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Autour de la peine de mort (VII)

        Compte tenu des éléments que nous avons recueillis précédemment, il apparaît que toute la problématique de la vie, de son émergence, de son devenir, de son usage et des lois qui la gouvernent est ainsi, dans la Révélation, insérée dans l’ordre de la création et donc, insistons-y, de la toute-puissance et de l’autorité de Dieu sur l’univers. Cette toute-puissante, à laquelle nous devons tout, et sans laquelle la création, à chaque instant continuée, sombrerait dans le néant, brille, comme l’écrivait Théodor Haecker, au firmament de la création et de la confession chrétienne « comme une étoile fixe de première grandeur » (1). C’est la raison pour laquelle, avant toute réflexion sur le monde, le tout premier mot de notre profession de foi en proclame la vérité : « Je crois en Dieu, le Père tout puissant, créateur du ciel et de la terre… ».

 

        Il est capital, en notre sujet - celui de la peine de mort, de garder le sens de cette transcendance, de cette majesté et de ce pouvoir absolus de Dieu sur une vie qui a son propre sein pour seule cause créatrice. C’est cette transcendance, et elle seule, qui permet de rendre ultimement raison à la fois du caractère sacré de la vie et de l’atteinte qui peut y être parfois porté, en vertu du commandement, soit de Dieu même [« Il n’y a pas faute lorsque c’est Dieu lui-même qui fait mourir » (2)], soit de l’autorité légitime établie, qui détient entre ses mains le pouvoir politique, dont l’essence même est une participation de la toute-puissance de Dieu.

 

    On peut avancer sans craindre de se tromper que c’est la perte du sens de cette transcendance, l’arasement de cette hiérarchisation théologique de l’univers, qui rend opaque à l’esprit moderne la doctrine catholique sur ce point. Nous avons là, également, la source certaine de toutes les équivoques qui accompagnent en particulier les discours “laïques” relatifs à la défense de la personne humaine et de sa vie. La pensée chrétienne valide, évidemment, tout ce qu’ils peuvent avoir de vrai. Mais il est clair qu’entre ceux-ci et celle-là, il existe une différence d’inspiration essentielle, abyssale, qui rend insoutenables les affirmations selon lesquelles leurs discours s’identifieraient ou auraient même une origine commune, autre, chez les modernes, qu’une fort lointaine réminiscence.

 

        Fonder la réflexion sur ce sujet sur la seule dignité de la personne humaine, coupée de la création, c’est se condamner à ne pouvoir trouver aucune intelligibilité à la doctrine catholique. C’est aussi, et plus dramatiquement, se raccrocher à un concept fantasmagorique que les idéologies ou les morales de situation auront tôt fait d’écarter, s’il y a lieu, pour laisser le champ libre aux nécessités politiques ou aux tendances morales du jour. C’est l’avertissement lancé par Benoît XVI, lorsqu’il soulignait, à l’intention des organisations internationales, que «les droits qui sont attribués à l'homme peuvent être affirmés sans crainte d'être démentis seulement s'ils sont enracinés dans les exigences objectives de la nature, données à l'homme par le Créateur» (3).

 _______________

(1) T. Haecker, Le chrétien et l'histoire, Le Cerf, 2006, p. 66.

(2) Jonas 1,14.

(3) Message pour la journée mondiale pour la paix, 1er janvier 2007, n° 12.


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