13 Février 2007
Les partisans de la légalisation des unions homosexuelles la justifient par la revendication de « l'ouverture du mariage à tous, quelle que soit l'orientation sexuelle des contractants » et par l’affirmation selon laquelle « être parent doit devenir une possibilité ouverte à tous », en sorte que « tous les moyens (y compris scientifiques et techniques) doivent être mis en œuvre pour servir le projet familial de chacun ».
Il est bien difficile de comprendre cette façon de raisonner : le mariage existe, donc tout le monde a droit au mariage, sans limitation aucune. Mais avant d’affirmer que tout le monde a “droit” au mariage, s’est-on seulement posé la question de savoir ce qu’il est ? Et qu’est-ce que ça veut dire “avoir droit” au mariage ? Et qu’est-ce qu’un “droit” ? Il est tellement plus facile de laisser de côté ces questions fondamentales, pour laisser libre cours à ses appétits d'adolescents immatures, si caractéristiques de la société moderne : « J'ai droit à... ».
Si ce “droit” n’a pas de limite, s’étend-il à la reconnaissance des mariages entre consanguins, entre père et fille, entre mineurs, entre majeurs et mineurs ? S’étend-il aussi à la polygamie et à la polyandrie ? On ne voit vraiment pas ce qui pourrait légitimement y faire obstacle ou justifier que ces “droits”, s’ils sont revendiqués, et parce qu'ils sont revendiqués, ne soient pas reconnus. Quelle intolérance ce serait, quel “ringardise” ! Comment ne pas comprendre qu’une telle conception du “droit” est appelée, à terme, à la destruction de tout droit ?
Ce qui est dit là du mariage, peut l’être aussi de la famille. On nous parle de “droit à la parentalité”. Mais celle-ci n’est pas plus définie que la famille et le mariage. Alors, en effet, si les mots n’ont pas de contenu, pas de définition, pas de lien, finalement, à une réalité déterminée, on peut les étendre à l’infini, et revendiquer cette extension au nom du “droit”, au contenu lui-même indéfini.
Moi, qui suis blanc, j’ai le droit d’être noir. Pourquoi pas ? Etant un homme, j’ai le droit d’être une femme. Etant un adulte, celui d’être un enfant, ou de me faire greffer un pénis de singe à la place du nez, dussé-je en concevoir quelque difficulté à respirer. Et pourquoi, d'ailleurs, ne reconnaîtrait-on pas à chacun le droit de constituer une famille avec ses chiens ou ses chats, avec autorité parentale, avantages fiscaux, carte famille nombreuse pour les transports et prise en charge sociale ? Tout est désir, convention ou libre manipulation, selon cette conception délirante qui en appelle à tous les moyens scientifiques et techniques (le droit étant d'ailleurs réduit à cette catégorie). Et s’il me plaît aussi, par ces mêmes moyens, d’être père, sans mère aucune (notion assez “réac” que celle de mère), de vingt clones purs aryens de laboratoire, sans tache, sans mixture d’aucune race impure ? Jusqu’où ira cette revendication de “droits” sans limites naturelles ?
Sous couvert de liberté, il y a tout lieu de craindre que ceux qui se donnent eux-mêmes comme les “combattants” de cette cause ne préparent pour tous des réveils extrêmement douloureux, que les politiciens du jour paraissent pour la plupart incapables de prévoir. Alors, quand la barbarie aura partout triomphé, on entendra gémir les bons apôtres, comme toujours en de telles circonstances : « Ce n’est pas ce que nous avions voulu… »
[cf. dans le même sens, le pertinent article du P. Xavier Cormary sur son BLOG].