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De l'indépendance des médias : à propos de Mmes Schönberg, Chazal, Ockrent, Drucker et autres, quand les "reines de l'information" vivent avec des politiciens

    Même sans être un inconditionnel des journaux dits "people", le français ordinaire ne peut plus ignorer le nombre sans cesse croissant de reines des médias, qui se marient ou vivent plus ou moins ouvertement avec des hommes politiques : à en croire les couvertures de certains journaux, et notamment de Paris Match, des présentatrices vedettes de journaux télévisés des trois grandes chaines de télévision ou d'émissions politiques vivent avec des politiciens ou avec un acteur très impliqué dans la campagne présidentielle de Mme Royal ; il n'a pas non plus échappé au français moyen que lorsqu'un ministre célèbre a connu un passage à vide dans sa vie personnelle c'est, toujours d'après la presse autorisée, avec une journaliste de presse écrite qu'il a surmonté l'épreuve. Et l'on ne parlera pas des copinages et amitiés plus discrets qui lient journalistes et politiciens.

    S'il n'entre dans nos intentions ni de juger, ni de priver ces personnes de la liberté de succomber au charme de celui (ou de celle) qui leur plaira, ni de plébisciter la presse à scandales, il n'en reste pas moins que cela pose un véritable problème au plan du fonctionnement de notre démocratie.

    Car le fonctionnement démocratique implique, d'une part, que le politicien soutienne des idées et une action définies de manière partisanne, et, d'autre part, que les médias - qui se posent parfois, non sans fatuité, comme le 4e pouvoir  - assument un rôle d'information des citoyens, il doit être objectif et neutre, sauf à afficher officiellement son engagement politique dans un média d'opinion. L'indépendance de la presse est donc une exigence de crédibilité de l'information, mais aussi du bon fonctionnement de la société démocratique pour permettre aux citoyens d'exercer un contrôle honnête et donc éclairé de l'action des politiciens et de la situation du pays pour guider leur vote.

    Dès lors, quand des journalistes de médias d'information (et non d'opinion, car si la secrétaire générale du PCF épouse l'éditorialiste de l'Humanité, journal d'opinion aux orientations idéologiques revendiquées, cela ne choquera personne et n'influencera pas l'orientation du journal) s'affichent avec des politiciens et vivent avec eux, leur crédibilité et la fiabilité de l'information qu'ils délivreront seront très certainement affectées ou influencées, ou, à tout le moins, suspectes de l'être. Il en découle nécessairement une suspicion de partialité - que tous les sondages confirment d'ailleurs - et une absence de confiance des citoyens dans les médias, qui fait le jeu de l'extrêmisme qui combat (officiellement du moins) les connivences des "élites" au détriment des citoyens. On peut légitimement douter de leur impartialité, pour avoir un intérêt personnel dans les questions qu'ils doivent traiter objectivement.

    Si la presse était en France réellement le contre-pouvoir qu'elle prétend être, les journalistes devraient être soumis à une exigence déontologique proche de celle des magistrats. Ceux-ci ne peuvent trancher un litige dans lequel ils ont directement ou indirectement un intérêt : c'est le bon sens même et une exigence fondamentale de bonne administration de la justice. Bien plus, sous l'impulsion de la Cour européenne des droits de l'homme, outre l'impartialité ordinaire (qui impose au juge de ne pas statuer selon ses a priori et ses intérêts) s'est développée une exigence d'impartialité objective, qui impose de bannir jusqu'au l'apparence de partialité. Autrement dit, un magistrat ne peut statuer si le justiciable ordinaire, de bonne foi, peut légitimement considérer qu'il s'est déjà fait une opinion sur le litige, indépendamment de l'intégrité personnelle du magistrat qui n'a même pas à être examinée : ainsi un juge qui a ordonné une provision en référé en déclarant qu'une somme est due, ne peut plus statuer sur ce litige en tant que juge du fond ou juge d'appel.

    De la même manière, on devrait considérer qu'un journaliste impliqué en politique ne peut pas traiter de ce sujet dans un média d'information (comme le journal télévisé) qui doit être neutre et objectif. Et l'on doit également considérer que le journaliste qui est lié à un politicien ou à une personne ayant un fort engagement partisan, quelle que soit son intégrité professionnelle, ne peut pas plus intervenir sur des sujets politiques... et pas uniquement le temps d'une campagne, car les exigences de l'information ne s'arrêtent pas avec une élection. Il s'agit de la déontologie d'une profession et du bon fonctionnement de la démocratie, pas uniquement d'une gêne temporaire. Puisque l'on a suspendu un journaliste politique qui a manifesté son intention de vote ou si une présentatrice a été contrainte d'arrêter provisoirement de présenter son journal durant la campagne, on ne peut que s'étonner que de telles mesures soient limitées dans le temps et ne concerne qu'un si petit nombre d'entre les compromis.

    Mais pour cela, il faudrait que les professionnels de l'information acceptent les contraintes du rôle qu'ils revendiquent. La liberté de la presse - élément essentiel de toute démocratie - implique que ceux qui la revendiquent la respectent et fassent preuve d'indépendance, même lorsque la collusion n'est pas forcée, mais seulement confortable.  
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B
la collusion que vous dites est bien réelle. elle symbolise bien la confiscation et le contrôle de la démocratie que beaucoup dénoncent.
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