction semble davantage être raisonnée, encore une fois, et c’est très regrettable, dans le cadre du Motu proprio de 1988 plutôt que dans celui de 2007. Cependant, pour sévère qu’elle soit, cette réaction typique n’en est pas moins compréhensible. Comment peut-on avoir la naïveté de penser qu’un évêque accueillera favorablement une telle demande quand ceux qui la présentent estiment que la messe qu’il célèbre n’est pas vraiment catholique ? De qui se moque-t-on ? Et si l'on continue ainsi, comment espérer que les choses s'arrangent jamais ?

Il faut cesser ce jeu de dupes. Le document du pape réclame des évêques une grande générosité et une grande intelligence de l’unité, que l’on ne peut que souhaiter voir se développer davantage. Mais ce n’est pas sans contrepartie. Il est inconcevable de penser qu'il entre dans l’intention du pape qu’un traditionaliste puisse bénéficier de l’avantage offert sans contrepartie. Le pape ne propose pas aux intégristes déclarés ou refoulés de l’être au-dedans plutôt qu’au-dehors, avec un vernis de communion ecclésiale. Il invite à une conversion commune dans l’approfondissement de la lex orandi, pour le bien commun de l’Eglise. Aucun traditionaliste n’est obligé de s’atteler à cette œuvre-là. Mais s’il l’accepte, ce n’est pas trop demander qu’il le fasse avec loyauté. Il y a tout lieu de penser que l'application du motu proprio à laquelle il aspire s'en trouverait grandement facilitée.

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(1) Il convient de rappeler, une fois encore, que le cardinal Ottaviani a rétracté ce document en termes tout à fait explicites et a énergiquement protesté contre l’exploitation qui en était faite. Cette diffusion, sous couvert de l’autorité du grand prélat, constitue donc une escroquerie morale.

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D
Pourquoi cette note : "(1) Il convient de rappeler, une fois encore, que le cardinal Ottaviani a rétracté ce document en termes tout à fait explicites et a énergiquement protesté contre l’exploitation qui en était faite. Cette diffusion, sous couvert de l’autorité du grand prélat, constitue donc une escroquerie morale."<br /> La dernière édition 2004 du bref examen critique des cardinaux Ottaviani et Bacci est préfacée par Mgr Stickler. Il dit ceci : Il est louable et utile de faire de nouveau entendre, 35 ans après, la voix des ces deux princes de lEglise"... Alors Mgr Stickler serait un escroc ?!<br /> Pour l'unité, je vous en prie vérifiez les sources! Amicalement
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L
Chère Madame (ou Mademoiselle),Pourquoi cette note ? Mais parce qu'elle est nécessaire dans les débats, tout simplement. La réédition que vous évoquez se garde évidemment de le faire, ce en quoi elle ne me paraît pas honnête. Tout comme les écrits mettant en avant la résistance de Mgr Lefebvre aux textes du concile Vatican II se gardent de rappeler qu'il les a alors tous approuvés, sans exception. Il faudrait, au minimum, en faire état.Mettons que le mot "escroquerie" soit de trop, je vous l'accorde volontiers. Ce terme procède, à tort, d'un certain agacement. Il est néanmoins certain qu'il y a en la matière restriction mentale à l'égard d'un document pour le moins ennuyeux pour la thèse qu'il contrarie. Cela suffit, me semble-t-il, à exprimer des réserves marquées sur l'usage qui est fait encore aujourd'hui du "Bref examen critique". Les explications hasardeuses de M. Madiran ne sont certes pas de nature à les dissiper.Permettez-moi d'observer que si l'on entend se prévaloir de l'autorité du cardinal Ottaviani, il est en réalité plus respectueux de sa mémoire d'admettre cette rétractation que de la nier. Le "Bref examen" est, en effet, un document objectivement très faible théologiquement, qui procède par affirmations abruptes, et qui culmine dans ces mots que tout le monde connaît, selon lesquels le nouvel ordo s'éloignerait DANS L'ENSEMBLE comme DANS LE DETAIL de la théologie catholique de la messe. Autremet dit, selon cette affirmation - insoutenable au regard des enseignements notamment du concile de Trente - il n'y a RIEN, dans la messe de Paul VI, qui ne soit pas éloigné de cette théologie. Mesure-t-on assez la portée de cette affirmation ? Il faut beaucoup de subtilité pour se convaincre soi-même que cela ne signifie pas que ce "nouveau rite" n'est pas catholique. L'affirmation du "Bref examen" ne porte pas sur les limites de celui-ci mais sur son hétérodoxie.L'argument d'autorité qui en appelle à la préface du cardinal Stickler n'a guère de portée. Libre à ce dernier, qui n'est pas connu pour être modéré, loin s'en faut, de préfacer ce qu'il veut. On n'en saurait tirer aucune conclusion décisive, ni sur la décision de rétractation qu'a pu prendre le cardinal Ottaviani, si sur la valeur intrinsèque du nouveau rite au regard de la théologie catholique de la messe. De mon point de vue (mais ce n'est que le mien), le cardinal Stickler ne s'est pas honoré de cette préface, étant rappelé, tout de même, que le rite à la dénonciation radicale duquel il prête la main, a été célébré par les quatre derniers papes et l'ensemble des évêques de l'Eglise catholique de rite romain.Rien ne nous tient plus à coeur que l'unité que vous évoquez. Peut-être se fera-t-elle MALGRE des ambiguïtés. Après tout, elle est suffisamment importante pour qu'on ne s'accommode pas de devoir passer par là. Mais il ne nous paraît pas que ce soit une bonne voie, pour y tendre, de s'attacher envers et contre tout à des argumentations qui, dans le temps, ont fait la preuve de leurs limites. J'observe à nouveau, pour finir, que je ne vois pas comment on peut à la fois défendre la pertinence du "Bref examen critique" et accueillir l'articulation énoncée par le pape Benoît XVI entre les deux formes de l'unique rite romain. Cordialement, HERMAS.INFO
A
Toussaint, je cherche en vain un début de preuve dans ce texte de Jean Madiran ? Son analyse graphologique est abracadabrantesque. Je lui présenterais deux documents signés de ma main, je parie qu'il aura de la peine à y voir l'oeuvre d'une seule et même personne. Pourtant, je ne suis pas aveugle comme le cardinal Ottaviani et vois ce que je fais quand j'écris. Non, vraiment, ce texte n'a aucun contenu.
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T
La fameuse rétractation du du Cardinal Ottaviani, qui aurait renié son approbation au Bref examen critique démontrant que le novus ordo missæ de Paul VI n’est pas conforme à la foi catholique est un faux grossier, et le grand cardinal ne s’est jamais dédit de sa signature. Voici, pour preuve, l’article de Jean Madiran paru en supplément au numéro 142 d’Itinéraires. Sur la lettre du cardinal Ottaviani à Paul VI Au mois de mars 1970, M. Pierre Lemaire a pris l’initiative de rendre publique et de diffuser une lettre du cardinal Ottaviani à Dom Lafond, moine de Saint-Wandrille, dont le texte a provoqué un trouble considérable parmi les fidèles. Ce texte a fait ensuite le tour de la presse [1], sans que personne, et M. Lemaire moins que tout autre, s’arrête aux invraisemblances majeures de son libellé. M. Pierre Lemaire n’a pas caché qu’il voyait dans cette divulgation un renfort pour sa thèse, selon laquelle le rite nouveau de la messe est une merveille venue du Saint-Esprit par l’intermédiaire d’un acte infaillible du Souverain Pontife. Cette thèse canoniquement et théologiquement insoutenable, M. Pierre Lemaire la soutient comme il peut : c’est, en ce qui le concerne, l’explication de son initiative, sans en être l’excuse. Les deux premières phrases de la lettre à Dom Lafond, il suffit de les lire et de les rapporter à leur objet pour apercevoir en pleine évidence la nature et la portée du mauvais coup. On a fait « approuver » par le cardinal Ottaviani une « Note doctrinale » qui contient une attaque directe, violente et injurieuse contre sa propre personne. Telle est l’anomalie extraordinaire, et décisive, par laquelle s’ouvre la soi-disant « lettre à Dom Lafond ». Ne pouvant contester ni discuter la lettre du cardinal Ottaviani présentant à Paul VI le Bref examen critique de la nouvelle messe, on a imaginé d’en déconsidérer l’auteur. On a machiné de faire contresigner par le cardinal Ottaviani des accusations atroces portées contre lui-même. Le rapprochement des textes suffit à faire éclater la machination. Examinons donc. I. Sous la date du 17 février 1970, on a fait signer au cardinal Ottaviani le texte suivant, adressé à Dom Lafond [2] : « Très Révérend Père : J’ai bien reçu votre lettre du 23 janvier et la Note doctrinale datée du 29 janvier. Je vous félicite pour votre travail qui est remarquable pour son objectivité et la dignité de son expression. » Cette « Note doctrinale » est elle aussi éditée et diffusée par M. Pierre Lemaire, sous le titre : Note doctrinale sur le nouvel Ordo Missæ (supplément à Défense du Foyer, numéro 111 de février 1970). En page 4 de l’édition procurée par M. Pierre Lemaire, Cette Note doctrinale est revêtue de l’approbation, entre autres, de Mgr Gilberto Agustoni [3], « secrétaire du cardinal Ottaviani ». Or, en ses pages 36 et 37, cette Note doctrinale lance contre la personne du cardinal Ottaviani l’attaque inouïe que nous allons examiner. Ainsi, une attaque contre la personne du Cardinal nous est présentée : – premièrement, comme approuvée par le propre secrétaire du Cardinal ; – puis, dans un second temps, comme approuvée par le Cardinal lui-même ! Le mauvais coup, par démesure, s’autodétruit : ses machinateurs en ont trop fait. *** L’attaque contre le cardinal Ottaviani, dans la Note doctrinale de Dom Lafond, est d’une énormité fantasmagorique. Elle assure impavidement : 1° Que le cardinal Ottaviani avait « approuvé » les textes, « tous » les textes, du nouvel ORDO MISSAE (p. 36). 2° Que, même, le cardinal Ottaviani est personnellement l’auteur de « certaines formules » du nouvel ORDO MISSAE, lesquelles ont été « adoptées très précisément à sa requête » (p. 36). 3° Que ce sont « précisément ces formules » du nouvel ORDO MISSAE, dont le cardinal Ottaviani est l’auteur, qu’attaque le Bref examen critique présenté à Paul VI par le cardinal Ottaviani (p. 36). 4° Que le cardinal Ottaviani « n’a pas pu approuver » le Bref examen critique qu’il a présenté à Paul VI (p. 37). 5° Qu’« il est probable qu’on s’est gardé de le lui lire » (p. 37). De telles accusations, plus encore que calomnieuses, sont en elles-mêmes proprement délirantes, poussant l’extravagance jusqu’à un degré extraordinaire. On y reconnaît la démesure frénétique qui est habituelle à la Maffia lorsqu’elle s’affole ; la grossièreté invraisemblable du n’importe quoi auquel elle a ordinairement recours quand elle se sent désarçonnée. Il lui fallait à tout prix et par n’importe quel moyen atténuer le retentissement et la portée profonde de la démarche du cardinal Ottaviani. Dom Lafond ne prétend d’ailleurs pas tirer ces « informations » mirobolantes de son propre fonds. Il dit tantôt : « Nous sommes en mesure d’affirmer » et tantôt qu’il est « probable » (!). M. Pierre Lemaire, en page 4 de son édition de la Note, précise de manière obscure qu' « il ressort de plusieurs indications » que le cardinal Ottaviani « a vu et approuvé les textes publiés » (dans le nouvel ORDO MISSÆ). Je veux bien croire que l’un et l’autre ont été manipulés et intoxiqués. Tout de même, un minimum d’esprit critique leur aurait évité d’avaler si facilement de telles fantasmagories ; et aussi odieuses ; et de prendre la responsabilité de leur diffusion publique. Responsabilité que leurs ténébreux « informateurs », ou « indicateurs », leur ont allégrement laissée : et qu’ils garderont, les malheureux. *** Et voici que la Note qui lance de telles accusations contre le cardinal Ottaviani a été approuvée par Mgr Gilberto Agustoni qui, lui, n’est pas frappé de cécité physique, et peut lire personnellement les textes auxquels il donne son approbation. Je déclare ici qu’il a, en cela, et en sa qualité invoquée de secrétaire du cardinal Ottaviani, commis une félonie publique. Si le secrétaire félon est malcontent de cette qualification, il n’a qu’à m’en demander raison devant les tribunaux ecclésiastiques. Il m’y trouvera en face de lui. *** Les auteurs du mauvais coup sont allés plus loin encore. Dans un second temps, l’approbation à ces accusations insensées contre le cardinal Ottaviani, ils l’ont fait signer par le cardinal Ottaviani lui-même : et pas seulement une approbation, mais des félicitations, s’il vous plaît, louant jusqu’à « la dignité de l’expression », ce qui est un comble de dérision cynique. Naturellement, je n’étais pas là ; ni dans la coulisse, le jour où le secrétaire félon a fait signer au Cardinal cette lettre à Dom Lafond. J’ignore s’il lui a dit, en guidant sa main d’aveugle vers la place de la signature, qu’il s’agissait de l’envoi d’une aumône ou d’un encouragement aux Petites Sœurs des Pauvres. Mais M. Pierre Lemaire, qui est innocent jusqu’au bout, a publié le « fac-simile » de cette lettre et de sa signature. Comparez la signature apposée au bas de la lettre à Dom Lafond avec d’autres signatures du cardinal Ottaviani, même récentes : avec celle apposée au bas de la lettre à Paul VI en septembre 1969. Vous apercevrez la différence. *** Mais Dom Lafond, lui non plus, n’est pas atteint de cécité physique. Il connaissait bien, pour en être l’auteur, le texte des accusations que, dans sa Note doctrinale, il avait portées contre la personne du cardinal Ottaviani. Il ne pouvait pas ne pas comprendre immédiatement la portée effroyable de l’approbation que l’on avait fait signer au Cardinal. Et il l’a divulguée. Honte sur lui. Pour aujourd’hui et devant l’histoire qui ne taira pas cet épisode, pas plus qu’elle ne tait l’épisode analogue d’Hosius, et qui même en dira plus que je n’en dis. Ce moine est le fondateur et le chapelain d’un Ordre de chevalerie, les « Chevaliers de Notre-Dame ». J’en appelle à l’esprit chevaleresque et au sens de l’honneur dont ils veulent nous donner l’exemple. Est-ce donc à ce prix, par ce moyen, et des mains de Dom Lafond, qu’ils espèrent obtenir enfin du Saint-Siège leur reconnaissance officielle comme Ordre de chevalerie ? Si d’aventure ils entendent le sens de l’honneur et l’esprit chevaleresque comme Dom Lafond vient de les pratiquer publiquement, alors, ils iront loin, à coup sûr, dans les pompes et les grandeurs de ce monde ; je leur y prédis tous les succès. II. Second point. La lettre à Dom Lafond affirme que le cardinal Ottaviani n’avait autorisé personne à publier sa lettre à Paul VI. C’est une contre-vérité. Au mois d’octobre 1969, le cardinal Ottaviani en personne avait donné cette autorisation à notre éminent collaborateur et ami M. l’abbé Raymond Dulac. Cette autorisation concernait nommément la revue ITINÉRAIRES, mais point elle seulement. Un malentendu, peut-être ? Non pas. Plus d’un mois après la lettre à Dom Lafond, je me suis assuré personnellement, auprès du cardinal Ottaviani lui-même, que l’autorisation était authentique, réelle, non révoquée, et ne comportait, ni en elle-même ni dans l’usage que nous en avons fait, aucun malentendu. Tel est mon témoignage. Si le secrétariat du cardinal Ottaviani le conteste, il peut m’en demander raison devant les tribunaux ecclésiastiques. Il m’y trouvera. Je l’avertis que j’y récuserai tout témoignage écrit du Cardinal éventuellement produit, et que j’y demanderai sa présence physique et sa déposition orale. Parfaitement conscient de la gravité intrinsèque, et peut-être historique, de mes présentes déclarations, je relis, je persiste et je signe, devant Dieu et devant les hommes. *** Mais enfin j’écris ici à l’intention de lecteurs qui savent lire et qui comprennent ce qu’ils lisent. Antérieurement à tout témoignage, il était déjà évident, par le texte lui-même de la lettre du cardinal Ottaviani à Paul VI, que cette lettre n’était pas secrète. Le Cardinal n’y parle point en membre du conseil secret du Pape. Il y parle en simple sujet de la loi, c’est-à-dire en simple baptisé. « Toujours les sujets, pour le bien desquels est faite la loi, ont eu le droit et plus que le droit, le devoir, si la loi se révèle nocive, de demander son abrogation… » De par sa nature et son intention, explicitement précisées en ces termes, la lettre du cardinal Ottaviani à Paul VI n’est donc pas l’adresse secrète d’un cardinal au Pape, mais l’acte public d’un membre de l’Église, auquel tout membre de l’Église, clerc ou laïc, peut s’associer. Secrète, la lettre l’a été pendant un temps, pour un motif de convenance : elle ne pouvait, elle ne devait être rendue publique qu’après sa remise effective a Paul VI. C’est bien ce qui a eu lieu. Quant au Bref examen critique, dont la lettre à Paul VI est la présentation, la préface et le résumé, même Mgr Gilberto Agustoni n’a pas essayé, que je sache, de le prétendre « secret ». *** Je pense en avoir assez dit pour que chacun, s’il le désire, puisse y trouver, y reconnaître ou y pressentir son dû ; y compris ceux qui n’ont pas été nommés. Au mois de mars, quand la presse a multiplié les faux-semblants et les mises en scène autour de cette « lettre à Dom Lafond ». je n’ai fait aucun communiqué et je n’ai pas davantage l’intention d’en faire à l’avenir. Je me moque bien de ce qu’ils racontent dans leurs journaux, au point où ils en sont parvenus, et je voudrais, amis lecteurs, que vous appreniez à vous en moquer tranquillement, et à n’en tenir aucun compte. A ceux qui savent lire, et qui prendront la peine attentive de lire les textes et de les comparer, l’évidence du mauvais coup apparaîtra en toute clarté. Plusieurs néanmoins ont été troublés par la savante orchestration des rumeurs maléfiques : c’est pour eux que j’ai rassemblé ici quelques précisions décisives. L’important, surtout quand il s’agit du saint sacrifice de la messe, n’est pas dans le paraître des journaux, mais dans l’être des choses, et l’être se suffit, quelles que soient les machinations du paraître ; l’important n’est pas dans le tumulte mondain de la société civile ou de la société ecclésiastique, l’une et l’autre en pleine décomposition : tumulte sans cesse renaissant, fabriqué pour mettre en œuvre une diversion permanente, un cinéma sans fin, procurant aux esprits une hébétude bovine. L’important aujourd’hui est d’étudier, personnellement et en cellule de travail, l’enseignement de l’Église sur la messe catholique : en commençant par l’étude approfondie du Bref examen. Celui-ci, vous pouvez l’étudier PAISIBLEMENT, et en toute confiance, je vous en donne l’assurance, je vous en apporte le témoignage : il renferme la pensée, il correspond à la volonté du cardinal Ottaviani ; non pas l’expression romantique d’une préférence individuelle, mais le monument doctrinal, et déjà historique, de la fidélité aux définitions du Concile de Trente et de l’obéissance à l’Église de toujours. Il constitue le véritable et l’indispensable vade-mecum de tout catholique romain. Pour ceux qui hésiteraient à me croire sur parole, j’ai rappelé plus haut, qu’on s’y reporte avec toute l’attention requise, l’évidence objective des textes tels qu’ils sont : à elle seule, elle suffit à frapper de nullité radicale, et définitive, la soi-disant lettre à Dom Lafond du 17 février 1970. Jean Madiran. [1] Voir notamment : Le Monde du 15 et du 24 mars ; La Croix du 20 et du 24 mars ; Le Figaro du 21 mars, etc. ; et la Documentation catholique du 5 avril, pages 342-343. [2] D’après son texte, cette lettre est adressée à un « Très Révérend Père », auteur d’une Note doctrinale. Cette note est celle dont le P. Dom Gérard Lafond est réputé l’auteur, et qui représente la position des « Chevaliers de Notre-Dame » dont il est le fondateur et le chapelain. M. Pierre Lemaire, en publiant la lettre (dans son numéro 112 de mars 1970), déclare pourtant qu’elle est adressée aux rédacteurs (au pluriel) de ladite Note par quoi il nous donne à penser que la Note de Dom Lafond a eu en réalité plusieurs rédacteurs, ce dont nous ne doutons pas, sans parler des inspirateurs ; qui ne sont point localisés à Saint Wandrille et qui, s’il plaît à Dieu, seront démasqués en leur temps et n’auront rien perdu pour avoir attendu. A moins qu’ils ne se rachètent promptement en revenant à la tradition et à la vocation de leur service liturgique. [3] Nous reproduisons la graphie du nom et du prénom donnée par M. Pierre Lemaire.
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P
@ Claude P: Vous ne semblez pas comprendre que la virulence des propos est inversement proportionnelle à l'importance politique et idéologique. Je ne cesse de retrouver le même ton en fréquentant des forums d'autres minorités. C'est quand même vrai que ce FC est un incroyable foisonnement d'hérésies en tout genre Prouvez-le. Mis à part la question de la FSSPX, le comportement de la modération envers les sédévacs est impeccable. Il faut vraiment être devenu profondément démocrate, au sens le plus trivial, pour ne pas comprendre que ca devrait faire une différence essentielle, interdisant de tels débordements. Comme si il n'y avait pas de débordements dans d'autres courants de l'Eglise. Et c'est un forum. Croire que l'on devient démocrate uniquement parceque l'on fréquente un forum est du grand n'importe quoi. Ça veut dire que vous n'êtes pas capable de lire et de faire votre discernement seul. le FC? des jeunes en culottes courtes plus ou moins fascisants. Il faut vraiment rien connaitre au FC pour sortir des trucs pareils. Il est en tout cas dommage que ce texte qui doit être un facteur d'unité - dont les chrétiens ont et vont avoir tant besoin ! - ne soit pas pris comme tel. Mais ceux qui ne sont pas de bonne volonté et ne saisissent pas les perches qu'on leur tend s'excluent eux-mêmes au mépris des exigences expresses de l'Evangile... Faux, il n'y a qu'à voir le nombre de chapelles accordées au rit latin à l'occasion du Motu Proprio, qui se comptent sur les doigts d'une main, pour voir que vous avez complétement tort... Il faut qu'enfin tous ces gens disent qui ils  sont et en quoi ils croient et en qui ils croient. Allez sur le FC et on en reparle... L'IBP? la fraternité saint Pie X déguisée. Ah oui, alors qu'ils ont été officiellement reconnu par Mgr Ricard ?
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D
Au(x) rédacteurs de ce blog,Il est toujours bon de connaître les rédacteurs de quelque document dont on prenne connaissance.Pouvez-vous m'indiquer où je puis trouver, sur votre blog, cette information ?Avec mes remerciements.
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