Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Le refus social de l'épreuve

    Il existe en notre société une tendance particulière qui paraît suffisamment marquée pour pouvoir être analysée.


    Dans des situations de difficulté majeure, cette tendance est de refuser l’obstacle, le combat, ce que l’on pourrait appeler, dans le vocabulaire chrétien, l’épreuve. Celle-ci, pour des raisons diverses, paraît à la fois inacceptable et insurmontable. Plutôt d’ailleurs inacceptable qu’insurmontable, car l’acceptation de l’épreuve, en bien des circonstances, conduit à chercher à en triompher.

 
  Parallèlement à ce refus, ou par voie de conséquence, s’exprime la volonté d’aménager en quelque sorte, y compris légalement, l’espace de liberté qui s’offre, ou plutôt qui est choisi, voire arraché, en-deçà de l’obstacle ainsi refusé.  

 
    On pourrait citer trois exemples de ce comportement.

 
   Le premier concerne les femmes enceintes, voire leurs maris ou “compagnons”. Il arrive, malheureusement, que la venue d’un enfant soit considérée comme une catastrophe, pour des raisons parfois sordides et de pur égoïsme mais aussi pour des raisons dramatiques et dignes de compréhension, qui tiennent en particulier à la violence, à la solitude ou à la pauvreté. Dans cette mesure, ce peut-être une épreuve considérable. La société moderne, plutôt que d’aider efficacement les mères à l’assumer, comme le font tant d’associations, leur offre de la supprimer, en leur permettant de tuer l’enfant. Restera alors à gérer, tant bien que mal, les conséquences sociales, démographiques ou psychologiques de ces choix, qui sont considérables.

 
    Le deuxième concerne le mariage. Que le mariage dût être l’association sans ombre de deux personnes, c’est ce que pensent ceux qui n’en connaissent rien. Etant fusionnel par destination (« vous ne ferez plus qu’une seule chair »), il doit nécessairement passer par un apprivoisement réciproque, des concessions, des sacrifices, mais aussi des épreuves, des chocs, nés de cette rencontre de personnalités distinctes ou de l’expérience commune de difficultés extérieures. Beaucoup, sitôt un obstacle majeur rencontré, s’imaginent cependant que tout est perdu. Et quand, après avoir « fait » un enfant pour tenter vainement de recoller les morceaux ils baissent encore les bras, la société leur offre généreusement la rupture, aisée à défaut d’être sans douleur. Restera alors à gérer, tant bien que mal, les conséquences sociales et psychologiques de ces choix, dont on n’ignore pourtant pas qu’ils sont désastreux pour les enfants.

 
    Le troisième – mais y en aurait probablement d’autres, à y réfléchir de plus prêt – concerne les personnes homosexuelles. Au regard de la moralité, comme il a déjà été mainte fois souligné, les actes d’homosexualité constituent objectivement un désordre grave que l’Eglise, pour cette raison, n’a jamais accepté, et que l’Ecriture elle-même réprouve. C’est au prix d’une escroquerie morale que certains groupes homosexuels se réclament du patronage de David et de Jonathan (1). Il n’empêche que la tendance homosexuelle constitue, en elle-même, une épreuve de soi non coupable que les personnes concernées sont appelées à assumer dans le cadre de leur propre épanouissement et de leur propre sanctification (2). Mais, là encore, l’obstacle rebute. Alors nombre des personnes concernées – dont il serait sans doute imprudent de dire la proportion -  préfèrent rester en-deçà et justifier la tendance par l’acte, avant de tenter d’arracher par tout moyen la légitimation, la banalisation et la normalisation de ce dernier. La société sera alors appelée à gérer, tant bien que mal, les conséquences sociales et psychologiques de ces choix, lesquelles ont été largement soulignées ici même.

 
    Ces circonstances nous invitent évidemment à réfléchir sur le rôle de l’Etat, en l’occurrence démissionnaire et irresponsable, puisqu’il génère légalement des situations qui portent objectivement atteinte au bien commun, en conjuguant lui-même collectivement, en quelque sorte, au nom de la liberté individuelle, le refus des épreuves rencontrées.


    Mais, plus positivement, elles nous conduisent aussi à réfléchir sur la nature de l’épreuve, dont nous percevons ici qu’elle a une dimension à la fois personnelle et collective. Elles nous portent, plus précisément encore, à nous interroger sur la place que peut et doit tenir, dans le cadre familial, où se déterminent bien des comportements sociaux, pour le meilleur ou pour le pire d’ailleurs, une éducation à l’épreuve susceptible de favoriser l’épanouissement de la psychologie des enfants, leur sens de la responsabilité et, partant, de leur liberté.


________________


(1) On consultera sur ce sujet, avec profit, l’article de I. HIMBAZA sur “l’homosexualité dans la Bible”, paru dans l’ouvrage collectif de cet auteur, de A. SCHENKER et de J.-B. EDART intitulé Clarifications sur l’homosexualité dans la Bible, Le Cerf, 2007, pp. 29-47.

(2) Cf. sur cette délicate question le site du mouvement “Courage”, fondé par le Père John HARVEY.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
R
je pense que tout le monde peut avoir une opinion mais il me semble<br /> que vous mettez au pilori beaucoup de personnes qui ont besoin d'etre<br /> d'aimer ,je pense que c'est de l'inquisition,j'ai parlé de tolerance<br /> parce que quand quelqu'un n'est pas pour vous et etre contre vous<br /> je suis allez a un enterement d'une mamie qui etait tres croyante<br /> dans sa famille il y avait des jeunes petits fils homosexuel et croyez vous qu'elle avait renié villependé comme vous le faites elles a aimé<br /> Dieu est amour il est pour tout le monde,et le vieux pretre a ajouté<br /> j'ai connu des personnes qui n'allait pas a l'eglise mais qui etait de flamboyant croyant,ne,lançait plus l'oppobre ainsi puisque vous aimez les citations je vous en ecris unedeux choses valent que l'on vive pour elles faire ce qui est digne d'etre ecris ecrire ce qui est digne d'etre lu et la meilleure des deux c'est d'agir Albert Pike bonne journée
Répondre
L
Chère « rivière », mon article n’avait pas pour objectif de « mettre au pilori » quiconque, ni de juger des personnes, (je regrette qu'il ait pu donner cette impression) mais de décrire une simple tendance, qui consiste dans le refus d’accueillir des épreuves pour les vivre en tant que telles et les surmonter. Cette tendance, à dire vrai, nous l’avons tous dans nos vies quotidiennes, à commencer dans notre vie spirituelle, qui est souvent un terrain fécond en lâchetés de toutes sortes. <br /> De nombreuses analyses ont établi le caractère adolescent du comportement de beaucoup d’adultes, le délitement de l’autorité, dans les écoles ou les familles, la démission des pères, etc. et la perte des repères sociaux qui s’ensuit. Ce que je critique, c’est une sorte “d’institutionnalisation de la fuite” ou de l’irresponsabilité qui, loin de corriger cette tendance ou d'aider les gens, l’accuse, en permettant notamment de tuer l’enfant non attendu plutôt que de le prendre en charge, de rejeter l’époux qui n’est plus (?) aimé plutôt que de chercher une solution à la crise du couple, en particulier dans l’intérêt éminemment supérieur des enfants, ou de ne pas assumer son homosexualité en cherchant à la rendre socialement banale et équivalente au comportement bisexué. En faisant cette analyse, je ne juge ni l’homosexuel confronté à ses difficultés, ni l’époux déchiré ou la mère malgré elle dans les leurs. Je pose seulement un problème, qui me paraît  malheureusement réel, et dont vous ne me dites pas qu'il n'existerait pas. <br /> Cela ne remet pas en cause cette certitude réconfortante que Dieu est amour et qu'il aime toute personne. Il aime aussi d'ailleurs l'enfant tué dans le sein de sa mère, et l'époux délaissé, et la personne homosexuelle qui porte sa croix. L'amour du Christ ne l'a pas écarté de dire que les commandements de son Père devaient être observés, et ces derniers sont là pour nous servir de points de repère. Il n'y a aucune incompatibilité à émettre l'opinion que quelque chose ne va pas dans la cité et à aimer son prochain. Cordialement.