17 Janvier 2007
Ce qui est sympathique, à l’approche d’une élection majeure, c’est qu’au-delà des discours, dont on ne sait jamais s’ils sont portés par une intention efficace et s’ils seront appliqués, il existe des révélations intéressantes.
Ainsi en est-il du patrimoine des candidats.
Que M. Sarkosy, comme on vient de l’apprendre, soit assujetti à l’ISF, le fameux impôt de solidarité sur la fortune, voilà qui n’étonne personne. Que Mme Royal et son “compagnon” M. Hollande y soient aussi, voilà qui est plus surprenant.
Ce qui est surprenant, en l’occurrence, ce n’est pas qu’ils soient, via un montage en SCI, propriétaires de plusieurs immeubles. Il n'est pas choquant qu'un “couple” puisse - par son travail ou même par héritage - disposer d'un patrimoine immobilier. Bien au contraire, c'est la valorisation d'un mérite personnel ou familial ou, tout simplement le fruit, qu’on peut être autorisé à croire normal, d’une activité professionnelle. Qui ne souhaiterait que la société française encourage de telles réussites susceptibles de la faire progresser collectivement ?
Là où la chose devient, disons-le, franchement comique, pour ne pas dire ridicule, c’est lorsque l’assujetti – en l’occurrence M. Hollande – est le même que celui qui affirmait, il ya peu, qu’il « n’aimait pas les riches ». Riche M. Hollande, riche Mme Royal ? Objectivement non, souligne Jean-Michel Aphatie, sur AgoraVox, mais n’est-ce pas précisément M. Hollande et les siens qui s’échinent à stigmatiser le riche en le frappant notamment de l’ISF ? Or voilà que le stigmatiseur se trouve pourtant appartenir avec sa “compagne”, en fait comme en droit, dans le camp détesté des stigmatisés, « victimes tout à coup de la phraséologie qu’ils ont eux-mêmes contribué à véhiculer ». Las…
Nous ignorons, pour l’heure, si M. Hollande et Mme Royal feront don aux nécessiteux de la part de leur patrimoine qui leur permettra de tomber en-dessous de la barre fatidique d'imposition qui distingue les assujettis honnis et honteux. En attendant, ce petit épisode – auquel on nous pardonnera de nous être arrêté – manifeste qu’il est plus facile de jouer avec les mots qu’avec les choses, et que l’antipathie, la jalousie, ne constituent pas des modes rationnels de gouvernement. Les citoyens attendent des politiciens tout autre chose qu'une phraséologie idéologique éloignée de la réalité de leurs vies.