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Vote positif ou objection de conscience ? Ultima verba

        Dans son intéressant blog, M. Patrice de Plunkett [Ici] fait état des pressions qui s’exercent sur ceux d’entre les catholiques qui ne se résolvent pas à donner leur voix – c'est-à-dire leur mandat – à l’un ou l’autre des candidats. Cette situation rappelle que la volonté d’être libre coûte, ou peut coûter cher.

Il nous semble pourtant que dans la circonstance, le choix de l’objection de conscience est un choix courageux et, partant, respectable. Ce n’est pas méjuger ceux qui estiment devoir voter pour Tel ou Telle que de le souligner. La déclaration du cardinal Barbarin, que nous avons citée antérieurement, lui donne toute sa dimension d’acte pleinement politique. Ni démission, ni fuite, l’objection traduit la résolution réfléchie, en une occasion déterminée, d’assurer une cohérence assumée entre la vérité de la foi et la vérité de la vie. On peut ne pas partager cet engagement, mais on ne peut pas le mépriser.

Qu’on y réfléchisse d’ailleurs. On peut dire, certes, qu’à se déterminer ainsi on prend le risque de voir passer le candidat dont le programme est pire que l’autre, c'est-à-dire, inutile de se payer de mots, celui de Mme Royal. C’est vrai. Mais le risque de trahir ses convictions n’est-il pas plus redoutable encore ? C’est affaire de hiérarchisation des valeurs qui norment notre vie. M. Sarkozy, quant à lui, ne se borne pas seulement à préconiser la réalisation d’un pacte civil pour les homosexuels, qui sera célébré, comme le mariage civil, dans les mairies. Il se propose aussi de promouvoir une éducation civique qui tende à favoriser l’acceptation sociale de ces nouvelles mœurs sous couvert de respect à l’égard des personnes. Soyons donc concrets. Demain, des couples d’homosexuels feront fête en mairie, rubans roses ou arc-en-ciel aux poignées de voitures, les klaxons ouvrant la marche du convoi des fêtards, avec l’inévitable démonstration de triomphe, teintée de provocation que l’on peut imaginer. Demain, vos enfants se feront enseigner les vertus de la “tolérance” sur ces questions dans leurs écoles, y compris catholiques, et apprendront à dénicher l’intolérance à l’égard des couples qui seront alors, selon la loi, des couples comme les autres.

    On nous opposera peut-être que, de toutes façons, l’un des deux candidats passera, nécessairement, et que, la pression du Lobby aidant, cette “avancée” sociale verra tout aussi nécessairement le jour. Soit. Alors anticipons. Voilà que cette “avancée” a eu lieu, puisque cela paraît inéluctable, que les cortèges homosexuels défilent, rubans au vent dans nos rues, et que nos enfants reçoivent ce bel enseignement humaniste que je viens de dire. On me pardonnera de penser que l’on puisse, alors, avoir quelque honneur à se dire : « Je n’ai pas participé à ça, en aucune façon »… ou quelque déshonneur à devoir s’avouer le contraire. Toute la problématique de la question de l’objection de conscience me paraît, finalement, se résoudre dans cette épreuve de vérité. C’est souvent à méditer sur la fin que l’on discerne la consistance des moyens, comme la méditation de la mort sert à orienter ou à corriger la vie.

Est-ce au nom du réalisme que l’on entend privilégier une approche pragmatique de l’élection ? Mais le réalisme, pour un chrétien, ce n’est pas seulement la cité de la terre, c’est la réalité totale et objective de l’homme, ouverte, en ce monde, sur la réalité historique actuelle du salut. Le réalisme du salut, pour lui-même et pour les autres, oriente nécessairement le réalisme politique chrétien, pour que la cité ne soit pas un enfer, fermé aux rayonnements de la cité du ciel. « Au nom du ciel, écrivait Gustave Thibon, sauvons les choses de la terre ! tel est le sens de notre réalisme (…). Ce n’est pas pour elles-mêmes que nous défendons les choses d’ici-bas : ce que nous voulons sauver en les défendant, c’est le socle, l’arche et le pilier de la réalité suprême. – Ces pauvres choses ne sont pas tout, mais elles supportent tout, elles commencent tout… que pourra-t-il pressentir du ciel, cet homme artificiel, tari, gâté par un mauvais climat terrestre ? » (Aux ailes de la lettre, Ed. du Rocher, 2006, pp. 336-337).

Celui qui choisit d’opter pour l’objection de conscience chrétienne, après mûre réflexion, ne fait que se rendre à cet appel et partager cette conviction. Il n’y a là rien, à nos yeux, qui ne mérite autre chose que le plus sincère et le plus profond des respects.


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L
Limpide merci <br /> je ne voterais pas demain, je sais evidemment pourquoi mais je suis heureuse de lire une aussi bonne analyse de mon etat d`esprit. car les volontes sont fortes a tenter de me faire changer d`avis. <br /> merci
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M
"Nada te turbe, nada te espante".les "ultima verba", plutôt, doivent être celles de la prière. C'est un aspect de l'interview du cal Barbarin qu'il faut aussi signaler : on prie pour les gouvernants le vendredi saint, on doit prier pour les candidats. Et prier pour la France et pour chaque électeur qui aura à se prononcer demain d'"une façon ou d'une autre.sainte Jean d'Arc, saint Louis, sainte Thérèse, priez pour la France !
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C
a la réflexion, après de lourdes hésitations, je me range à votre avis; c'est un bon critère, se dire demain qu'on a pas à rougir de ce qui aura été voté.
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