15 Janvier 2007
Benoît XVI a affirmé, hier, lors de l’Angelus, à l’occasion de la journée mondiale des migrants et des réfugiés, ayant pour thème “la famille migrante”, que l'accueil des migrants devait avoir pour critère essentiel le respect dû à la personne humaine (cf. zenit.org : ZF07011405).
Dans le discours qu’il avait déjà adressé sur ce thème l'an passé, le 18 octobre 2006, le pape avait souligné la nécessité pour les chrétiens de considérer, à l’intérieur du drame vécu par la sainte famille, contrainte de se réfugier en Egypte, « la douloureuse condition de tous les migrants, en particulier des réfugiés, des exilés, des dispersés, des déplacés internes et des persécutés ».
Devant ce « phénomène structurel de nos sociétés » constitué désormais par l’immigration, il avait encouragé à travailler à favoriser l’intégration de leurs familles « par des mesures législatives, juridiques et sociales ».
Il avait cependant également souligné la nécessité de « demander aux réfugiés de cultiver une attitude ouverte et positive à l’égard de la société qui les accueille », ce qu’il réitère ici en invoquant « la reconnaissance par les migrants eux-mêmes des valeurs de la société qui les accueille ».
On ne peut en effet concevoir qu’une société construite sur une histoire et des valeurs propres, si universelles soient-elles, puisse utilement, ni a fortiori doive accueillir de telles migrations humaines en renonçant à être elle-même, ni que les citoyens d’un pays aient à sacrifier leurs racines pour favoriser l’accueil de ceux qui ont eux-mêmes perdu les leurs.
Les puissances européennes, en particulier, ont été suffisamment sommées de se repentir de leur passé colonial, violateur des civilisations ou des cultures locales, pour ne pas être désormais dans l'obligation morale de se soumettre à une sorte de colonialisme inversé, qui ne conférerait que des droits à l’immigré, sans obligation à l’égard de la société qui l’accueille et de ses valeurs.