Les chrétiens ont des choses à dire et à apporter au monde, même au XXIe siècle, même dans nos sociétés dites « post-modernes ». Ils sont porteurs d’un message et de valeurs qui les dépassent et qui seront d’actualité tant que l’homme sera homme.
La parole de Dieu révèle, en effet, une certaine conception de l’homme et donc de la société, qui transcende les contingences, les modes et l’actualité. Oui, chaque individu, parce qu’il est créé à l’image de Dieu, est unique et éminemment respectable. Chaque individu est appelé à la perfection et à la sainteté, de sorte que ni sa liberté, ni sa dignité ne sont négociables, que ce soit au nom de l’Etat, du peuple ou du chiffre d’affaires. Oui, chacun de nous est appelé à agir pour la paix et à promouvoir la fraternité entre les hommes, l’égalité des droits entre les individus, la protection des plus faibles. D’aucuns ont pu penser, depuis trente ans, que ce discours avait des relents socialisants qui éloignaient l’Eglise de sa mission. L’actualité s’est chargée de leur donner tort, en montrant que l’enjeu de l’histoire moderne était bien l’homme, objet de toutes les manipulations, y compris métaphysiques.
Rien n’est dès lors plus moderne, ni plus actuel, que ces principes insusceptibles de vieillir, qui, du coeur des Evangiles, sont la source et la raison d’être des droits humains fondamentaux.
Certes, de tous temps le message du Christ a suscité l’opposition et s’est heurté à des doctrines explicitement ou tacitement contraires. Mais sa pertinence et son universelle nécessité lui ont permis de traverser les époques. Aujourd’hui encore cette opposition se manifeste à plusieurs titres. Elle existe encore dans certains courants politiques vieillissants, héritiers du marxisme, dont le mépris de la dignité humaine est radicalement incompatible avec les valeurs chrétiennes. Elle se manifeste surtout, plus insidieusement, dans un discours médiatique ambiant, qui, par confort et/ou par intérêts, s’autorise à dénigrer le christianisme en essayant de le ravaler au rang d’accessoire anachronique. Les tenants de ce discours ont les honneurs de la presse et des médias et se permettent, au nom d’une certaine modernité, d’asséner avec intolérance contrevérités et parfois injures, au détriment du bien commun.
Pourtant, l’Eglise est l’une des rares institutions qui puisse compter sur une expérience de deux mille ans, pendant lesquelles elle a traversé bien des sociétés, bien des modes philosophiques et rencontré bien des peuples, témoignant de l’universalité du message du Christ. Il ne faut pas avoir honte de reconnaître que le christianisme a fait de belles et grandes choses, a inventé de belles et nobles idées et a participé grandement à façonner notre civilisation.
Si, au cours des siècles passés, des fautes ont été commises par certains de ses membres, qui se sont laissés entraîner par les contingences de leur époque ou de leur humanité, en oubliant le message évangélique, les chrétiens de notre temps n’en sont pas comptables. Surtout, les erreurs de certains hommes n’affectent en rien la pertinence de la parole du Christ, qu’il nous appartient de faire partager.
Hermas souhaite tenter sans complexe de faire écho à cette parole dans les débats politiques et sociaux qui agitent nos sociétés, si pauvres de repères, que leurs “élites” s’acharnent pourtant à détruire. Hermas entend ici apporter sa contribution chrétienne et humaine au débat public, se réservant la possibilité de répondre aux pourfendeurs intolérants du christianisme, car il est des principes, inhérents à l’humanité, que l’on ne peut laisser bafouer sans exposer la société à l’autodestruction. Et tant pis, ou plutôt tant mieux, si nous sommes parfois à contre-courant, une fausse note dans la partition politiquement correcte que les médias se plaisent à définir.