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Culpabilisation, mémoire et génocide vendéen

L’histoire connaît parfois des évolutions amusantes, où les bonnes causes trouvent à tirer profit même de principes contestables. Ainsi, l’on sait l’espèce d’obsession maladive, sinon de notre temps, du moins de certains courants de pensée pour l’auto-flagellation publique et l’expression de la haine de soi. Il faut dénoncer le passé, creuser les sépultures, en arracher les morts et faire ou refaire interminablement leur procès démocratique, sans que les pierres tombales puissent être jamais scellées. Il faut fustiger la colonisation, l’obscurantisme supposé du moyen-âge, le paternalisme, la chrétienté, et puis bien sûr, encore et toujours (on ne s’en lasse pas), les croisades et l’inquisition et, plus près de nous, la collaboration et la guerre d’Algérie et ses fameuses tortures, thèmes ô combien inusables. Il faut aussi garder la mémoire du génocide des juifs pendant la deuxième guerre mondiale, non pas seulement comme d’un acte barbare à ne jamais plus renouveler, ce que chaque homme censé admet sans peine, mais comme s’il s’agissait d’un acte à chacun de nous personnel dont nous devions porter, jour après jour, l’intime fardeau et l'éternelle culpabilité.

L’idéologie qui sous-tend ces modes de pensée à ses revers, ou ses avantages. C’est que la tentation s’empare de certains d’en tirer profit pour revendiquer des reconnaissances ou des memento que l’idéologie elle-même a jusqu’ici rendu impossibles. Certes, nous sommes loin, très loin encore d’une reconnaissance publique, par exemple, du caractère « intrinsèquement pervers » du communisme, comme l’a fait le pape Pie XI dans l’Encyclique Divini Redemptoris, dont nous allons fêter le 70ème anniversaire le 19 mars. 70 ans de retard : une paille. Pratiquement la durée de la chose. Nous sommes loin, a fortiori, de la reconnaissance publique des innombrables crimes de ce système, dont on dit qu’il aurait fait quelque 100 millions de morts dans le monde. 

    Mais enfin, ne faisons pas la fine bouche. A côté de cela, le génocide des chrétiens arméniens a été publiquement reconnu, par l’Union européenne (Journal officiel C 190 du 20 juillet 1987) et par le parlement français le 29 janvier 2001. Et voilà qu’un député français, M. Lionel Lucas, député UMP de la 6ème circonscription des Alpes-Maritimes (et, il est vrai, professeur d’histoire), a déposé à l’Assemblée nationale une proposition de loi visant la reconnaissance par l’Etat du génocide… vendéen ! Cette proposition, n° 3754, déposée le 21 février 2007, a été renvoyée à la commission des affaires culturelles, familiales et sociales, laquelle devrait en concevoir quelque embarras. Le député propose le vote d’une loi contenant un article unique, comme pour le génocide arménien, rédigé en ces termes : « La République française reconnaît le génocide vendéen ». Quand on connaît l’histoire, l'invitation est assez savoureuse mais, dans le contexte actuel (et dans ce contexte seulement, car l'immixtion de la politique dans l'histoire n'est rien moins que contestable), ce ne serait que justice. Les députés, pour l’heure, sont évidemment très occupés par les élections.


On peut souhaiter que cette proposition de loi ouvrira des débats et des recherches historiques nouvelles, comme cela a été le cas lors du bicentenaire de la révolution française. En attendant, nous recommandons à nos lecteurs deux ouvrages qui nous paraissent indispensables sur la question. En premier lieu celui, tonique, du professeur Xavier Martin, intitulé Sur les droits de l’homme et la Vendée, paru aux éditions DMM en 1995 et, en second lieu, celui de M. Reynald Secher (avec préface de M. Jean Meyer), intitulé « Le génocide franco-français : la Vendée-Vengé » et paru en 2006 aux éditions Perrin.


Bonne lecture !

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G
josiane, tu oublie surtout l'avortement !!! vive le roi !
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J
Il est temps en effet que la République regarde les crimes dans lesquels a baigné sa naissance. Décidément, de la Vendée à l'euthanasie, en passant par le divorce, que de sang !
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Y
"Vive les Chouans, les Chouans, les Chouans! Vive les Chouans du Morbihan !"La bonne idée que voilà !
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