Elections 2007 (suite) : le vote chrétien lors des législatives
4 Juin 2007
Rédigé par La rédaction et publié depuis
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L'énergie du nouveau président de la République et l'activité qu'il déploie tous azimuts tendent à éclipser le débat des législatives. Seuls quelques sondages viennent rappeler à la presse l'imminence d'une élection, dont le résultat semble acquis et qui ne mobilise pas vraiment le corps électoral. Cela est d'autant plus marquant que la campagne présidentielle a été vive et a mobilisé les citoyens et les débats. C'est bien dommage.
Certes, les institutions de la Ve République donnent au Président le rôle de déterminer les grandes orientations de la politique que le gouvernement devra mettre en musique. Mais, dans la présente élection, le candidat Sarkozy est allé très loin dans les détails de l'action qu'il entendait voir mise en oeuvre par son gouvernement, s'engageant non seulement sur des orientations, mais également sur des mesures concrètes et/ou ponctuelles. On peut s'en réjouir, le Président élu ayant reçu un mandat sur un véritable projet et sa volonté étant précisément définie pour donner une plus grande lisibilité et une plus grande confiance. Mais de fait, ne se trouve-t-il pas ainsi - plus encore que ses prédécesseurs - devenu un super chef du gouvernement ?
Même s'il est dans la logique des institutions qu'après une élection présidentielle l'élection législative passionne moins, les choix de fond étant fixés et le corps électoral donnant sans grande hésitation à celui qu'il a désigné les moyens indispensables à son action. Cela est encore plus vrai quand le nouveau Président a suscité un vote d'adhésion, comme c'est le cas aujourd'hui, sur un programme précis.
S'agissant de nos préoccupations plus spécifiquement chrétiennes, et en particulier des principes non-négociables, les réserves émises, sur ce blog comme sur d'autres, lors des élections présidentielles conservent donc toutes leurs pertinences (cf. articles Elections 2007, notamment ici). Les candidats aux élections législatives s'inscrivent directement, sans avoir besoin ni être en mesure de s'en écarter, du programme défini par les candidats de leur parti aux présidentielles. Il en est ainsi, a fortiori, de ceux qui émanent des formations dont sont issus les finalistes des présidentielles.
Cependant, même si les électeurs que nous sommes voterons en grande majorité comme nous l'avons fait (ou pas) aux présidentielles, trois éléments peuvent influer sur le choix de l'électeur lors des élections législatives.
D'une part, il s'agit du gouvernement désigné par le nouveau Président. Même si l'on sait que dans quelques mois son allure sera sensiblement modifiée et qu'après les législatives, l'ouverture affichée risque d'être recadrée ou le gouvernement élargi, malgré les promesses, pour récompenser quelques méritants, et que les premiers heurts de personnalités risquent d'amener des démissions, il n'en reste pas moins que la composition du gouvernement donne des indices d'appréciation à l'électeur.
Concernant les principes non-négociables et la philosophie générale de l'action gouvernementale, les chrétiens ne peuvent que se réjouir de la nomination de François Fillon ou de Christine Boutin, tandis que la nomination de Roselyne Bachelot à la santé ne peut manquer d'inquiéter.
D'autre part, une fois l'élection majeure passée, le comportement des uns et des autres ne peut manquer d'être pris en considération. On pensera notamment au fait que le député Vanneste - insulté par une partie de son camp durant la campagne pour avoir dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas en faisant usage de sa liberté d'expression - l'a manifestement été sur des considérations médiatiques et de posture, puisque, après avoir été reçu à Matignon, il est le seul candidat de la majorité présidentielle dans sa circonscription : il n'était plus temps de le réinvestir UMP, mais aucun candidat n'est présenté contre lui. Retour à la raison appréciable.
Enfin, on ne peut pas omettre un élément déterminant du choix de l'électeur aux législatives : la personnalité du candidat, au-delà de son appartenance politique.
L'électeur doit être sensible aux prises de position du candidat ou à son activité parlementaire lorsqu'il est député sortant. L'UMP aura la majorité, c'est certain : cela laisse d'autant plus de marge de manoeuvre pour déterminer de qui on souhaite qu'elle soit composée.
Il est indispensable, en particulier, de consulter les pétitions et autres manifestes que des députés ou des maires ont pu signer, en ayant le courage alors de s'engager, ce qui donne une indication importante quant à leur comportement futur : pour ce faire, on peut - notamment - se reporter à l'en-tête de notre blog et aux liens qui y sont mentionnés (en particulier celui contre l'homoparentalité, dont les signataires sont indiqués ici). Pour les sortants, leur activité de parlementaires peut également être interessante (cf. site de l'assemblée nationale).
C'est ainsi avec confiance que le chrétien votera pour Jean-Marc Nesmes (71), qui a constamment déployé une efficace activité pour le respect de la vie et de la famille. Mais tel ne sera pas le cas, par exemple, concernant Roselyne Bachelot (49) dont les déclarations étaient bien souvent plus proches du programme "royaliste" que de celui de son propre candidat, sur les questions du "mariage" homosexuel et de l'homoparentalité en particulier. Tel ne sera pas le cas non plus concernant, par exemple, Mme Françoise de Panafieu (75), qui a toujours boté en touche et n'a jamais répondu favorablement ni même pris position sur les sujets anthropologiques fondamentaux et sur les principes non-négociables.
Ainsi, l'électeur chrétien doit-il - nonobstant son choix au premier tour, nonobstant la logique des institutions et le résultat très probable - persister dans la défense des valeurs et principes qui doivent guider ses actions et son action politique. Dans le cadre des élections législatives, cela impose de s'attacher non seulement aux programmes des candidats - qui sont dans la configuration actuelle figés - mais surtout à la personnalité du candidat se trouvant dans sa circonscription.
Car qu'ils soient UMP ou PS, les députés ne sont pas forcément des godillots et ont récemment démontré dans les cinq dernières années qu'ils pouvaient avoir le courage de voter, de susciter des textes ou de s'engager contre des textes qui pourraient leur être soumis, par l'air du temps ou le gouvernement. Leurs engagements (ou absence d'engagement) passés permettent d'avoir une certaine visibilité quant à leur action et leurs votes sur des sujets aussi fondamentaux que les principes non-négociable, la vie et la famille, même s'ils sont relégués d'autant plus loin dans les thèmes d'une campagne, que son résultat est déterminé par celui des présidentielles.