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Deuxième tour : quels choix pour les catholiques (2)

    Dans un article précédent, nous avons évoqué la question de la légitimité d’une abstention au second tour des élections présidentielles, comme une possibilité d’exprimer son objection de conscience chrétienne, face à des programmes en présence qui violent, peu ou prou, la loi naturelle.

 
Il en est évidemment une autre, qui est celle du vote blanc. Ceux-là mêmes qui refusent toute légitimité à l’abstention, parce qu’ils jugent qu’elle constitue, en soi, un acte de démission sociale moralement inacceptable, admettent le principe de cette autre possibilité.

 
Le vote blanc aurait ainsi l’avantage d’associer le refus moralement nécessaire de cautionner les programmes présentés et de satisfaire à l’obligation de voter. Il est vrai que la prohibition portée par la Note doctrinale, « de favoriser par son vote, la mise en acte d'une loi ou d'un programme politique, dans lequel les contenus fondamentaux de la foi et de la morale sont détruits », ne s’oppose pas au vote en soi. Elle ne s’oppose qu’à celui qui « favorise ». Ce n’est pas le cas du vote blanc, lequel, dans cette mesure, est certainement acceptable.


    A dire vrai, il ne serait pas absurde de considérer que le vote blanc constitue bien une forme d’abstention,
simplement plus proche matériellement des exigences de la participation politique exigible que l’abstention pure et simple. Certes, par le vote blanc, on « va voter ». Cependant, ne tournons pas autour du pot : “voter”, par hypothèse, signifie exprimer un choix. Le vote blanc, par hypothèse aussi, n’exprime aucun choix, mais bien une “abstention” de choix. Alors : s’abstenir sans déplacement ou s’abstenir après déplacement, la différence est-elle si sensible qu’il faille tenir la première pour immorale et la seconde pour morale ? N’est-il pas assez artificiel de considérer que l’abstention délibérée, par refus de programmes jugés inacceptables, serait un  péché, et que le vote blanc, qui consiste à refuser de choisir entre ces mêmes programmes n’en est pas un ? Personnellement, nous ne voyons pas quel argument dirimant il pourrait être opposé pour établir que l’objection de conscience exprimée par le vote blanc et par l’abstention n’est pas également légitime au regard des circonstances sur lesquelles elle se fonde, identiques dans un cas et dans l’autre.

 
D’autant que rien, dans le vote blanc, ne permet de l’identifier comme une objection de conscience chrétienne ni de le différencier de la multitude des opinions qui se seraient déterminées identiquement mais pour d’autres motifs. Seule une prise de position claire de l’épiscopat – comme dans les exemples italien et espagnol que nous avons donnés dans l’article précédent – serait susceptible de donner une lisibilité politique à l’abstention.

 
Rappelons en effet que, d’un point de vue juridique, le vote blanc, en France, est considéré à l’égal d’un vote nul. L’article L. 66 alinéa ler du code électoral dispose : « Les bulletins blancs (…) n'entrent pas en compte dans le résultat du dépouillement ». Ce vote n’est pas légalement considéré comme un « suffrage exprimé » et il n’est pas décompté comme tel. Rien ne s’y opposerait pourtant, matériellement. La loi prévoit en particulier que les machines à voter, là où elles existent, doivent « permettre l'enregistrement d'un vote blanc » (art. L. 57-1) et qu’à la clôture du scrutin le président doit rendre visible les votes blancs comptabilisés par ces machines (art. L. 65). Tel n’est cependant pas le cas à l’heure actuelle, malgré les demandes régulièrement présentées en ce sens.

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