A l'écoute de l'Eglise universelle : l'exercice catholique du droit de vote
4 Juin 2007
Rédigé par La rédaction et publié depuis
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« Avant les prochaines élections (…), je désire vous rappeler quelques critères à prendre en considération au moment de voter. Ces orientations découlent de ma mission d’évêque, que j’exerce en essayant d'aider les fidèles catholiques et les personnes de bonne volonté à éclairer leur conscience devant l'acte de voter.
En premier lieu, nous devons souligner l'obligation morale d'exercer notre droit au vote. Celui-ci étant un acte libre, il s'agit d'un moyen direct de collaborer au bien commun de la société. Nous n'aiderons pas nos cités et nos peuples si nous cessons d'exercer ce droit pour toute cause qui ne serait pas exceptionnelle ; sans l’expression de notre opinion, les résultats ne refléteront pas la volonté et le sentiment de tous, seulement ceux de quelques-uns.
A cette responsabilité s’ajoute la nécessité de connaître ceux qui se proposent d’être élus, l’idéologie des partis et surtout leurs programmes électoraux et les mesures destinées à réaliser chacune des propositions présentées. Cet aspect est de la plus haute importance pour les catholiques, parce qu'au moment d'exercer le droit de vote nous devons surtout agir avec la conscience bien formée, selon les principes de la raison droite et du magistère de l'Église, en particulier de ceux qui se rapportent à la doctrine sociale, laquelle a été si féconde tout au long de l’histoire. Parmi les opinions politiques compatibles avec la foi et la loi naturelle, nous devons choisir celles qui nous paraissent favoriser le mieux le bien commun.
Avant toute chose, il faut rechercher les projets qui collaborent à la défense des droits fondamentaux de la personne, surtout le droit à la vie depuis le début de la conception jusqu'au décès naturel. Si nous défendons les droits des personnes et, entre tous, celui de la vie, nous ne pourrons pas accepter les propositions qui, pour favoriser certaines fins sociales, font appel à des actes qui s’y opposent.
Il faut également privilégier positivement les projets qui tendent à défendre la famille, comprise comme la relation résultant de l'union d’un homme et d’une femme qui, unis par amour, sont ouverts à la vie et à l'acceptation d’enfants comme un don inestimable ; la famille doit être reconnue et protégée, en défendant son irremplaçable fonction sociale et en faisant en sorte qu’elle puisse se développer dans un logement digne et être soutenue par un travail digne et justement rémunéré.
Au moment d’exprimer son vote, il est un autre aspect dont il faut tenir compte, qui est celui de la liberté religieuse, y compris des signes religieux. Il faut défendre l'expression publique de la foi et la valorisation du fait religieux comme élément constitutif de la personne. Nous ne devons pas oublier à quel point la religion catholique a formé l'histoire de nos cités et le caractère de nos peuples au cours de l'histoire, et combien elle a contribué au progrès moral et social de la communauté humaine.
Il est également important de privilégier les propositions qui promeuvent le droit à l'éducation, et surtout celles qui protègent le rôle qu’y jouent les parents, en permettant à ces derniers de choisir le centre éducatif et le type de formation qu’ils préfèrent, en vertu de leurs convictions religieuses et morales. On ne saurait en aucun cas accepter les projets qui tendent à supplanter le rôle des parents par des structures qui ne tiennent pas compte d’eux et qui utilisent l’éducation pour promouvoir un type de personne modifiable à son gré.
En définitive, nous devons encore favoriser les propositions qui sont profitables aux plus nécessiteux de notre société : les malades, les personnes âgées ou dépendantes, etc. ; ainsi que celles qui se préoccupent des plus pauvres, des laissés pour compte, et qui recherchent les moyens de promouvoir un accueil solidaire, notamment à l’égard des émigrants, et un ordre social juste (…) »