27 Mars 2007
La Chancelière
Extraordinaire justification, quand on y pense !
C’est oublier un peu vite – mais l’oubli n’est-il pas de règle, décidément, en la matière ? – ce que doit historiquement la société occidentale au christianisme, jusque dans la genèse même de cette tradition séculière.
C’est oublier le « rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » de l’Evangile, par lequel, dès l’origine, et d’une manière qui a totalement changé la donne dans l’univers politique, le christianisme a marqué la distinction nécessaire et l’autonomie des deux pouvoirs, temporel et spirituel.
C’est oublier aussi que cette tradition séculière est née des efforts mêmes de l’Eglise, depuis le Moyen-Age, pour soustraire le Sacerdoce aux tentatives d’emprise de l’Empire, et donner ainsi à l’Etat sa propre sphère de développement.
C’est oublier encore que la “sécularité” même est une notion on ne peut plus chrétienne, comme l’est aussi la “laïcité”, qui désigne premièrement le peuple de Dieu dans l’Eglise.
On a beau dire, et l’on a beau faire, l’Europe dépend du christianisme, jusqu’en son vocabulaire et jusqu’en ses contestations. Le fait d’être un adolescent révolté et ingrat ne fait de personne un être sans père ni père, sans généalogie, sans histoire et sans héritage.