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Lendemains d'élections : la recherche effrénée des intérêts particuliers...

    Est-ce un effet de fatigue, voire de mauvaise humeur, ou est-ce bien vrai que le thermomètre à impudeur politicienne est encore en train de grimper ?

 
Alors qu’il s’interroge, dans la Somme de théologie, sur le fait de savoir si la vertu de prudence s’étend non seulement au gouvernement de soi-même mais aussi à celui de la multitude, Thomas d’Aquin se laisse interroger par différentes objections, comme à l’ordinaire. Non, dit celle-ci (la deuxième), la prudence ne peut pas être le fait d’un gouvernant. Pourquoi ? Parce que le prudent, c’est celui qui se cherche et se procure du bien à soi-même. Or « souvent ceux qui cherchent le bien commun négligent leur bien propre ».

 
Cher saint Docteur, cher thomisme… Evidemment, l’homme de gouvernement, ou le politicien, pour vous, est supposé être homme de bien, et de bien commun, sans quoi l’objection serait privée de sens. Il est homme à chercher ce bien, quitte à négliger le sien, comme le père ou la mère de famille, tout adonnés au bien de leur famille, peuvent être portés à négliger le leur, leur repos, leur santé. Quel bel exemple vous donnez, dit en passant, de ce « consensus moral » en lequel vous viviez et que le pape vient d’évoquer au Brésil. Un consensus qui s’adosse à des « valeurs fondamentales » au rang desquelles figure l’acceptation de renoncer « à tout ce qui empêche de les vivre » ! Il allait de soi, pour vous, que la prétention à gouverner les autres allât de pair avec la recherche du bien commun, fût-ce au sacrifice d’un bien particulier.

 
    Ebrouons nos intelligences, il le faut bien. Nous ne sommes pas dans la Somme mais dans la société française, au lendemain de l’élection présidentielle. Un candidat est élu, après de nombreux et longs efforts, avec l’appui de ses équipes de travail, de ses alliés, de ses amis… et de leurs convoitises aiguisées par la difficulté et la crainte du revers électoral.


Est-ce illusion ? Il semble que ce soit la première fois que l’on entend manifester avec autant de bruit et d’arrogance, au lendemain d'une élection, l’avide et impudique concupiscence de postes et de récompenses. Mme Alliot-Marie, M. Raffarin, M. Lellouche, pour ne citer qu’eux, rien qu'eux, se mettent en avant, publiquement, en s’aidant de la presse, pour quasiment exiger du nouveau président, qui une direction de l’UMP, qui un portefeuille ministériel correspondant à ses irremplaçables ambitions et compétences. Quel spectacle ! Quel manque de dignité !


Il aura fallu que le porte-parole de M. Sarkozy rappelle que celui-ci n’avait rien promis à personne. Souhaitons à ce dernier d’être à la fois ferme et cohérent dans ses projets et ses choix en ce domaine. Comment notre société pourrait-elle sortir de ses ornières si cette nouvelle présidence devait naître, d’emblée, dans la satisfaction première des copinages et des ambitions personnelles ?


Au spectacle ajouté, de l'autre côté des planches, des agitations frénétiques de M. Hollande et des cris de vengeance dont résonne le PS, le citoyen français peut se dire, à raison, que la voie du redressement, si elle est vraiment engagée, sera difficile à monter...

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