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Du devoir de s'asseoir...

Grâce aux Equipes Notre-Dame s’est imposé, auprès de nombreux époux, le précieux “devoir de s’asseoir”. De quoi s’agit-il ? De prendre le parti, volontaire (et il faut de la volonté pour cela !), de se dégager du flot de la vie quotidienne, avec ses routines, ses empressements, ses urgences, ses irréflexions, pour faire le point en présence de Dieu, un jour mensuel donné, sur la direction prise ensemble... ou non. Pour parler, même, tout simplement, parce que l’habitude s’impose tout doucement, ou très vite, de ne plus échanger, voire de ne plus s’intéresser l’un à l’autre.

 

    Parfois, devant la multiplicité des difficultés et des dérayages dont elle offre le spectacle, on regrette de ne pouvoir pareillement arrêter la course de notre société, ne fût-ce que quelques moments, pour que chaque citoyen interroge son semblable, son voisin, ses amis, son dirigeant, proche ou lointain, et jusqu’à son propre cœur. Où allons-nous ? Avons-nous seulement la volonté, voire le sentiment de tendre à quelque chose ?

 

    La question est pourtant fondamentale. Une société politique, c’est bien sûr un groupe de gens. Mais ce n’est pas seulement un agglomérat d’individus, collés par la nécessité et contraints par la force des choses de cumuler des égoïsmes que la solitude ne pourrait satisfaire. Comme dans tout l’ordre humain, la vérité de la vie politique se tire de sa fin : une société politique, digne de ce nom, n’existe que dans le mouvement de sa tension à quelque chose, en laquelle elle trouve son unité.

 

    A quoi tendons-nous ? A quoi voulons-nous tendre ? Tendons-nous seulement à quelque chose d’humain, à quelque chose de politique, à quelque chose de commun, qui favorise l’épanouissement collectif, et en quoi chacun puisse reconnaître une valeur à rechercher et à réaliser ? Comme le “devoir de s’asseoir” serait ici enrichissant, pour recueillir une réponse à ces questions, et les insatisfactions qui, sans doute, les accompagnent !

 

    La réflexion, au premier chef, devrait nous conduire à des constats de base, pour ne pas dire primaires : avant nos pensées, nos imaginations ou nos rêves, qui souvent dispersent ou opposent, il y a d’abord l’être, qui unifie. L’être de la création, l’être de l’homme, l’être de la vie sociale, qui conditionnent l’exactitude et la réalisation de ces rêves. Qu'en faisons-nous ? Qu’est-ce que c’est que la création, qu’est-ce que l’homme, qu’est-ce que la politique ? Et, corrélativement, qu’est-ce que c’est que de vivre “comme un homme”, dans le monde réel, et dans la société réelle ? Qu'est-ce que c'est que d'être libre, pour un homme réel, dans un monde réel ? Combien de difficultés trouveraient plus aisément leur solution et combien de faux problèmes pourraient être évacués si, à s’asseoir ainsi, on se laissait réorienter socialement par le sens de l’être.

 

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