1 Juin 2007
Nous poursuivons ici notre "tour de piste" de l'épiscopat espagnol. On sait que le christianisme, en Espagne, est depuis un certain nombre d'années déjà, l'objet d'attaques répétées et plus ou moins agressives, auxquelles l'épiscopat oppose une ferme résistance. Là-bas, comme ici, les échéances électorales sont l'occasion de mises au point précieuses, qui ont pour objet d'éclairer les consciences et de mettre les chrétiens devant leurs responsabilités de baptisés.
Internet nous permet d'accéder avec facilité aux déclarations de ces Pasteurs, et d'en faire notre miel, pour nourrir notre propre réflexion. Pourquoi nous en priverions-nous ? Qu'ils soient mille fois remerciés de leurs interventions. Nos liens fraternels s'en trouvent renforcés, au-delà des frontières et de la diversité des situations, dans l'émulation de la foi et de la charité.
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« Avant, naître à Burgos, et en Espagne en général, était synonyme de "naître chrétien". Parce que chrétienne était la famille et chrétienne éta
it l'atmosphère sociale dans laquelle la vie se développait.
Aujourd'hui les choses ne sont plus ainsi. Il y a, certainement, beaucoup de familles qui élèvent chrétiennement leurs enfants. Mais beaucoup de faits manifestent qu’on "ne naît plus" chrétien. Il suffit d’en évoquer quelques-uns. A Burgos certains parents ne font plus baptiser leurs enfants, où tardent à le faire pendant des années. Beaucoup de chrétiens ne participent à la messe dominicale que de temps en temps, sans se sentir liés à leur paroisse. Le nombre augmente de ceux qui n'osent pas se présenter comme chrétiens, spécialement comme chrétiens pratiquants, parmi leurs amis ou leurs collègues de travail.
Plus grave, nombreux sont ceux qui dissocient la foi qu'ils professent de leur vie familiale, professionnelle et sociale. Par exemple, en nos jours d'élections, combien se seront demandé quel est le politicien qui respecte le mieux leur dignité de personne humaine et leur liberté religieuse, et défend le plus fermement la vie et la justice ?
Tout ceci nous porte à cette conclusion, simple mais décisive : il ne suffit plus de naître dans un lieu traditionnellement catholique ni d’avoir reçu en son enfance un héritage chrétien, plus ou moins important. Aujourd'hui, le Seigneur nous invite à renouveler notre vocation de disciples et notre responsabilité de chrétiens. Il nous appelle aussi à cesser d’avoir peur, pour nous lancer dans une annonce claire et joyeuse de notre foi. En conséquence, il est urgent de chercher de nouvelles méthodes et de nouvelles voies. Si nous nous bornons à faire toujours la même chose, sans nous préoccuper d’évangéliser ceux qui se sont éloignés de l’Eglise, c’est le signe que nous avons besoin d’un changement important dans nos critères et nos comportements.
On ne peut pas s’abriter derrière l’argument commode qui consiste à dire qu’il “est difficile aujourd’hui d’être chrétien”. Personne ne songe à nier qu’il y ait des difficultés objectives. Mais ne nous trompons pas : « Le problème majeur pour l’annonce de l’Evangile s’enracine en nous-mêmes », comme l’a indiqué le message des évêques pour la journée de l’apostolat des laïcs.
Il n'est pas nécessaire de faire de grandes choses ou d'inventer des méthodes missionnaires et apostoliques grandioses et sophistiquées. Tout cela peut être utile, voire nécessaire. Mais il y a quelque chose d’antérieur et de plus radical : la rencontre personnelle avec Jésus-Christ. Le Pape Benoît XVI l'a indiqué très clairement, dans son encyclique "Dieu est amour" : « On ne devient pas chrétien par une décision éthique ou par une grande idée, mais par la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui ouvre un nouvel horizon à la vie et, avec elle, une orientation décisive ». Cette Personne est Jésus-Christ.
La rencontre avec Jésus-Christ se réalise, surtout, dans la participation à la messe dominicale, dans le sacrement de pénitence, dans l'écoute et la lecture de
(…) L’Eglise nous adresse une invitation maternelle à retrouver la sainte fierté d’être chrétiens. Elle nous exhorte à découvrir la dimension essentiellement missionnaire et apostolique de notre Baptême. Même s’il est silencieux, le cri que nous adressent tant d’hommes et de femmes de nos contemporains n’en est pas moins réellement angoissé. Ils recherchent quelqu’un qui leur donne des raisons de vivre et de mourir. Nous ne pouvons pas nous dérober. »
† Francisco Gil Hellín
Archevêque de Burgos