Menaces de mort contre le cardinal-archevêque de Gênes
3 Mai 2007
Rédigé par La rédaction et publié depuis
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Le pape Benoît XVI a téléphoné personnellement au président de la Conférence épiscopale italienne (CEI), Mgr Angelo Bagnasco, pour lui exprimer sa solidarité suite aux menaces reçues.
Sous protection rapprochée depuis un mois environ, à la suite de menaces inscrites sur le portail de la cathédrale de Gênes, dont il est archevêque, Mgr Bagnasco vient de recevoir par la poste une enveloppe contenant une balle de revolver et une photo de lui, barrée d’une croix gammée.
Mgr Bagnasco s’est inscrit dans la ligne toujours tenue par son prédécesseur, le cardinal Camillo Ruini, opposé à la reconnaissance juridique des « unions de fait » hétérosexuelles et homosexuelles, le « DICO ». L'archevêque de Gênes, âgé de 64 ans, élu président de la CEI en mars dernier, a commencé à recevoir des menaces à la suite de déclarations commentant la « Note relative à la famille fondée sur le mariage et aux initiatives législatives concernant toute autre forme d’union » de la CEI, à l’occasion d’une rencontre avec les agents de la Communication sociale du diocèse de Gênes. Dans cette note, les évêques italiens rappellent l’engagement des hommes politiques et des législateurs catholiques à ne pas voter la légalisation de toute autre forme d’union de fait, ainsi que les projets de loi favorables à la reconnaissance légale des unions homosexuelles.
Mgr Bagnasco a en revanche exprimé son soutien à une manifestation nationale en faveur de la famille programmée, à l’initiative de plus de 20 associations catholiques, pour le 12 mai, le « Family Day » pour demander plus d’aides de l’Etat en faveur des familles.
Le P. Lombardi a salué les expressions de solidarité à l’égard de Mgr Bagnasco, suite à ces menaces. Il a notamment remercié le président italien Giorgio Napoletano - pourtant ancien communiste - qui a affirmé, ce lundi, dans un message au cardinal secrétaire d’Etat Tarcisio Bertone, publié par la présidence de la République, que « l'Italie ne laissera pas seul Mgr Angelo Bagnasco face à des menaces viles et inadmissibles ». Il a dénoncé ce « grave épisode d'intolérance contre l'Eglise catholique ». Dans ce message, le président italien déclare en outre : « Il faut garantir de la façon la plus sereine l'exercice de la mission pastorale du président de la Conférence épiscopale italienne et un dialogue le plus respectueux et constructif possible entre l'Eglise catholique, la politique et la société civile ». Le président du Conseil, Romano Prodi a également téléphoné à Mgr Bagnasco, dimanche, pour lui exprimer sa « solidarité ».
Des sources de la Conférence épiscopale italienne (CEI) ont confirmé que leur président ne se laisserait pas intimider par les menaces. Le porte-parole de la Conférence épiscopale italienne, don Domenico Pompili, a déclaré dimanche au micro de « Radio Vatican » que ce dernier épisode « s’insère dans le climat d’excitation incompréhensible de ces derniers jours ». « Il s’agit, bien sûr, d’un geste d’intimidation, qui n’a pas besoin de commentaire – a-t-il ajouté –. D'autre part, nous ne tenons pas à donner plus d’importance à ce geste irresponsable, car l’Eglise n’a pas l’intention d’alimenter un conflit qu’elle n’a jamais cherché ». « Je pense qu’il ne faut absolument pas se laisser intimider mais espérer un apaisement, au nom du bon sens et d’un dialogue qui porte vraiment à réfléchir sur ces questions », a-t-il conclu.
Le Saint Père a également adressé un télégramme à Mgr Bagnasco dans les termes suivants :
« Profondément douloureusement touché par des épisodes aussi graves et déplorables, qui troublent la coexistence sereine de la communauté ecclésiale et civile, le Saint-Père désire avant tout, dit le télégramme signé par le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat, vous renouveler l’expression de sa proximité également au nom de l’Eglise universelle, et vous assurer de son souvenir spécial dans la prière afin que, trouvant la vraie paix et la sécurité dans le Christ, vous puissiez poursuivre fructueusement votre haut service dans l’Eglise italienne ».
« Avec l’aide de Dieu et le soutien fraternel de toute le peuple chrétien, continuez donc à travailler au bien commun en défendant et en promouvant les valeurs humaines et religieuses dans lesquelles il n’est pas possible de construire des démocraties véritables et libres », invite le pape.
Dans un entretien au journal télévisé de la deuxième chaîne publique italienne (TG 2 de RAI 2), le cardinal secrétaire d’Etat a lui aussi été sensible à la solidarité exprimée à Mgr Bagnasco : « J’ai perçu, disait le cardianl Bertone, une grande proximité, avant tout de la part des autorités religieuses, de la part des confrères de Mgr Bagnasco, et de la part aussi des communautés catholiques. Les autorités politiques aussi et les représentants de la culture et de la politique, en général, ont démontré leur compréhension de la gravité du problème, mais ils ont également cherché – et je pense que c’est ce que nous devons tous faire – à désamorcer ce potentiel de colère et d’opposition, qui a un peu caractérisé ces derniers jours, et les dernières semaines de l’histoire italienne ».
Que Mgr Bagnasco soit assuré de nos prières, de notre solidarité et de notre unité pour le soutenir dans cette épreuve. L'intolérance idéologique et criminelle d'extrémistes, arguant de droits et de libertés qu'ils dénient à ceux qui leur déplaisent, doit nous inciter à persévérer dans la défense courageuse des principes fondamentaux du mariage et de la famille.
C'est otu de même fou que dans une démocratie occidentale, ce genre de comportements soit constaté. Heureusement, la classe politique italienne réagit clairement et sans peur du politiquement correcte !
Visiblement, ces démonstrations, en Italie, en Belgique, constituent des répétitions grandeur nature de ce qui nous attend aussi en France quand le lobby homosexuel, accoutumé à l'intolérance et à la violence, s'en prendra à ceux qui osent encore lui résister. S'ils croient que cela nous impressionnent, ils se trompent lourdement !