4 Juin 2007
« (…) La famille est, assurément, le cadre naturel de la transmission de la vie, le lieu de sa naissance et de son développement. Son origine est en Dieu, qui est amour et qui a créé l’homme à son image. C'est pourquoi ce cadre vital est inséparable de l'amour conjugal qui engendre et procrée la vie humaine, phénomène qui ne peut être réduit à la seule reproduction de l'espèce. La famille a besoin d’une structure biologique, mais elle n'est pas que biologie ; elle a besoin d'un réseau de relations psychosomatiques, mais elle est un cadre spirituel de développement personnel. La famille, comme tout ce qui est humain, a certes ses limites. Néanmoins, grâce aux relations d'amour et à la communauté spirituelle que la constituent, elle permet d'assurer une croissance exempte de traumatismes et de carences irréparables lorsqu’elle est protégée comme la cellule sociale élémentaire, comme une institution fondamentale non seulement pour la vie des personnes qui la composent mais aussi pour le développement de la vie en société. La famille est véritablement un sujet social, rappelait le pape Jean-Paul II, dans la lettre aux familles du 2 février 1994, en demandant à tous, et tout spécialement aux pouvoirs publics, la reconnaissance de sa véritable identité et de sa nature sociale (Lettre Gratissimam sane, n.17).
(…) Les Évêques espagnols (…) n’ont pas seulement demandé le respect de la vie de l’enfant conçu et à naître. Ils ont également défendu l’être humain depuis le début du développement de l'embryon jusqu’à l’état douloureux et terminal qui caractérise le dénouement du cycle vital et le passage à une vie nouvelle, don définitif de Dieu à l’homme. Ils ont parlé de la nécessité de soutenir légalement la famille en protégeant son identité, et pas seulement ses droits, parce que ceux-ci découlent de cette identité. C’est pourquoi ne peuvent pas être assimilées à la réalité de la famille d'autres formes de communautés ou de coexistence, quelles que soient les similitudes présentées.
Aucune forme de coexistence entre des personnes adultes ne peut être substituée à la réalité conjugale. Dans les démocraties, la loi offre assez de garanties pour sanctionner et protéger la liberté des citoyens d’établir entre eux des relations de vie commune, sans qu’il soit nécessaire de porter préjudice à la famille, en menaçant son identité inséparable du noyau conjugal qui en est la source. Ceux qui rejettent la relation contractuelle qui fonde la vie conjugale, à l'origine de la famille, n'entrent-ils pas dans une contradiction flagrante en réclamant une assimilation légale au mariage qu’ils rejettent, non seulement comme union sacrée pour les croyants, mais aussi comme institution civile qui règle la vie sociale ? Bien plus, si l’origine de la vie conjugale se fonde sur la différenciation des sexes et sur la génération de la vie, n'est-ce pas un abus de langage de prétendre lui assimiler ce qui lui est totalement dissemblable et de revendiquer de la loi un traitement égal de choses inégales ? L’abus du langage conduit d’autant plus à défigurer la réalité que des campagnes médiatiques semblent orchestrées pour masquer l’acception la plus universelle et la plus généralisée du mariage.
Si la paternité et la maternité sont des éléments constitutifs du développement personnel, quels arguments peut-on invoquer pour refuser à des enfants adoptés ce bien naturel ?
(…) L’Eglise défend les droits des personnes, parfois seule, lorsqu’elle défend la dignité de chaque être humain. C'est pourquoi elle affirme fermement, parce qu’elle le croit ainsi, en se fondant sur la loi naturelle et sur la révélation de Dieu en Jésus-Christ, qu'en défendant la réalité naturelle et institutionnelle de la famille elle défend la personne humaine et assure, à raison, la défense de ses droits.
Ceux qui prétendent disqualifier la voix de l'Église, avec agressivité de surcroît, doivent établir, par des raisons démonstratives, qu’ils défendent eux-mêmes les droits de la personne. Certaines conduites ont été dépénalisées dans l’ordonnancement juridique actuel, mais cette simple dépénalisation ne suffit pas, même si elle est légale, à les convertir en comportements éthiquement légitimes, et moins encore en conduites fondées sur des droits personnels. »
+ Adolfo González Montes
Evêque de Almería