20 Avril 2007
Nous présentons ici quelques notes prises lors d'une conférence donnée par le P. Matthieu Rougé, curé de la paroisse Sainte-Clotilde, professeur à l'école cathédrale et directeur du service pastoral d'études politiques, lors d'une conférence donnée le 28 mars dernier en l'église Saint-François-de-Sales. Il nous a paru que ces notes pouvaient être utiles à la réflexion. Elles n'ont cependant pas été corrigées par l'auteur.1.- Peut-on croire en la politique ?
Non, on ne peut ni on ne doit croire en
Cela dit il ne faut pas désespérer de
Ce qu'il faut, c'est bien situer
2.- Politique et articulation de la foi et de la raison
Pour Benoît XVI, l'instance prochaine de la décision et de l'action politique c'est la raison et non
Cependant, ce n'est pas n'importe quelle raison qui est appelée à agir. C'est la raison comprise dans toute sa largeur. Ce n'est pas la seule raison technique. Il y a aussi la raison éthique et la capacité à rechercher le vrai et le bien. Au nom de la foi, il ne faut pas désespérer de la raison.
Dans la condition humaine présente, hommes et femmes ne sont cependant pas spontanément dans la raison droite. Il faut qu'elle se laisse purifier, illuminer par
Cette raison doit être enfin mise en œuvre avec courage et justesse. La raison doit être portée par
3.- Réaliser une juste articulation entre foi et raison
Devons-nous taire notre foi dans l'espace public au nom de la raison ? Dans le champ éthique la raison agissante doit être éclairée par
Une société ne peut se construire sans un minimum de consensus éthique. Aujourd'hui, ce consensus semble craquer en France et en Hollande. En Hollande polygamie et pédophilie ne sont pas des tabous. En France le refus de la pédophilie est aujourd'hui l'interdit consensuel ultime. Aujourd'hui, il est difficile d'énoncer et de défendre des valeurs communes, un socle cependant nécessaire pour fonder l'Etat. Les chrétiens sont par grâce les témoins d'une certaine vision de l'homme pécheur et racheté. Ils ont donc la responsabilité de formuler les moyens d'un nouveau consensus éthique.
Enfin ne peut-il arriver un moment où le contexte législatif serait tel qu'il conduirait les chrétiens à ne pouvoir s'engager dans les partis ou les institutions sans être complices [ex. : cas des maires si le mariage homosexuel est rendu légal] ? Il ne fait pas de doute qu'il existe des cas où il faut savoir se désengager mais il ne faut cependant pas trop vite se dire qu'on est dans une telle situation. Avant de faire la politique du pire, il faut être certain que la politique du meilleur ne soit pas possible.
Pour conclure, Bernanos disait, dans Les grands cimetières sous la lune, que le « Le démon de mon cœur s'appelle “à quoi bon” ». Il faut chasser ce démon et s'engager dans la vie politique avec toutes les capacités de la raison illuminée par la foi.