Ne nous y trompons pas, les élections législatives sont aussi déterminantes de l'avenir du pays que les élections présidentielles. Si le président oriente et, en particulier actuellement, dirige très directement l'action politique de l'exécutif, s'il ne manquera pas d'imposer des directives et, via son gouvernement, des textes à la majorité parlementaire qu'il entend obtenir, il n'en reste pas moins que l'activité parlementaire n'est pas purement formelle. Il n'en reste pas moins que les députés à venir disposeront d'une liberté et de prérogatives importantes, même si seulement certains d'entre eux les exerceront effectivement.
Le temps de députés "godillots" semble en grande partie révolu, même si certains se contenteront certainement de ce rôle confortable. Et c'est surtout le cas s'agissant des questions particulièrement importantes touchant au mariage, à l'adoption ou à la vie, dans lesquelles la conscience des parlementaires "de plein exercice" se trouvera nécessairement impliquée. Le droit d'initiative parlementaire, celui de déposer des propositions de lois notamment, le droit de libre expression et le droit de vote des députés, trouve une pertinence particulière sur des sujets aussi fondamentaux.
On sait que l'investiture UMP n'a été accordée qu'en échange d'un engagement des candidats à voter, notamment, les futures lois de finances proposées par le gouvernement. Ce procédé ne peut manquer de choquer, dans une démocratie où les députés n'ont pas de mandat impératif et dont la liberté est théoriquement protégée. Mais, même pour ces députés, la méconnaissance d'un tel engagement ne sera sanctionnée qu'en interne ; et surtout, il n'est pas de nature - du moins on peut le souhaiter - à dissuader un parlementaire intègre de s'exprimer en conscience sur ces questions, on l'a vu par le passé et en particulier dans les deux dernières législatures.
Alors, aujourd'hui avant de voter, qu'il nous soit permis de rappeler deux évidences :
D'une part, une élection n'est jamais jouée avant la clôture des bureaux de vote, les sondages, en particulier, ne faisant pas l'élection.
D'autre part, il ne faut pas se tromper d'élection : les législatives désigne des individus qui proposeront et/ou voteront ou refuseront de voter des textes en conscience. Et dès lors, il appartient aux électeurs de choisir leur candidat, non pas seulement en fonction de son étiquette, mais égalemet en fonction de ses convictions personnelles, illustrées par ses prises de position passées. Lors des scrutins législatifs, l'électeur n'est pas comptable simplement de la majorité qui se dégagera, mais également de la composition de cette majorité, ce qui est peut-être plus important, de sa composition : car la personnalité de certains élus peut, par leurs initiatives autant que par leur aura politico-médiatique, marquer sûrement l'évolution législative à venir. Le choix en conscience doit donc s'exercer en s'assurant que les principes fondamentaux auxquels nous entendons voir subordonner l'évolution des lois et de la société, et en particulier les principes non-négociables, seront portés par la personne à laquelle nous accorderons notre confiance, au-delà de son appartenance politique.
Totalement d'accord. J'ai peur cependant que le soufflet présidentiel étant tombé, la mobilisation politique de nos concitoyens ne s'émousse. Vous avez donc raison d'en rappeler la nécessité. Merci pour votre blog, si utile !