5 Juin 2007
Q- Etes-vous en croisade contre le sécularisme pour rétablir une Europe chrétienne ?
le préambule du projet de constitution européenne il n’ait pas été fait mention du Christianisme ! Effacer 1.500 ans d’histoire m’apparaît extraordinaire. Mais ils l’ont fait ! Peut-être était-ce une manifestation de laïcité à la française… En tout cas, je pense que nous sommes maintenant à un point de la civilisation européenne où ces questions doivent être posées. Quel est le rôle du christianisme ? Le Pape Benoit XVI déplore, comme moi-même, la déchristianisation de l’Europe. Mais, cela ne veut pas dire que nous considérions que le sécularisme est une erreur. Le sécularisme est là, mais l’on peut avoir une Europe sécularisée, qui soit également une Europe qui reconnaît non seulement ses origines chrétiennes, qui reconnaisse aussi que le christianisme est aujourd’hui une force et une présence effective au sein de la société. Et je pense que c’est ce que nous recherchons, tant en Grande-Bretagne que dans les autres pays d’Europe.
Q- Pensez-vous que le mouvement oecuménique entre l’Eglise catholique et l’Eglise d’Angleterre soit une tentative pour resserrer les rangs contre le sécularisme athée ?
C’est une question très pertinente. Plus les chrétiens agissent ensemble, pour être un levain autant qu’un poids, et mieux c’est. Etre là est important. Je pense qu’un effort a été résolument poursuivi depuis l’époque des Lumières pour privatiser la religion, pour la repousser à la périphérie. On tend à penser que le progrès des sciences et des technologies résoudra tous nos problèmes. Mais beaucoup de problèmes et de questions que, dans l’esprit des Lumières, à l’âge de
(…) Je pense que la vision selon laquelle la religion est une question purement privée est en train de changer. Parce que je pense que les gens sont en train de réaliser qu’il existe des domaines qui concernent à la fois la politique (publique) et la religion. Trois domaines, je dirais, constituent des préoccupations conjointes : la sainteté de l’individu, la dignité de chaque personne et la sainteté de la vie familiale. L’Eglise défend la sainteté de l’individu et de la vie familiale. Si nous croyons que nous sommes tous frères et sœurs, que la famille constitue le fondement de la société, quand quelque chose porte atteinte à la famille, l’Eglise et les chrétiens diront que c’est aussi un problème politique et que nos convictions personnelles deviennent publiques.
Je pense que l’Eglise devient plus active sur ces problèmes, qui relèvent du débat politique. Mais elle doit faire très attention à ne pas devenir un parti politique, ce qu’après tout elle est, mais dans un sens prophétique. Elle enseigne et son enseignement – moral en particulier, mais aussi social – franchissent les limites de la sphère politique, parfois pour approuver, parfois pour condamner.
Je pense que le christianisme en Grande-Bretagne nage aujourd’hui à contre-courant, contre les nouvelles valeurs de notre société séculière. Etre chrétien aujourd’hui signifie avoir à nager à leur encontre. L’Eglise catholique fait preuve de plus de fermeté dans ses positions politiques et nous devons effectivement l’être. Quand j’ai grandi, il y a bien longtemps, l’Eglise catholique était en périphérie de la société. Nous laissions la vie publique à l’Eglise établie. Aujourd’hui, nous devons nous lever pour nos convictions et, avec tous les chrétiens, nous devons vivre notre foi. Quand les gens disent que le nombre de catholiques diminue, je les invite à faire un tour dans nos paroisses pour voir de vibrantes communautés chrétiennes. Et spécialement ici à Londres, où j’habite à présent et où vivent des personnes d’une grande variété d’origines ethniques. Il me semble que le témoignage et l’exemple du peuple chrétien dans notre pays deviennent un bastion sur le chemin de l’insertion des valeurs et de la vie chrétiennes dans une culture séculière.