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Valeurs chrétiennes et politique (II)


     Pour être à l'image de Dieu, chaque personne est unique et inimitable. Chacune doit être respectée en tant que telle et se voir reconnaître une égale dignité, qu'elle soit homme ou femme, bien portante ou handicapée, quelle que soit sa nationalité ou sa race. La seule indignité, en cet ordre, est celle qui est introduite en l'homme par le péché, lequel crée en lui une dissemblance. Mais seul Dieu, qui "sonde les reins et les coeurs", est juge de cette dernière.

    Concrètement, pour l'Eglise, "une société juste ne peut être réalisée que dans le respect de la dignité transcendante de la personne humaine. Celle-ci représente la fin dernière de la société, qui lui est ordonnée : aussi l'ordre social et son progrès doivent-ils toujours tourner au bien des personnes, puisque l'ordre des choses doit être subordonné à l'ordre des personnes et non l'inverse. Le respect de la dignité humaine ne peut en aucune façon ne pas tenir compte de ce principe : il faut « que chacun considère son prochain, sans aucune exception, comme “un autre lui-même”, qu'il tienne compte avant tout de son existence et des moyens qui lui sont nécessaires pour vivre dignement ». Il faut que tous les programmes sociaux, scientifiques et culturels, soient guidés par la conscience de la primauté de chaque être humain" (1).

   Dès lors, la personne humaine ne peut être manipulée à des fins étrangères à son développement. L'homme, en effet, est l'unique créature que Dieu a voulue pour elle-même, de sorte que ni sa vie, ni le développement de sa pensée, ni ses biens, ni ceux qui partagent son histoire personnelle et familiale, ne peuvent être soumis à d'injustes restrictions dans l'exercice de leurs droits et de leur liberté (Ibid.).

    L'homme ne peut pas être asservi à un projet idéologique, qu'il soit économique ou politique, pour être un sujet actif et responsable. C'est à la société et à l'économie de s'adapter à l'homme et non pas l'inverse (2), principe qui paraît bien aller à l'encontre de toutes les évidences, ou du moins de toutes les pratiques contemporaines. La contrepartie est que chacun de nous est tenu d'assumer ses responsabilités et d'adopter un comportement droit et respectueux des autres et des règles permettant la vie commune, ce qui ouvre largement le champ de la réflexion dans une société dominée par l'individualisme. Cela veut dire encore que les plus faibles, et notamment les handicapés, doivent être aidés à s'insérer dans la société et à y trouver leur place.

   La dignité de la personne humaine impose le respect de la liberté de chacun : liberté de mouvement, liberté de conscience, liberté de pensée et d'expression. Liberté de choisir sa vie aussi. Cependant, la liberté doit s'exercer dans le respect de certains principes fondamentaux et naturels et en particulier dans le respect d'autrui et du bien commun.

(A suivre)

_______________

(1)
Cf. Compendium de la doctrine sociale de l'Eglise, n° 132.
(2) Pour un exemple caricatural de l'inadmissible, on se souviendra de ce phénomène californien, il y a un ou deux ans, où des femmes se faisaient enlever le petit doigt de pied pour pouvoir rentrer dans des escarpins, très (trop) pointus, mais les seuls à être vraiment "tendance" !  Dans un autre domaine, on rappellera le père Fessard qui fut notamment en novembre 1941 le rédacteur du premier numéro des Cahiers du Témoignage Chrétien, intitulé "France, prends garde de perdre ton âme", qui appelait à s'opposer au nazisme au nom des valeurs chrétiennes qui lui sont directement contraires.

(A suivre)

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